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Célébration de la Journée de l’Europe

Mercredi 9 mai 2012 : célébration de la Journée de l’Europe sur le parvis Debussy du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes.

 

posted 20 mai 2012 - 13 h 45 min in En Action by

Macro déchets mer, qu’en est-il ?

La problématique des macro-déchets en mer est bien réelle et aucune cité balnéaire de France ou d’ailleurs n’est épargnée. Ces déchets polluent et menacent la survie d'une partie de la flore et de la faune marines.
Les chiffres sont éloquents : selon l’ONU, chaque kilomètre carré de mer et d’océan contiendrait 120.000 morceaux de plastique flottants.
 
Evidemment, la Méditerranée n’est pas épargnée par ce fléau ; la baie de Cannes non plus. Mais il convient d'être précis sur le constat de la situation comme des actions menées et de remettre les choses dans leur exactitude.
D'abord, la qualité de l'eau de mer à Cannes est très bonne. Tous les contrôles vétérinaires, publics et affichés, en témoignent. Le pavillon bleu a été attribué aussi sur ce critère, et, à moins de plonger dans les émergences des valons puis, comme le font hélas les agitateurs toujours prompts à dénigrer la côte d'azur, de filmer les grilles qui retiennent les bouteilles usagées et autres plastiques chariés dans les eaux de pluie, tout baigneur constate dans l'immense majorité des situations une eau et des fonds préservés.
 
Ensuite, l'amoncellement de macro-déchets provient en majeure partie des vallons pluviaux – y compris ceux situés dans les communes environnantes – et qui se déversent en mer, et non "des festivaliers qui profitent de la Croisette".
 
Le parcours des eaux pluviales, drainant ces macro-déchets en baie de Cannes, est constitué de 8 700 grilles/avaloirs, 162 kilomètres de réseaux d’eaux pluviales et environ 40 kilomètres de vallons dont 60 à 70% sont sur le domaine privé.
 
Tous ces déchets proviennent principalement de l’incivisme de trop nombreuses personnes qui les jettent hors des process de collecte et se retrouvent dans les eaux pluviales.
 
La Ville de Cannes n’a pas attendu que les medias s’emparent de ce sujet pour prendre en compte la nécessité d’intervenir de façon concrète et efficace. On est très loin de l’inertie des pouvoirs publics que certains souhaitent dénoncer.
 
Si la récupération des déchets directement à la sortie des vallons par la mise en place de grilles n’est pas envisageable pour des raisons évidentes de sécurité en cas de fortes pluies (de même qu’une récupération dès l’avaloir dans le caniveau pour les mêmes raisons), un système de rétention dans des bacs de décantation a été mis en place dans la totalité des avaloirs ce qui permet de récupérer plus de 200 tonnes par an de déchets en amont.
 
Cela ne suffit pas à traiter l’ensemble de la problématique des macro-déchets. La municipalité a donc initié des opérations de nettoiement de la surface du plan d’eau et des fonds marins :
– Plus de 50 tonnes de déchets sont ainsi récupérées chaque année par deux navires du SIPLOP (Syndicat Intercommunal pour la Protection du Littoral Ouest contre la Pollution équipés de filets pour récupérer les déchets en surface ;
– Aussi, cet hiver (octobre et février), la bande de O à 200 mètres devant La Croisette a été entièrement nettoyée par des plongeurs mandatés par la Ville sur marché public.Cette opération sera renouvelée après le Festival et de nouveau après la période estivale.
 
Bien d’autres actions concrètes sont menées par la Ville de Cannes notamment à travers le Contrat de Baie qu’elle a initié en 2004 pour protéger et valoriser le milieu marin et le bassin versant.
 
Depuis 2006, des contrôles sont effectués par la Ville pour surveiller la qualité de ses eaux de baignade en plus des contrôles effectués par les services de l’Etat. Cette surveillance accrue a permis à Cannes d’être titulaire depuis 2010 du fameux Pavillon Bleu.
 
Enfin, l’investissement de 77 millions d’Euros à travers le SIAUBC pour la construction de la station d’épuration Aquaviva dont Cannes est à l’origine permet dobtenir à présent un traitement des eaux usées et des eaux pluviales dans des conditions optimales et au-delà de toutes les normes environnementales édictées par l’Union Européenne en la matière.
 
Enfin, de nombreuses actions de sensibilisation au respect de l’environnement sont menées toute l’année par les services de la Ville auprès des particuliers, hôteliers, plaisanciers…
 
Toutes ces actions réelles, concrètes, positives, montrent bien que non seulement la municipalité de Cannes est consciente de cette problématique de macro-déchets en mer mais qu’elle n’a pas attendu pour agir afin de protéger du mieux possiblece qui fait aussi sa richesse : son milieu marin.
Le mieux est que chacun vienne à Cannes, se baigne depuis les plages du midi, de la Croisette, au Mouré rouge, entre les îles de Lérins et se fasse son opinion.
Filmer dans un conteneur à poubelles ne permet pas de démontrer qu'une rue est salle. Il en est de même pour les vidéos qui circulent sur le net, tournées à l'émergence d'un vallon.
 

 

posted 16 mai 2012 - 16 h 45 min in Debats, Oui ou Non by

Annonce des résultats de l’Election Présidentielle 2012

Cannes, le 6 mai 2012
Réaction de David Lisnard,
Conseiller Général des Alpes-Maritimes
Premier-Adjoint au Maire de Cannes
Chargé de Mission National de l’UMP
 
 
« Les urnes ont parlé. François Hollande est le nouveau Président de la République. Ce choix est celui d’une majorité de Français. Parce que l'intérêt général passe à mes yeux avant les considérations partisanes, il faut non seulement en respecter le résultat mais souhaiter que     le nouveau Président de la République réussisse son mandat au service du Pays.

J’en doute cependant profondément. En allant voter ce matin, je ne croyais pas à la pertinence du programme de François Hollande comme à ses capacités d'homme d'État ; je n'ai aucune raison de plus y croire ce soir. Le socialisme est un archaïsme, il ne peut mener qu’à de graves désillusions.

Je regrette donc pour mon pays ce résultat et suis certain que le temps et l'objectivité rendront grâce à Nicolas Sarkozy d'avoir mené courageusement une action nécessaire, ingrate et décisive pour la France. Il a affronté avec solidité, compétence, dignité, la plus grande crise des cinquante dernières années, en plaçant toujours l’intérêt national avant son intérêt électoral.

La nouvelle opposition présidentielle devra faire preuve d’une grande vigilance et d’une combativité intacte au service des valeurs de la liberté, de l’autorité républicaine et du mérite.

Une nouvelle période politique commence, une nouvelle campagne électorale débute

Le temps n’est pas aux états d’âme, mais au combat électoral des 10 et 17 juin.

Il faut tout de suite préparer les prochaines échéances, celles des législatives. Dans le nouveau contexte national, cette autre campagne qui débute ce soir revêt une importance particulière et nécessite la plus grande mobilisation, dans l'unité.

Dans cet esprit, militant depuis toujours des valeurs de la droite et du centre, je mènerai cette campagne en militant, avec fidélité et conviction au côté de Bernard Brochand, candidat investi par l'UMP dans notre circonscription qui regroupe, outre Cannes, Théoule sur mer, Mandelieu la Napoule et Vallauris.

Député sortant, ayant fait la preuve de ses compétences sur les questions économiques plus que jamais au coeur des enjeux de notre société, très actif pour développer notre bassin de vie, Bernard Brochand doit bénéficier d'une mobilisation sans faille de tous ceux qui pensent que la politique est une chose sérieuse et non un jeu de personnes.

La division au sein de l'Ump serait particulièrement grave dans ce moment national si difficile qu'elle affronte, de surcroit lors d'élections législatives à aussi fort enjeu.

A la place qui sera la mienne, quelle qu’elle soit, j’agirai en première ligne pour la victoire de Bernard Brochand, la victoire des valeurs et des couleurs que nous partageons. »
 
David Lisnard, le 6 mai 2012
20h45

 

posted 6 mai 2012 - 19 h 36 min in Oui ou Non by

20 avril 2012 : entretien publié dans le magazine Objectif Méditerranée

 

posted 20 avril 2012 - 12 h 32 min in Dans la presse by

SICASIL : une solidité budgétaire qui profite aux usagers

 

posted 4 avril 2012 - 15 h 27 min in Dans la presse by

Journée Mondiale de l’Autisme : « Eclairons la France en Bleu » – nuit du 1er au 2 avril 2012

 

Avant même d’être élu au Département en 2008, David Lisnard, Conseiller Général des Alpes-Maritimes, Premier Adjoint au Maire de Cannes, Président du Palais des Festivals et des Congrès, s’était engagé pour une meilleure prise en charge et un accueil adapté des personnes atteintes d’autisme, en intervenant auprès du Conseil général en faveur du projet de création d’une structure d’accueil, conçu par Autisme Méditerranée, sur le site désaffecté de l’ancien collège des Clémentines à Cannes.

 

A l’occasion de la journée mondiale de l’autisme le 2 avril 2012, avec Max Artuso, Président d’Autisme méditerranée, les deux élus entendent une nouvelle fois marquer la nécessité de mobiliser et de sensibiliser le plus grand nombre à cette cause.

 

Ainsi, à l’instar d’autres grandes villes de France, Cannes éclaire ses bâtiments en bleu* dans la nuit du 1er au 2 avril. Une façon d’encourager les Cannois à soutenir la cause des autistes et de leur famille.

 

* Palais des Festivals et des Congrès, Hôtel de Ville, Foyer pour autistes des Clémentines, Parvis de La Malmaison, Chapelle Alexandra, Palais de Justice, Château d‘eau, Promenade de La Croisette, le Suquet. Dans le même esprit, les hôtels Majestic et Carlton ont été sollicités et ont accepté aussi d’être éclairés en bleu.

 

 

 

posted 30 mars 2012 - 15 h 08 min in Presse by

Présidentielle : les deux défis capitaux

Après les effroyables tueries de Montauban et Toulouse qui laissent une meurtrissure morale, la campagne électorale a repris. Il y a évidemment un avant et un après. Faisons en sorte que celui-ci porte aussi sur les enjeux les plus structurants, les plus importants des prochaines années. Or, ces enjeux ne sont pas forcément ceux qui prévalaient jusqu’alors dans le champ médiatique électoral.

Dans une éthique de responsabilité, le débat doit permettre une prise de conscience collective sur le défi économique et écologique qu’il nous faut affronter.

Le choix par les électeurs du Chef de l’État constitue le rendez-vous majeur de notre vie démocratique. C’est encore plus vrai depuis l’adoption du quinquennat et du calendrier électoral qui fait succéder les législatives à la présidentielle. En cette année 2012, au regard de la violence des chocs économiques et sociaux qu’affronte notre continent et du changement d’équilibre international que nous vivons avec l’installation d’un monde multipolaire, le désignation de« la bonne personne au bon poste », au sommet de nos institutions, en l’occurrence d’un individu de caractère, susceptible d’adapter notre pays à son époque et d’incarner la France, revêt un enjeu particulier et s’inscrit dans une dramatique exacerbée.

De façon liminaire, pour que les choses soient claires et le lecteur averti, la comparaison des candidats me confirme dans mon choix en faveur de l’actuel Président de la République, dont j’ai la conviction forte est qu’il est le plus réformiste, le plus compétent et le plus courageux de ceux qui se présentent le 22 avril au suffrage des Français.

Le choc des personnalités a bien lieu, il ne manque ni de piquant, ni d’intérêt.

Des propositions sont avancées, elles méritent attention et, pour certaines adhésion.

Des valeurs sont exposées, elles sont indispensables à la vitalité républicaine.

Pourtant, cela ne saurait suffire, loin de là, à construire le choix démocratique le plus pertinent possible.

Les dernières semaines de cette campagne cruciale constitueront aussi, d’aucuns diraient avant tout, l’opportunité d’affirmer une prise de conscience collective à l’égard des défis qu’il nous faut affronter dans l’intérêt de la nation, de notre société, de nos enfants.

Le Président de la République et sa majorité auront à relever comme rarement dans notre histoire de grands défis structurels. Ils nécessitent des mesures qui à la fois sont simples et renvoient à une pensée complexe. C’est bien le cas pour les deux défis capitaux que nous posons ici : le défi économique et social d’une part, le défi environnemental d’autre part.

Ils ne couvrent pas évidemment tout le champ du débat électoral nécessaire. Les questions d’éducation, d’immigration, de citoyenneté, de sécurité, de santé, entre autres, ont toute leur place. Mais d’une part celles-ci sont régulièrement évoquées, d’autre part elles arrivent après les fondamentaux économiques, qui conditionnent les ressources dont disposent l’Etat et les ménages (pouvoir d’achat),  et écologiques, qui remettent en cause l’organisation même à terme de notre contrat économique et social.

Si les citoyens n’ont pas à l’esprit l’acuité des risques encourus, ou s’endorment dans le conformisme, voire se contentent de revendiquer pour défendre des avantages acquis devenus insoutenables et illégitimes, notre pays ne s’en relèvera pas.

Si, en revanche, dans le cadre d’un débat démocratique apaisé, rationnel, partagé, chacun s’empare de ces problématiques pour orienter en responsabilité son vote, la France peut être la nation de la vieille Europe à rebondir avec le plus de force, grâce à ses atouts que constituent notamment sa démographie, sa créativité, la qualité de ses infrastructures, la richesse de son histoire comme de son patrimoine et la beauté de ses paysages, l’énergie de sa jeunesse, la modernité de son universalisme, la solidité de ses valeurs héritées de sa culture gréco-romaine, judéo-chrétienne, libérale, l’audace de ses chefs d’entreprises, son ouverture à la diversité, ses savoir-faire et l’esprit entrepreneurial qui en fait une grande puissance internationale.

Le défi économique

Le défi économique et social, tout d’abord, se décompose lui-même en deux ardentes obligations concomitantes et urgentes :

  • désendetter la puissance publique
  • rétablir le commerce extérieur.

La difficulté est mesurable en milliards d’euros avec une dette publique d’environ mille sept cents milliards d’euros, qui représente 81% du PIB, c’est-à-dire de la richesse produite annuellement sur le territoire (contre 21% en 1980). Circonstance aggravante, le surendettement de la puissance publique s’est fait parallèlement à l’augmentation des prélèvements obligatoires (impôts et charges), ce qui constitue un pervers paradoxe. Ils atteignent aujourd’hui un taux record de 47% du PIB.

Cette réalité, cruelle, incontournable, signifie simplement que le modèle de l’État providence qui nous fait vivre à crédit sur le plan public est à bout de souffle, qu’il faut réduire la dépense publique de façon intelligente c’est-à-dire en limitant le périmètre d’intervention de la sphère administrative. Cette vérité n’est hélas pas entendue par les contempteurs de la mondialisation qui, souvent par facilité, par flatterie électorale, refusent d’affirmer que les problèmes viennent plus de nous que des autres.

Dès lors, chaque candidat doit proposer aux Français des mesures concrètes sur ce point (tout le contraire de ce que fait François Hollande avec une surcharge de quarante-cinq milliards d’euros de prélèvements et de dépenses supplémentaires). Les exemples canadiens, scandinaves, bientôt italiens, peuvent fournir une heureuse source d’inspiration, de même que les rapports de la Cour des Comptes.

Une telle approche aurait comme conséquence vertueuse non seulement de rétablir les comptes publics, mais aussi de stimuler la vitalité de la société civile et de permettre de futures baisses des prélèvements obligatoires, donc de renforcer la compétitivité de la France, au profit de la création de richesses et d’emplois.

C’est en cela que le deuxième objectif économique vital, celui du redressement du commerce extérieur, n’est pas incompatible, bien au contraire, avec celui de l’assainissement des finances publiques. Le commerce extérieur de la France, en raison il est vrai du surenchérissement structurel du coût des énergies fossiles et en particulier du pétrole, a atteint un déficit record de soixante-dix milliards d’euros en 2011, malgré les bonnes mesures engagées ces dernières années pour soutenir nos entreprises.

Pour régler cette contradiction du surendettement de la puissance publique et du taux, également record, des prélèvements obligatoires qui plombe la compétitivité des entreprises et donc porte atteinte au solde du commerce extérieur, il est là aussi nécessaire d’insister sur la baisse plus que souhaitable de la dépense publique non productive et d’engager une politique durable de l’offre. C’est pour cela qu’il serait catastrophique d’interrompre le processus de réorientation du système des prélèvements fiscaux et sociaux engagé par Nicolas Sarkozy, avec un allègement des charges qui pèsent sur le travail et un transfert du coût vers la fiscalité générale.

L’objectif est en effet de renforcer les trois facteurs de production que sont l’emploi – ou travail  -, l’investissement – ou capital -, l’environnement au sens large dans lequel évolue l’entreprise – ou externalités. Il est vital ainsi d’améliorer la compétitivité du travail, celle du capital (ce qui incite à se méfier de la démagogie sur la taxation du capital ; il faut surtout que l’épargne des Français, traditionnellement orientée vers la pierre et l’État, se destine beaucoup plus à l’appareil productif) et toutes les externalités positives (formation, transports, logement pour actifs, animation des territoires, etc) qui rendent un pays plus tonique, innovant et attractif sur le plan économique.

Pour une politique durable de l’offre

Des mesures positives et importantes ont été prises ces dernières années, telles la défiscalisation des heures supplémentaires qui a profité à la fois à la compétitivité-travail des entreprises et au pouvoir d’achat des salariés, sans obérer les finances publiques puisqu’il s’agissait de flux de travail supplémentaire (même si bien sûr des effets d’aubaine ont pu s’avérer), le crédit impôt recherche, l’autonomie et le renforcement des moyens des Universités, les investissements d’avenir dans le cadre du grand emprunt sous l’autorité de René Ricol, le lancement du Grand Paris dont on ne parle hélas pas assez et qui correspond à une nécessaire ambition d’attractivité territoriale française, le développement des pôles de compétitivité pour stimuler l’avènement d’une économie créative, la réforme de la taxe professionnelle qui s’est traduite concrètement pas six milliards d’euros de prélèvements en moins sur les entreprises, notamment industrielles, la réforme des retraites qui a permis de sauver pour plusieurs années le régime par répartition en évitant des prélèvements sociaux supplémentaires, la TVA dite anti-délocalisation prévue pour les prochains mois.

Toutes ces dispositions renforcent indéniablement la compétitivité globale de la France. Beaucoup de leurs effets bénéfiques ne sont pas immédiatement perceptibles.

La compétitivité-prix et la compétitivité-qualité, dans le cadre d’une politique de l’offre globale et durable, doivent être renforcées au cours du prochain mandat présidentiel. Or, c’est manifestement Nicolas Sarkozy qui aujourd’hui répond le plus à cette exigence.

Son travail progressif de déplacement de la pesanteur des prélèvements, en transférant les plus pénalisants pour le tissu économique et social vers le budget général, doit continuer. Avec pour objectif à terme aussi de diminuer ce montant global des prélèvements obligatoires ; parce qu’il n’y a pas de liberté sans souveraineté, de souveraineté sans indépendance, d’indépendance sans une économie forte, d’économie forte sans entreprises compétitives, d’entreprises compétitives dans un pays « surfiscalisé » et suradministré.

Les talents entrepreneuriaux et les forces créatives doivent trouver en France un terrain favorable pour se développer, faire face à la concurrence étrangère et conquérir les marchés de demain.

« L’économie verte » s’inscrit parmi les nouveaux horizons économiques porteurs de croissance qui exigent une filière française capable d’affronter la compétition mondiale. Du point de vue de la demande, le choix du consommateur et de l’investisseur intègre de plus en plus le respect des critères environnementaux (souvent labellisés), composantes dés lors de l’attractivité des territoires et de la compétitivité des produits.

Mais la problématique écologique est bien plus vaste et lourde de sens. 

Le défi écologique

Le défi n’est pas simplement économique et social, il est également civilisationnel. Il consiste en effet, à l’échelle du globe, à sortir de la dépendance au pétrole et aux énergies fossiles pour sauver rien de moins que la planète et l’espèce humaine. C’est bien un défi structurel et vital, immédiat et durable dont il s’agit : celui de l’exigence écologique.

Puisque les écologistes ont précisément abandonné le terrain de l’environnement pour un dogmatisme partisan qui les met en concurrence avec Madame Arthaud et Monsieur Poutou, il faut s’occuper de la menace qui pèse sur notre planète et l’humanité, reléguée au second rang de notre attention en raison de la crise économique et des difficultés, parfois des drames humains immédiats, qu’elle engendre.

La grande question qui peut « mettre tout le monde d’accord » est celle de l’énergie, en liant le rapport à l’utilisation de la planète au rapport à l’économie (c’est-à-dire à la création de valeur et à son partage). A titre d’exemple, la facture énergétique de la France a augmentée 32% en 2011 par rapport à 2010, en atteignant 61,4 milliards d’euros en raison de l’augmentation du cours du pétrole, dont le cours a atteint les cent onze dollars le baril (et la hausse s’amplifie en 2012). Cette facture énergétique de l’hexagone a représenté 3,1% du PIB en 2011 contre 2,5% en 2010.

Il y a par conséquent une nécessité économique de remettre en cause le modèle de développement fondé sur les énergies fossiles en général, le pétrole en particulier, dont en outre le tarissement est aujourd’hui une perspective planifiée.

Nécessité écologique aussi, évidement. L’année 2011 aura permis de sortir des polémiques sur les travaux du GIEC et de conclure que, si bien sûr il reste une marge d’erreurs dans lesdits travaux, le réchauffement climatique accéléré constitue une réalité, qui dépend au moins en partie des activités humaines. Le seuil problématique des 2 degrés centigrade de température supplémentaire habituellement évoqué, déjà sources de nombreux bouleversements potentiellement dramatiques, semble difficile à contenir à terme. En effet, la teneur atmosphérique de CO2, qui depuis des milliers d’années garantit un équilibre climatique vertueux pour la vie sur la planète, est passée en moins de cent ans de son taux stable de 270 ppm (partie par million) à 380 ppm.

Le modèle du développement basé sur l’énergie fossile est donc « au bout du bout ». Pourtant, qui aujourd’hui dans le débat public le remet sérieusement en cause auprès du grand public ? Quels seront la politique et le message de la France sur les actions fondamentales à engager dans ce registre ?

Nouvelle conscience, nouvelle énergie, nouvelle société ?

Ne laissons pas ces questions aux écologistes malthusiens, qui d’ailleurs les ont abandonnées en préférant faire de l’épicerie politicienne et en s’enfermant dans un discours gauchiste d’un autre âge.

La dépendance énergétique de la croissance, le tarissement des réserves de pétrole, donc le surenchérissement exponentiel des coûts de revient qui menace toute l’activité économique, le développement en Chine d’autres énergies encore plus polluantes telles le charbon, la précarité énergétique croissante de familles entières dans nos pays dits riches (13% en France des ménages sont dans cette situation de précarité énergétique, en habitant dans des logements mal isolés et donc souvent polluants et ayant du mal à régler les factures de chauffage), le caractère de plus en plus obsolète du développement périurbain pavillonnaire, qui avait placé l’automobile au cœur du « modèle de mode de vie » et concrètement de la vie quotidienne, soulignent l’ardente nécessité démocratique de poser ce débat et d’en faire une préoccupation citoyenne majeure.

Une conscience mondiale s’en empare. Elle émerge et se développe, notamment via Internet et les réseaux sociaux, et instaure une nouvelle démocratie horizontale.

Ce débat doit avoir lieu aussi en France ; il est le préalable sine qua non pour que des décisions à la fois radicales et acceptées, car acceptables et porteuses d’espoir, soient prises.

Là encore, le mandat présidentiel qui s’achève a fourni des avancées considérables, trop tues. Elles se concentrent et s’incarnent dans le Grenelle de l’environnement, à la fois par sa méthode collaborative d’élaboration et par les dispositions législatives qui en ont découlées.

Mais il s’agit d’une goutte d’eau – décisive car initiatrice – dans un océan de politiques publiques à engager à l’échelle planétaire pour sortir de la spirale destructrice dans laquelle nous sommes et assurer la survie de l’espèce humaine, selon un nouveau rapport à la nature.

L’échéance environnementale renvoie à toutes les problématiques, les difficultés, les enjeux de la politique au 21ème siècle :

  • elle est mondiale, car elle nécessite des mesures coordonnées sur tout le globe ;
  • elle contredit nombre de paradigmes économiques et juridiques dans lesquels nous vivons (elle pose par exemple la question du « droit d’ingérence environnementale ») ;
  • elle exige des négociations équilibrées entre grands pôles politiques régionaux et passe par l’avènement d’une nouvelle diplomatie ;
  • elle souligne ainsi la nécessité d’une Europe politique capable de proposer et d’obtenir de la Chine, de l’Inde, des États-Unis, de la Russie, des mesures fortes et partagées, dont des normes environnementales mondiales, contrôlées, avec des sanctions réelles et appliquées.

Cette approche, qui semble aussi utopique que nécessaire, suffirait-elle à sauver la planète et notre espèce ? Le salut de notre espèce ne viendra-t-il pas d’une sorte d’application de la réalité augmentée à l’homme, qui choisirait alors pour sa survie de devenir mutant, en s’adaptant de façon accélérée à la nouvelle donne climatique et écologique qu’il a lui-même provoquée ? La question n’est pas farfelue, l’hypothèse n’est pas fantaisiste. Des scientifiques et penseurs dits « transhumanistes » y travaillent sans relâche, notamment en Californie, dans les domaines des nanotechnologies, de la cybernétique, des neurosciences, des biotechnologies, etc. Avec de nombreuses dérives, de nombreux dangers potentiels.

Attention donc, ces interrogations ne sont ni virtuelles, ni neutres. Elles devraient être abordées au cours du débat de la principale échéance politique française. Car elles sont, par essence, politiques. Elles renvoient à la vision de l’organisation de la société, aux questions de bioéthique, au rapport à la vie, à l’autre, à la conception même de l’homme.

Pour le dire autrement, l’enjeu environnemental est si fort qu’il produira non seulement de nouvelles politiques publiques, mais aussi une nouvelle éthique, une nouvelle morale, bref une nouvelle philosophie et certainement une nouvelle religiosité. Un nouveau paradigme pour et par un nouveau monde. Tentons d’en être les artisans plutôt que les victimes.

Sinon, vous mangez hallal ou pas ?

David Lisnard, mercredi 28 mars 2012

 

posted 28 mars 2012 - 16 h 18 min in Oui ou Non by

Hommage à Frédéric Mistral

Hommage à Frédéric Mistral

 

VENT DU LARGE

 

Sans trop forcer le trait, on pourrait considérer que Frédéric Mistral est à la littérature française ce que son vent éponyme est à l’atmosphère : une force tourbillonnante, puissante et entêtante, en suspension comme les points dont le poète use pour laisser au lecteur la liberté de ponctuer sa pensée.

 

Une force de celles capables d'agacer les humeurs académiques les mieux réglées, non pour affaiblir le verbe ou brouiller sa portée mais pour mieux servir une précision qui, pour refléter sa propre culture, doit s’exprimer dans son propre langage.

 

Si la langue a du génie, c'est celui de la terre et des hommes qui en ont cultivé les accents en notre lumineuse Provence, terre d'éclosion du Félibrige, son miroir culturel. 

 

Mais ne nous trompons pas, cette « écriture d’Oc », au service d’un nouveau champ poétique et littéraire, n’est pas une offense à notre Français (et à tout le chemin parcouru depuis Villers Cotteret). Une intelligence aussi sensible n’était pas faite pour mener le combat de l’exclusion mais celui de l’ouverture.

 

Frédéric Mistral est né au seuil de la Monarchie de Juillet. Il est mort à celui de la grande guerre. Ces repères l'inscrivent dans le temps d’une France traversée par des incertitudes et des révolutions, par des bonds et des remous, au sein desquels il a trouvé sa fixité dans le langage de ses racines, porté jusqu'à la maturité du prix Nobel. 

 

Quelle merveilleuse reconnaissance pour le grand homme provençal dont les textes côtoient  ceux des grands talents de son temps aux accents plus pointus. Lamartine, qui n’est pas le moindre des génies, n'a t-il pas été le meilleur ambassadeur de l'œuvre de Mistral !

 

D'académique, le petit Frédéric a les bases et la rigueur. C'est en cela que le Félibrige est un mouvement de fond, durable, structuré et pensé. Il n'a rien de la caricature outrancière d’une Provence folklorique dont certains pourraient sourire avec condescendance.

 

Cette vision-là serait une tromperie, une insulte et une griffure faite à notre âme provençale qui, comme les autres expressions régionales, est constitutive de notre identité collective. Les racines du Félibrige sont solides et anciennes, elles plongent en profondeur dans la terre du sud, elles racontent une histoire pleine de nuances et de subtilités dont nous avons le respect et dont nous cultivons le riche héritage. 

 

Et si nous sacrifions à l'exercice de la modernité (ou de la transposition), la tentation est forte de rapprocher ce legs culturel de la question de l'identité telle qu'elle se pose aujourd'hui d'une façon générale et à Cannes de façon plus singulière.

 

Notre ville est traversée par la culture et les influences de la Provence et de la Cote d'Azur (invention géniale et récente). Ce carrefour la rend fertile et nourrit son identité de « village global ».

 

Notre belle cité cannoise s’est forgée dans ce double mouvement ; elle est pétrie des ces appartenances venues des terres et ouvertes sur la mer. Elle réunit deux mondes abreuvés à des sources devenues  amies et « tressées » par des années de rayonnement commun. 

 

Ignorer cela, voire opposer cela, c’est passer à côté de ce que nous sommes et, surtout, passer à côté de ce que nous devons être : locaux et mondiaux. C’est condamner notre ville à n’avoir qu’une âme hémiplégique, infirme d’une partie d’elle-même, et allant claudiquant vers un avenir alors incertain.

 

Cannes est une ville de fidélité à ses racines autant que d’ouverture au monde. C’est ma vision de Cannes, parce que c’est simplement la réalité de son histoire et encore plus la force de son destin.

 

Nos racines sont celles de Mistral bien sûr, elles renvoient aux belles images et aux sonorités épiques de Mireille (Mirèio), elles doivent aussi beaucoup au coup de foudre détonateur et bienfaiteur de Lord Brougham qui, d’une façon certaine, a été le complice « collatéral » de notre identité.

 

Respecter la terre, la langue et la culture de nos ancêtres, sans renier l’immense apport d’influences nouvelles tout aussi puissantes et fondatrices, voilà une jolie convocation de l’histoire et une belle promesse d’avenir.

 

Tout cela montre bien que les hommes fabriquent la mémoire des pierres au moins autant que les pierres fabriquent la destinée des hommes. Et pour ne pas abandonner Mistral, sachons rappeler la très belle phrase d’un poète d’un autre genre, René Char : « vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir ». Ainsi nous donnons du sens et de la densité à notre identité, dans toutes ses composantes qui en font le plus beau des Arlequins, fidèle à tous ses passés donc fidèle à son avenir provençal et mondial. 

 

A Cannes, le Mistral devient vent du large.

David Lisnard, le 23 mars 2012

 

 

 

 

 

posted 24 mars 2012 - 8 h 51 min in Non classé by

Le combat reprend

C’est une question de décence, je me suis abstenu de réagir, de tweeter, de m’exprimer ces derniers jours. 

Décence humaine par respect des victimes de ces effroyables tueries, respect de leurs familles, respect du deuil. Cela s’appelle la civilisation.

Décence politique ensuite. Comment peut-on s’invectiver, se déchirer, parfois s’insulter entre internautes comme je l’ai lu sur des réseaux sociaux, alors que les évènements dramatiques ,qui sont le déclencheur de ces affrontements, sont en cours ? 

Comment des candidats à la présidentielle ont-il pu, immédiatement après la tuerie de l’école, faire des déclarations politiques liant l’absurdité tragique de cet abominable assassinat au « contexte politique »,  « aux discours de stigmatisation », etc ?

Comment un candidat qui,  annonçant qu’ils suspendait sa campagne mais se voyant déjà chef de l’Etat, a-t-il pu faire des déclarations très générales sur la nécessité d’arrêter le meurtrier pour rester dans le champ médiatique, tout en continuant de dire et de répéter qu’il suspendait sa campagne ?… Et comment des élus et militants ont-ils pu à chaud, immédiatement, commenter et dénoncer ces postures ? Il suffisait d’attendre quelques jours – le temps de décence -.

Alors que le meurtrier présumé a été retrouvé en un temps record par la Police et que continue un « siège » pour l’interpeller (siège nommé sur nos écrans « assaut », qui prend le temps qu’il doit prendre, n’en déplaise aux médias d’information continue,  pressés de ne plus meubler pour ne rien dire au cours de bavardages redondants et de montrer les images du sang final), comment  dès mercredi matin peut-on tout de suite faire des déclarations péremptoires à visée électorale sur un drame non achevé,  en instrumentalisant l’émotion et procédant par amalgame ?

Oui,  comment une telle indécence est-elle possible ? Dire que l’on ne fait plus campagne pendant quelques heures, c’est se taire quelques heures sur tout ce qui a trait à l’affrontement partisan.

Quand je regardais les images et lisais les échanges, non seulement je m’imposais sans peine ce temps de sobriété de l’expression, mais je n’avais simplement pas le cœur à twitter.

Aujourd’hui,  parce que ce meurtrier innommable est cerné, peut-être arrêté ou mort au moment où vous lisez ces lignes, parce que  les enfants et le père de famille sont inhumés, parce que les soldats ont été honorés, parce que la vie est la vie, je reprends le clavier et une forme de combat, à ma petite place de citoyen engagé, d’élu motivé, d’homme passionné.

Ce combat est celui du débat démocratique, des valeurs républicaines, d’un engagement politique à la fois entier et distancié, le combat de l’affrontement des idées et des personnalités, le combat de l’autodérision, de l’humour parfois, bon ou mauvais, du bonheur d’échanger dans un pays libre, notre belle France, le combat de l’amour de son prochain et de l’amour propre. Le combat qui fera que le fanatisme perdra. Le combat pour nos enfants.

David Lisnard, jeudi 22 mars 2012

 

posted 22 mars 2012 - 9 h 18 min in Non classé by

Chabadabadabada, c’est la journée de la femme

Je ne suis pas spontanément partisan de la célébration d'une journée de la Femme. Cela pose d'emblée le postulat qu'une moitié de l'humanité se distinguerait en "creux" et en "faiblesse" de sa moitié jumelle.

Ce n'est pas ma vision de l'Homme. Mais enfin, cette journée existe et elle a au moins le mérite de rendre hommage aux femmes, de dénoncer les discriminations dont elles restent victimes dans de nombreux pays et même en France dans trop de domaines.

 

Soyons clairs, si à mon sens les critères de féminité et masculinité relèvent de paramètres qui heureusement ne sont pas du ressort de l’action politique mais de l’analyse scientifique (dont l'anthropologie) et de la considération mutuelle des uns (des unes) à l'égard des autres, en revanche, force est de constater que le critère de parité, qui lui, relève de la sphère publique, est loin d'être établi. Si ce n'est dans les textes, du moins dans les pratiques.

 

Je préfère travailler avec un homme compétent qu'avec une femme incompétente, avec une femme compétente qu'avec un homme incompétent ; et pour tout vous dire, je ne me pose pas la question. En revanche, je suis scandalisé qu'en 2012, à compétence et poste égaux, une femme puisse encore gagner en France jusqu'à 20 % de moins qu'un homme. Je suis outré que certains posent la question de la polygamie, mais que dans un sens !

 

 A  titre personnel, professionnel ou politique, sur le plan des droits et de la considération à porter à autrui, je n'ai jamais considéré qu'il y avait de ligne de démarcation entre les sexes. Je ne vois pas autour de moi des hommes ou des femmes, mais des collègues, des collaborateurs, des clients, des fournisseurs, des militants, des citoyens, etc, bref des relations  sociales, de travail ou d'engagement… indistinctement du sexe, de  l'origine, de la condition, du physique. 

 

Je dois même dire que je n'ai qu'à me féliciter de cette mixité et, contrairement à des clichés encore trop répandus dans certains milieux, certaines femmes sont bien plus volontaires, pugnaces, franches et "en gros" solides que bien des hommes… L’inverse aussi peut être vrai !

 

Mais la parité pose problème car la discrimination purement sexuée, combattue par des textes, notamment la loi du 8 juillet 1999 relative à l'égalité entre les hommes et les femmes, loi constitutionnelle dite de parité, masque d'autres discriminations plus "rampantes" et renvoyant à la même problématique.

 

En effet, qu'en est-il par exemple de la discrimination à l'allure, inavouée mais source de discrimination dans la discrimination ? Qu'en est-il de la confiance en soi, véritable critère de discrimination "intériorisée" et d'élimination des femmes qui, à compétences égales, n'osent pas toujours valoriser leur savoir-faire ou leur expérience.

 

Accompagner la parité c'est aussi donner aux recruteurs les outils et les réflexes pour valoriser ce potentiel et positiver un apport réellement essentiel dans une entreprise ou au sein d'une équipe.

 

Aujourd'hui encore, on compte seulement 12 femmes à la tête des cinq cents plus grandes entreprises du monde. Autant d'arbres qui cachent une immense – et injuste – forêt. En France les femmes occupent 57% des postes de la fonciton publique de l'Etat et 12% des emplois supérieurs au sein de cette administration et de la magistrature.

 

Bien sûr, et c'est sain, des progrès considérables sont enregistrés notamment en politique, car il fallait bien balayer devant sa porte, où en 2011, 76 femmes ont été élues au Sénat et représentent 21,8% de la Haute Assemblée.

Lors des législatives de 2007, la proportion de femmes élues a atteint 18,5%, soit un net progrès par rapport à 2002 (12,5%). Si l'on compte 48% de femmes dans les Conseils régionaux en 2010 contre 47,6% en 2004 et 27,5% en 1998, seules deux femmes sont à la tête d'une Région. Aux élections municipales de 2008, le pourcentage des conseillères municipales est passé à 35%. Mais malgré ces chiffres encourageants, seuls 13,8% des Maires sont des femmes et celles-ci ne dirigent que 6 des 38 communes de plus 100 000 habitants.

Ne parlons pas des tendances lourdes et persistantes qui indiquant que, bien que proportionnellement plus nombreuses que les hommes à accéder aux études supérieures, les femmes demeurent moins présentes dans les filières les plus cotées, subissent davantage de chômage, de temps partiel non choisi, avec un écart de salaire moyen en leur défaveur.

 

La question de la parité renvoie donc bel et bien à des choix ou du moins des approches de société. Il existerait une sorte de "plafond de verre" qui freine la stricte équité entre le traitement des hommes et des femmes.

 

Ces freins sont sociaux et culturels :

 

– la gestion des temps, l'articulation des trois vies : vie de famille-vie professionnelle – vie associative;

 

– les représentations stéréotypées des places et des rôles des hommes et des femmes dans la société (cette division des rôles légitime dans le mauvais sens les inégalités constatées à l'accès aux postes de décisions);

 

– le rapport au pouvoir et aux responsabilités (par construction culturelle les femmes ont plus de mal à se projeter dans des emplois à fortes responsabilités);

 

– la dévalorisation "intériorisée" et la sous-estimation des compétences et des ressources des femmes… y compris par les intéressées elles-mêmes !

 

Ces freins sont aussi organisationnels et structurels :

 

– la gestion des ressources humaines;

 

– l'organisation de la vie associative, professionnelle et politique qui intègre peu les contraintes familiales qui se posent essentiellement aux femmes au sein du foyer; le cumul des mandats et les pratiques de cooptation qui restent défavorables aux femmes.

 

Si la journée de la femme permet de faire un zoom sur ces questions et de faire avancer les choses, alors célébrons-là, mais allons plus  loin et posons la vraie question de la parité en général : si le salaire de la mère est supérieur à celle du père au sein d'une famille, il est probable que les rôles domestiques traditonnels s'inversent. Est-on bien certains alors que la discrimination vise les femmes ?

 

Ne vise-t-elle pas plutôt le maillon faible économique du foyer, qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme ? Si,ayant épuisé toutes le voies de l'embauche, un homme décide de postuler comme assistant maternel, ne se heurte-il pas à une discrimination à l'embauche aussi injuste que celle faite aux femmes dans d'autres métiers, mais en vertus des même a priori ?

 

Oui, profitons de cette journée dédiée pour dépasser la question de la Femme et poser celle de la parité, avec franchise, réalisme et pragmatisme.

 

Quelques pistes se dégagent :

 

 – sensibiliser l'ensemble des partenaires à la nécessaire articulation entre parentalité et emploi;

 

– mobiliser les employeurs à de nouveaux modes d'organisation du travail (qui bénéficierait autant aux mères de familles qu'à cette fameuse génération Y sans enfants, mais en demande d'espace personnel pour être plus productive et créative);

 

– développer des moyens y compris fiscalement attractifs pour faciliter cette conciliation (comme le chèque emploi service universel).

 

Voilà les pistes les plus immédiates pour encourager une vraie parité parce qu'elle encourage avant tout la liberté des familles de disposer d'elles mêmes et stimule la libre reconnaissance des femmes de leur propre potentiel.

 

En ce 8 mars 2012, l'homme est plus que jamais le meilleur allié de la femme.

 

J'espère que ces quelques données bien sommaires et ces pistes de réflexion, tracées à grands traits, auront apporté un peu d'eau au moulin d'une République qui ne "stigmatise pas", puisque ce verbe est passé maître dans la défense de nos idéaux.

 

Ne pas stigmatiser les femmes, ce n'est pas diminuer, bien au contraire, l'homme, avec un grand H et un petit h.

 

posted 8 mars 2012 - 12 h 12 min in Debats by