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ACHETEZ NICE MATIN !

TRIBUNE LIBRE DE DAVID LISNARD
Premier adjoint au Maire de Cannes
Conseiller général des Alpes-Maritimes
Lecteur chaque matin du journal

ACHETEZ NICE MATIN !

Nice Matin ne doit pas mourir, la presse écrite ne doit pas mourir, elle doit s’adapter.
L’enjeu, ce sont des centaines d’emplois, notre santé démocratique et un certain mode de vie.

Achetez Nice Matin ! Cette apostrophe ne s’adresse pas (seulement) à des éventuels repreneurs du capital, mais à tous les azuréens et lecteurs potentiels. Oui, chaque matin, achetons le journal. Il en va de l’existence même d’une des plus grandes entreprises de la région.

Et puis il y a des rituels qui contribuent aux petits bonheurs d’une vie. Comme celui de lire son journal (ses journaux), chaque matin, une main qui tourne les pages, l’autre qui… renverse le café. Je préfère sans hésitation parfois m’énerver en parcourant certaines lignes que de subir l’absence de l’information de proximité !

Or, pour des raisons structurelles et circonstancielles, la survie de Nice Matin, institution locale s’il en est, s’avère menacée dans les prochaines semaines, au détriment d’abord de ceux qui y travaillent, ensuite de la qualité de notre démocratie locale au quotidien. La question est donc, à mes yeux à la fois de citoyen, d’élu et de lecteur, majeure en premier lieu pour ses conséquences humaines potentiellement douloureuses pour les employés, en second lieu pour le climat social et politique local, qui ne peut se passer d’une information accessible et partagée par le plus grand nombre. Tout citoyen, tout démocrate ne peut en tout cas rester insensible à cette crise aigue – la plus grave de son histoire – de « notre » quotidien régional payant.

Bien-sûr, la survie de Nice Matin dépend, ne l’occultons pas, de la capacité de son actionnaire à diriger un tel groupe, à prendre les bonnes décisions, comme de celle de ses salariés à jouer collectif, à accepter des remises en causes organisationnelles et sociales.

A bout de souffle

Mais plus globalement, les difficultés chroniques que rencontre depuis plusieurs années Nice Matin illustrent la crise qui frappe le monde de l’édition en général et celui de la presse écrite en particulier, nationale et régionale, en France et à l’étranger. Le groupe, qui détient les quotidiens Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin, est confronté à de graves difficultés financières ; elles mettent aujourd’hui en péril son existence, malgré son ancrage local et sa notoriété sans équivalent dans le sud est de la France. Car Nice Matin reste une grande marque construite sur plusieurs décennies.

Si, au lendemain de la Libération, la presse écrite a connu un essor formidable, marquant son apogée en 1946 avec le recensement de 28 quotidiens nationaux et 175 quotidiens locaux, elle ne cesse de diminuer depuis. Dès 1947, 23 quotidiens disparaissaient du paysage médiatique. Ils ne sont plus que 78 aujourd’hui (avec les gratuits) sur les 203 comptabilisés aux plans local et national à la fin de la guerre.

En France, des titres nationaux de la presse quotidienne au tirage pourtant historique ont fini par disparaître des kiosques, tels le mythique France Soir, qui tirait à 1,1 million d’exemplaires en 1960 contre
62 000 en 2004, ou encore La Tribune et avant eux le regretté Quotidien de Paris de Philippe Tesson, et Le Matin, alors que l’Etat – d’ailleurs épinglé par la Cour des Comptes – a doublé son aide financière au secteur, passée de 170 millions d’euros en 2008 à 324,3 millions en 2009.

Plusieurs paramètres sont liés à ce phénomène inscrit dans la durée :

  • la révolution technologique, qui accompagne le changement des comportements ;
  • les évolutions technologiques ;
  • la mutation générationnelle, avec une habitude de lecture moins régulière ;
  • la crise économique.

La libéralisation des ondes au début des années 1980 a généré la création de nombreuses radios locales, notamment associatives, capables de proposer gratuitement, avec des degrés variables de professionnalisme, une actualité en temps réel. Il s’agit d’une première révolution dans le monde des média, que l’essor de l’offre audiovisuelle est venu renforcer avec le développement des chaînes généralistes et thématiques accessibles depuis le câble et le satellite, ainsi que la création et la multiplication des chaînes d’information continue.

Mais, sans nul doute, le plus grand coup porté à la presse écrite quotidienne réside dans l’avènement des technologies numériques, de l’internet et de la téléphonie mobile, qui fournissent autant d’accès nouveaux à l’information mondiale, en temps réel, avec une complémentarité des outils (texte, photo, audio et vidéo) au sein d’un même support web qui généralise par ailleurs l’interactivité avec le lecteur. Le contenant crée une addiction à l’information en temps réel et modifie le contenu, les formats, l’écriture au sens large du terme.

Ainsi, on compte déjà plusieurs centaines de sites de presse en ligne, qu’ils soient généralistes ou spécialisés dans l’information politique, économique, culturelle, sociale, sportive qui proposent une actualité immédiate, factuelle, comme des sujets plus travaillés : reportages, interviews, dossiers, etc. L’attractivité de ces nouveaux vecteurs d’information pour le public n’a pas échappé aux annonceurs. En 2012, aux Etats-Unis, la publicité en ligne atteignait plus de 37 milliards de dollars, soit 3 milliards de plus que pour l’édition. Le Financial Times et le New York Times enregistrent aujourd’hui plus de profits avec leurs versions numériques que celles en kiosque. La France suit, dans une moindre mesure, cette tendance comme en témoigne déjà le transfert des petites annonces, qui constituaient une part importante des recettes de la PQR (presse quotidienne régionale) vers le net. Au final, le chiffre d’affaire global de la presse écrite a chuté de plus de 30% entre 1990 et 2012.

Quelles conclusions et perspectives en tirer ? La presse écrite est-elle au bout du rouleau de ses rotatives ?

Nouvelle vague

Indiscutablement, elle vit une profonde mutation. Mais sa force est de rester un élément structurant de la démocratie. Elle porte une part de notre histoire collective. Qui a oublié le J’accuse de Zola dans L’Aurore en 1898 ? Qui a oublié la contribution de Combat, Défense de la France, Le Franc-Tireur, Libération, Témoignage chrétien, etc., presse clandestine sous l’occupation nazie, dans l’action de la Résistance ? Qui a oublié la création de L’Express par JJSS et Françoise Giroud, son militantisme en faveur de Pierre Mendès-France entre autres, de l’indépendance de l’Algérie également ou encore du droit des femmes, toujours sous une forme avant-gardiste qui a inspiré bien des média de tous bords dans le traitement de l’information ? Tout au long de l’histoire, le papier a été le support de l’expression libre et engagée. Aujourd’hui, la presse écrite, pour survivre, doit adapter ses structures aux nouvelles attentes des lecteurs et aux nouveaux modes de « consommation » de l’information.

Le groupe Nice Matin, qui s’inscrit dans une longue histoire régionale, ainsi que ses salariés, sont en mesure de relever ce défi. Le devenir du titre n’est pas qu’une affaire interne à l’entreprise, c’est aussi l’affaire de tous les azuréens qui y sont attachés. Or, on peut craindre que la réduction des charges de 14 millions d’euros, annoncée dans le cadre d’un nouveau plan de restructuration concernant environ 180 postes, ne change pas grand chose à la situation et n’empêche pas son aggravation à terme, sauf si ledit plan est d’abord revu et pensé comme un vrai projet d’avenir et de développement du journal. La rentabilité ne se gagne pas seulement par la multiplication des coupes sombres mais aussi à travers un plan de développement innovant, audacieux, visionnaire, couplé bien-sûr  à une gestion rigoureuse et cohérente dans la durée. Des signes ont été donnés avec un nouveau format, une nouvelle maquette, de nouveaux compléments éditoriaux quotidiens, une meilleure visibilité sur le net. Mais, le contexte, avec une diffusion passée de 134 000 exemplaires en 2002 à 98 300 en 2012, exige plus.

L’histoire a montré que les naissances de nouveaux média (la radio d’abord, la télé ensuite, les supports sur le net à présent) qui tous ont constitué une révolution à leur époque, n’ont jamais entraîné la disparition d’une technologie au profit d’une autre. Toujours, elles se sont additionnées et complétées sans faire disparaître les autres modes de diffusion de l’information.

Cependant, tous ces anciens supports avaient leurs caractéristiques propres : l’information en temps réel et la praticité de l’écoute pour la radio, la puissance de l’image pour la télévision, la pluralité et l’exhaustivité des sujets pour la presse écrite. Aujourd’hui, le web réunit toutes ces fonctionnalités des média mais potentiellement en mieux, en proposant de l’interactivité, des liens hypertextes, du ciblage, etc.

Ecrire pour exister

Exister, c’est se distinguer. Et inversement. C’est pourquoi, j’ai l’intime conviction que pour la presse quotidienne – pour la presse magazine, le problème est encore différent -, loin d’une logique de mutualisation éditoriale et économique, souvent privilégiée en pareil cas, seule l’existence de deux rédactions distinctes et indépendantes l’une de l’autre au sein d’un même titre, avec un contenu propre à chacun et adapté au public ciblé, pourra concilier la coexistence des supports papier et web. L’expérience de plusieurs publications en témoigne qui ont su redresser leurs recettes grâce au support numérique avec la même exigence de qualité et de fiabilité de l’information traitée. Mais ces publications ont su adopter, tout en veillant au respect de leur identité, un traitement différencié de l’information calqué précisément sur les habitudes de leurs lecteurs. Il ne s’agit donc pas de substituer le numérique au papier mais de mettre en avant une complémentarité qui permet des abonnements couplés et de l’achat publicitaire cross média. Chacun développe ainsi son propre contenu et a son propre modèle économique.

Nice Matin est un élément structurant de l’information locale. Seul média quotidien à traiter l’actualité des communes du littoral comme des villages du moyen et haut pays, il participe activement, depuis sa création à la Libération et au gré de ses évolutions, à la cohésion territoriale de notre région. Il est un trait d’union entre les acteurs politiques, sociaux-économiques, culturels, sportifs, associatifs et l’ensemble de la population. Par la multiplication de ses rédactions de proximité, son réseau de correspondants, il assure ainsi une couverture de l’actualité locale qui fait référence, qu’elle soit de première importance ou non.

Voilà pourquoi sa pérennité est essentielle et doit pouvoir être garantie, avec l’emploi des forces vives de ce journal, dans la durée. Tous les métiers de journalistes, photographes, graphistes, imprimeurs, administratifs, qui contribuent chaque jour à nourrir notre regard sur la société en général et sur la vie de notre région en particulier, méritent le soutien de tous ceux qui ont la curiosité de l’autre et le goût du vivre ensemble.

Souhaitons que le groupe Nice Matin, par son actionnariat et ses salariés, parvienne à un accord social et à un projet de développement numérique innovant et créatif, qui permettront de sauver le journal quotidien de la région et aux lecteurs, réguliers ou occasionnels, de pouvoir toujours disposer d’une information  professionnelle, au plus près de la vie locale.

Pour cela, il faut aussi que le public en prenne conscience et redevienne lecteur, donc acheteur.

David Lisnard, le 21 octobre 2013

 

posted 22 octobre 2013 - 14 h 00 min in Debats by

Concernant la problématique du traitement des déchets ménagers dans l’Ouest des Alpes Maritimes.

 

Lettre ouverte de David Lisnard,
Conseiller Général des Alpes Maritimes,
Président de la commission du développement local et de l’économie, 1er adjoint au Maire de Cannes,

Concernant la problématique du traitement des déchets ménagers dans l’Ouest des Alpes Maritimes.
 

La lecture dans les colonnes de Nice Matin, daté du 27 décembre 2012, toutes éditions, de l’article intitulé « Déchets : et si l’incinérateur de Grasse ne se réalisait pas… » ainsi que des articles en réponse, en date du 28 et 29 décembre, appelle des compléments d’informations et souligne la nécessité de poser une fois pour toutes le débat sur la problématique des déchets ménagers dans l’ouest des Alpes-Maritimes. Comme tout grand service public, celui des déchets exige la recherche permanente du meilleur processus au juste prix, dans l’intérêt des usagers et des contribuables. Dans cet esprit, je plaide depuis longtemps en faveur de la mise en commun à l’échelle des Alpes- Maritimes, des équipements pour le traitement des déchets ménagers. Cette approche me semble être la plus conforme aux dispositions des lois de 1975 et 1992 relatives à l’élimination des déchets, comme aux mesures du Grenelle de l’Environnement. Cannes accueille d’ailleurs un équipement départemental depuis 10 ans : le centre de tri des emballages ménagers. Une telle démarche vise à optimiser les équipements existants dans l’intérêt de toutes les parties et de dimensionner au juste besoin, donc au juste prix, ceux à venir.

De nouveaux équipements dans la chaine de traitement des ordures ménagères sont en effet nécessaires à l’ouest des Alpes-Maritimes, afin d’éviter les exportations de déchets hors du département. La question du portage administratif de ces infrastructures est importante mais le débat est aussi pertinent autour du dimensionnement des ouvrages.

Le projet du SIVADES comprend deux unités complémentaires de traitement des déchets : un centre de valorisation organique (CVO) et une unité thermique (UT), dimensionnées pour accueillir la totalité de la production d’ordures ménagères du SIVADES soit 90 000 t/an.

Or, depuis deux ans, grâce à la mise en service du CVO du syndicat mixte d’élimination des déchets (SMED) et grâce à la solidarité des syndicats et collectivités compétents, de nouvelles capacités de traitement des ordures ménagères à l’échelle du département ont émergé et ont constitué de véritables opportunités techniques et économiques pour le SIVADES. Cumulées aux capacités déjà mises à disposition, près de 60 000 tonnes d’ordures ménagères peuvent désormais être prises en charge par les « vides de capacité » des opérateurs publics locaux du département. A cela viendra s’ajouter, dans le courant de l’année 2013, l’ouverture du centre de traitement privé du PAL à Lingostière, pour la valorisation des encombrants qui peut potentiellement libérer des capacités dans les centres de traitement des ordures ménagères actuels.

Si ces disponibilités sont confirmées et stabilisées dans la durée, c’est finalement l’organisation et le dimensionnement de la filière complète du projet qui sont bouleversés.

Le nouveau dispositif doit correspondre aux besoins (sans surdimensionnement) et ne pas fragiliser les autres autorités organisatrices du service de traitement des déchets, partenaires du SIVADES.

Une telle démarche nécessite que le SIVADES change son approche et sorte d’une vision limitée à ses propres besoins, voire coûteuse par les doublons d’équipements qu’elle pourrait générer à l’échelle du département, sans pour autant se désengager de sa responsabilité en tant que producteur de déchets. Le projet doit s’inscrire dans une réflexion plus large et plus générale qui privilégie la complémentarité des modes de traitement a minima à l’échelle de l’ouest du département, voire de l’ensemble du département. Il en va de la pertinence technique et économique de l’opération.

En toute hypothèse, le projet du SIVADES en l’état ne peut être mené à son terme.

Il me parait dès lors essentiel pour le syndicat et ses communes membres de travailler avec les différents opérateurs publics du département au premier rang desquels le Conseil Général, dans l’intérêt de toutes les parties, donc du contribuable et des usagers. Il s’agit pour le SIVADES de parvenir à mettre en place une nouvelle filière de traitement qui vienne compléter et renforcer le dispositif départemental existant.

La réflexion sur l’intercommunalité dans le département a modifié l’approche de la question des déchets. Certes, la carte intercommunale arrêtée récemment par la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) va induire des conséquences sur l’organisation juridique du portage des projets. Mais bien en amont déjà, grâce au travail sur l’intercommunalité de l’Ouest, le dialogue a été ouvert entre la Ville de Cannes et celle de Mandelieu-la Napoule, pour éviter des doublons d’équipements distants seulement de quelques centaines de mètres, prévus par leur syndicat respectif de traitement des déchets, SIVADES et UNIVALOM. Les services techniques de ces deux syndicats ont alors pu se mettre autour d’une table et des pistes de collaboration ont émergé. Il n’a jamais été question d’envoyer tous nos déchets dans l’incinérateur d’Antibes, il n’a jamais non plus été évoqué de vides de capacité supplémentaires autres que ceux dont le SIVADES dispose déjà.

Josette Balden, présidente d’UNIVALOM, et Jean Leonetti, président de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis et Député-maire d’Antibes, ont toujours été constants sur ces questions, et Jean Leonetti l’a d’ailleurs très clairement rappelé lors des précédentes CDCI tant en 2011 qu’en 2012.

Les pistes évoquées concernaient les tarifs d’accueil des déchets dans les installations respectives existantes des syndicats, ainsi que la possibilité d’organiser des filières de valorisation spécifiques en commun (déchets verts et encombrants)

La future agglomération des Pays de Lérins a retenu en effet la compétence du traitement des déchets. Les communes de Mougins, Le Cannet, Mandelieu et Théoule, membres actuellement d’UNIVALOM, souhaitent réintégrer ce syndicat via la nouvelle agglomération tant pour les avantages financiers que techniques qu’il propose. Nous les soutenons dans cette approche et le traitement des déchets produits à Cannes sera débattu avec ces communes dans le cadre de la nouvelle agglomération, ainsi qu’avec les syndicats d’UNIVALOM et du SIVADES.

Le règlement du dossier du traitement des déchets est une problématique partagée par tous. Elle doit s’envisager a minima à l’échelle de l’arrondissement de Grasse et mieux encore à l’échelle du département des Alpes-Maritimes. C’est la façon la plus efficace et constructive de travailler entre les différents opérateurs publics, le Conseil Général et les services de l’Etat.

Depuis l’origine du projet de construction par le SIVADES d’une filière de traitement des déchets ménagers, la Ville de Cannes que mon collègue Christophe Santelli-Estrany et moi-même représentons au SIVADES, porte une attention toute particulière à ce que ce projet soit élaboré dans le respect de la réglementation, du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers (PEDMA06), tout en répondant à l’optimisation des modes de traitement présents et fonctionnels sur le territoire. Le SIVADES devra, bien sûr, s’engager sur la réalisation d’équipements de traitement des déchets mais définis autrement, dans une réflexion plus large et en collaboration avec les opérateurs actuels.

Nous appelons de nos vœux une solution technique cohérente, pragmatique et efficace sur les plans environnemental et économique, pour le traitement des 90000 tonnes d’ordures ménagères produites dans le périmètre du SIVADES. Une approche pragmatique, économe des deniers publics et rapide semble aujourd’hui possible. Ne laissons pas passer cette opportunité et réunissons toutes les parties concernées dans le département pour élaborer une solution partagée, de bon sens, qui échappe à toute autre considération.

David LISNARD

 

posted 4 janvier 2013 - 9 h 37 min in Oui ou Non by

Macro déchets mer, qu’en est-il ?

La problématique des macro-déchets en mer est bien réelle et aucune cité balnéaire de France ou d’ailleurs n’est épargnée. Ces déchets polluent et menacent la survie d'une partie de la flore et de la faune marines.
Les chiffres sont éloquents : selon l’ONU, chaque kilomètre carré de mer et d’océan contiendrait 120.000 morceaux de plastique flottants.
 
Evidemment, la Méditerranée n’est pas épargnée par ce fléau ; la baie de Cannes non plus. Mais il convient d'être précis sur le constat de la situation comme des actions menées et de remettre les choses dans leur exactitude.
D'abord, la qualité de l'eau de mer à Cannes est très bonne. Tous les contrôles vétérinaires, publics et affichés, en témoignent. Le pavillon bleu a été attribué aussi sur ce critère, et, à moins de plonger dans les émergences des valons puis, comme le font hélas les agitateurs toujours prompts à dénigrer la côte d'azur, de filmer les grilles qui retiennent les bouteilles usagées et autres plastiques chariés dans les eaux de pluie, tout baigneur constate dans l'immense majorité des situations une eau et des fonds préservés.
 
Ensuite, l'amoncellement de macro-déchets provient en majeure partie des vallons pluviaux – y compris ceux situés dans les communes environnantes – et qui se déversent en mer, et non "des festivaliers qui profitent de la Croisette".
 
Le parcours des eaux pluviales, drainant ces macro-déchets en baie de Cannes, est constitué de 8 700 grilles/avaloirs, 162 kilomètres de réseaux d’eaux pluviales et environ 40 kilomètres de vallons dont 60 à 70% sont sur le domaine privé.
 
Tous ces déchets proviennent principalement de l’incivisme de trop nombreuses personnes qui les jettent hors des process de collecte et se retrouvent dans les eaux pluviales.
 
La Ville de Cannes n’a pas attendu que les medias s’emparent de ce sujet pour prendre en compte la nécessité d’intervenir de façon concrète et efficace. On est très loin de l’inertie des pouvoirs publics que certains souhaitent dénoncer.
 
Si la récupération des déchets directement à la sortie des vallons par la mise en place de grilles n’est pas envisageable pour des raisons évidentes de sécurité en cas de fortes pluies (de même qu’une récupération dès l’avaloir dans le caniveau pour les mêmes raisons), un système de rétention dans des bacs de décantation a été mis en place dans la totalité des avaloirs ce qui permet de récupérer plus de 200 tonnes par an de déchets en amont.
 
Cela ne suffit pas à traiter l’ensemble de la problématique des macro-déchets. La municipalité a donc initié des opérations de nettoiement de la surface du plan d’eau et des fonds marins :
- Plus de 50 tonnes de déchets sont ainsi récupérées chaque année par deux navires du SIPLOP (Syndicat Intercommunal pour la Protection du Littoral Ouest contre la Pollution équipés de filets pour récupérer les déchets en surface ;
- Aussi, cet hiver (octobre et février), la bande de O à 200 mètres devant La Croisette a été entièrement nettoyée par des plongeurs mandatés par la Ville sur marché public.Cette opération sera renouvelée après le Festival et de nouveau après la période estivale.
 
Bien d’autres actions concrètes sont menées par la Ville de Cannes notamment à travers le Contrat de Baie qu’elle a initié en 2004 pour protéger et valoriser le milieu marin et le bassin versant.
 
Depuis 2006, des contrôles sont effectués par la Ville pour surveiller la qualité de ses eaux de baignade en plus des contrôles effectués par les services de l’Etat. Cette surveillance accrue a permis à Cannes d’être titulaire depuis 2010 du fameux Pavillon Bleu.
 
Enfin, l’investissement de 77 millions d’Euros à travers le SIAUBC pour la construction de la station d’épuration Aquaviva dont Cannes est à l’origine permet dobtenir à présent un traitement des eaux usées et des eaux pluviales dans des conditions optimales et au-delà de toutes les normes environnementales édictées par l’Union Européenne en la matière.
 
Enfin, de nombreuses actions de sensibilisation au respect de l’environnement sont menées toute l’année par les services de la Ville auprès des particuliers, hôteliers, plaisanciers…
 
Toutes ces actions réelles, concrètes, positives, montrent bien que non seulement la municipalité de Cannes est consciente de cette problématique de macro-déchets en mer mais qu’elle n’a pas attendu pour agir afin de protéger du mieux possiblece qui fait aussi sa richesse : son milieu marin.
Le mieux est que chacun vienne à Cannes, se baigne depuis les plages du midi, de la Croisette, au Mouré rouge, entre les îles de Lérins et se fasse son opinion.
Filmer dans un conteneur à poubelles ne permet pas de démontrer qu'une rue est salle. Il en est de même pour les vidéos qui circulent sur le net, tournées à l'émergence d'un vallon.
 

 

posted 16 mai 2012 - 16 h 45 min in Debats, Oui ou Non by

Annonce des résultats de l’Election Présidentielle 2012

Cannes, le 6 mai 2012
Réaction de David Lisnard,
Conseiller Général des Alpes-Maritimes
Premier-Adjoint au Maire de Cannes
Chargé de Mission National de l’UMP
 
 
« Les urnes ont parlé. François Hollande est le nouveau Président de la République. Ce choix est celui d’une majorité de Français. Parce que l'intérêt général passe à mes yeux avant les considérations partisanes, il faut non seulement en respecter le résultat mais souhaiter que     le nouveau Président de la République réussisse son mandat au service du Pays.

J’en doute cependant profondément. En allant voter ce matin, je ne croyais pas à la pertinence du programme de François Hollande comme à ses capacités d'homme d'État ; je n'ai aucune raison de plus y croire ce soir. Le socialisme est un archaïsme, il ne peut mener qu’à de graves désillusions.

Je regrette donc pour mon pays ce résultat et suis certain que le temps et l'objectivité rendront grâce à Nicolas Sarkozy d'avoir mené courageusement une action nécessaire, ingrate et décisive pour la France. Il a affronté avec solidité, compétence, dignité, la plus grande crise des cinquante dernières années, en plaçant toujours l’intérêt national avant son intérêt électoral.

La nouvelle opposition présidentielle devra faire preuve d’une grande vigilance et d’une combativité intacte au service des valeurs de la liberté, de l’autorité républicaine et du mérite.

Une nouvelle période politique commence, une nouvelle campagne électorale débute

Le temps n’est pas aux états d’âme, mais au combat électoral des 10 et 17 juin.

Il faut tout de suite préparer les prochaines échéances, celles des législatives. Dans le nouveau contexte national, cette autre campagne qui débute ce soir revêt une importance particulière et nécessite la plus grande mobilisation, dans l'unité.

Dans cet esprit, militant depuis toujours des valeurs de la droite et du centre, je mènerai cette campagne en militant, avec fidélité et conviction au côté de Bernard Brochand, candidat investi par l'UMP dans notre circonscription qui regroupe, outre Cannes, Théoule sur mer, Mandelieu la Napoule et Vallauris.

Député sortant, ayant fait la preuve de ses compétences sur les questions économiques plus que jamais au coeur des enjeux de notre société, très actif pour développer notre bassin de vie, Bernard Brochand doit bénéficier d'une mobilisation sans faille de tous ceux qui pensent que la politique est une chose sérieuse et non un jeu de personnes.

La division au sein de l'Ump serait particulièrement grave dans ce moment national si difficile qu'elle affronte, de surcroit lors d'élections législatives à aussi fort enjeu.

A la place qui sera la mienne, quelle qu’elle soit, j’agirai en première ligne pour la victoire de Bernard Brochand, la victoire des valeurs et des couleurs que nous partageons. »
 
David Lisnard, le 6 mai 2012
20h45

 

posted 6 mai 2012 - 19 h 36 min in Oui ou Non by

Dialogue avec David Lisnard par Webcam le 12 avril à 17h45

Jeudi 12 avril 2012, à 17h45, David Lisnard répondra à vos questions sur l'actualité locale et nationale. Le dialogue aura lieu sur la plateforme Opinews et permettra la connexion de plusieurs webcam simultanées.

Inscrivez-vous ci-dessous et revenez sur cette page le 12 avril 2012 à 17h45 !

Nous vous attendons nombreux !

/Marie

 

posted 4 avril 2012 - 14 h 02 min in Debats by

Présidentielle : les deux défis capitaux

Après les effroyables tueries de Montauban et Toulouse qui laissent une meurtrissure morale, la campagne électorale a repris. Il y a évidemment un avant et un après. Faisons en sorte que celui-ci porte aussi sur les enjeux les plus structurants, les plus importants des prochaines années. Or, ces enjeux ne sont pas forcément ceux qui prévalaient jusqu’alors dans le champ médiatique électoral.

Dans une éthique de responsabilité, le débat doit permettre une prise de conscience collective sur le défi économique et écologique qu’il nous faut affronter.

Le choix par les électeurs du Chef de l’État constitue le rendez-vous majeur de notre vie démocratique. C’est encore plus vrai depuis l’adoption du quinquennat et du calendrier électoral qui fait succéder les législatives à la présidentielle. En cette année 2012, au regard de la violence des chocs économiques et sociaux qu’affronte notre continent et du changement d’équilibre international que nous vivons avec l’installation d’un monde multipolaire, le désignation de« la bonne personne au bon poste », au sommet de nos institutions, en l’occurrence d’un individu de caractère, susceptible d’adapter notre pays à son époque et d’incarner la France, revêt un enjeu particulier et s’inscrit dans une dramatique exacerbée.

De façon liminaire, pour que les choses soient claires et le lecteur averti, la comparaison des candidats me confirme dans mon choix en faveur de l’actuel Président de la République, dont j’ai la conviction forte est qu’il est le plus réformiste, le plus compétent et le plus courageux de ceux qui se présentent le 22 avril au suffrage des Français.

Le choc des personnalités a bien lieu, il ne manque ni de piquant, ni d’intérêt.

Des propositions sont avancées, elles méritent attention et, pour certaines adhésion.

Des valeurs sont exposées, elles sont indispensables à la vitalité républicaine.

Pourtant, cela ne saurait suffire, loin de là, à construire le choix démocratique le plus pertinent possible.

Les dernières semaines de cette campagne cruciale constitueront aussi, d’aucuns diraient avant tout, l’opportunité d’affirmer une prise de conscience collective à l’égard des défis qu’il nous faut affronter dans l’intérêt de la nation, de notre société, de nos enfants.

Le Président de la République et sa majorité auront à relever comme rarement dans notre histoire de grands défis structurels. Ils nécessitent des mesures qui à la fois sont simples et renvoient à une pensée complexe. C’est bien le cas pour les deux défis capitaux que nous posons ici : le défi économique et social d’une part, le défi environnemental d’autre part.

Ils ne couvrent pas évidemment tout le champ du débat électoral nécessaire. Les questions d’éducation, d’immigration, de citoyenneté, de sécurité, de santé, entre autres, ont toute leur place. Mais d’une part celles-ci sont régulièrement évoquées, d’autre part elles arrivent après les fondamentaux économiques, qui conditionnent les ressources dont disposent l’Etat et les ménages (pouvoir d’achat),  et écologiques, qui remettent en cause l’organisation même à terme de notre contrat économique et social.

Si les citoyens n’ont pas à l’esprit l’acuité des risques encourus, ou s’endorment dans le conformisme, voire se contentent de revendiquer pour défendre des avantages acquis devenus insoutenables et illégitimes, notre pays ne s’en relèvera pas.

Si, en revanche, dans le cadre d’un débat démocratique apaisé, rationnel, partagé, chacun s’empare de ces problématiques pour orienter en responsabilité son vote, la France peut être la nation de la vieille Europe à rebondir avec le plus de force, grâce à ses atouts que constituent notamment sa démographie, sa créativité, la qualité de ses infrastructures, la richesse de son histoire comme de son patrimoine et la beauté de ses paysages, l’énergie de sa jeunesse, la modernité de son universalisme, la solidité de ses valeurs héritées de sa culture gréco-romaine, judéo-chrétienne, libérale, l’audace de ses chefs d’entreprises, son ouverture à la diversité, ses savoir-faire et l’esprit entrepreneurial qui en fait une grande puissance internationale.

Le défi économique

Le défi économique et social, tout d’abord, se décompose lui-même en deux ardentes obligations concomitantes et urgentes :

  • désendetter la puissance publique
  • rétablir le commerce extérieur.

La difficulté est mesurable en milliards d’euros avec une dette publique d’environ mille sept cents milliards d’euros, qui représente 81% du PIB, c’est-à-dire de la richesse produite annuellement sur le territoire (contre 21% en 1980). Circonstance aggravante, le surendettement de la puissance publique s’est fait parallèlement à l’augmentation des prélèvements obligatoires (impôts et charges), ce qui constitue un pervers paradoxe. Ils atteignent aujourd’hui un taux record de 47% du PIB.

Cette réalité, cruelle, incontournable, signifie simplement que le modèle de l’État providence qui nous fait vivre à crédit sur le plan public est à bout de souffle, qu’il faut réduire la dépense publique de façon intelligente c’est-à-dire en limitant le périmètre d’intervention de la sphère administrative. Cette vérité n’est hélas pas entendue par les contempteurs de la mondialisation qui, souvent par facilité, par flatterie électorale, refusent d’affirmer que les problèmes viennent plus de nous que des autres.

Dès lors, chaque candidat doit proposer aux Français des mesures concrètes sur ce point (tout le contraire de ce que fait François Hollande avec une surcharge de quarante-cinq milliards d’euros de prélèvements et de dépenses supplémentaires). Les exemples canadiens, scandinaves, bientôt italiens, peuvent fournir une heureuse source d’inspiration, de même que les rapports de la Cour des Comptes.

Une telle approche aurait comme conséquence vertueuse non seulement de rétablir les comptes publics, mais aussi de stimuler la vitalité de la société civile et de permettre de futures baisses des prélèvements obligatoires, donc de renforcer la compétitivité de la France, au profit de la création de richesses et d’emplois.

C’est en cela que le deuxième objectif économique vital, celui du redressement du commerce extérieur, n’est pas incompatible, bien au contraire, avec celui de l’assainissement des finances publiques. Le commerce extérieur de la France, en raison il est vrai du surenchérissement structurel du coût des énergies fossiles et en particulier du pétrole, a atteint un déficit record de soixante-dix milliards d’euros en 2011, malgré les bonnes mesures engagées ces dernières années pour soutenir nos entreprises.

Pour régler cette contradiction du surendettement de la puissance publique et du taux, également record, des prélèvements obligatoires qui plombe la compétitivité des entreprises et donc porte atteinte au solde du commerce extérieur, il est là aussi nécessaire d’insister sur la baisse plus que souhaitable de la dépense publique non productive et d’engager une politique durable de l’offre. C’est pour cela qu’il serait catastrophique d’interrompre le processus de réorientation du système des prélèvements fiscaux et sociaux engagé par Nicolas Sarkozy, avec un allègement des charges qui pèsent sur le travail et un transfert du coût vers la fiscalité générale.

L’objectif est en effet de renforcer les trois facteurs de production que sont l’emploi – ou travail  -, l’investissement – ou capital -, l’environnement au sens large dans lequel évolue l’entreprise – ou externalités. Il est vital ainsi d’améliorer la compétitivité du travail, celle du capital (ce qui incite à se méfier de la démagogie sur la taxation du capital ; il faut surtout que l’épargne des Français, traditionnellement orientée vers la pierre et l’État, se destine beaucoup plus à l’appareil productif) et toutes les externalités positives (formation, transports, logement pour actifs, animation des territoires, etc) qui rendent un pays plus tonique, innovant et attractif sur le plan économique.

Pour une politique durable de l’offre

Des mesures positives et importantes ont été prises ces dernières années, telles la défiscalisation des heures supplémentaires qui a profité à la fois à la compétitivité-travail des entreprises et au pouvoir d’achat des salariés, sans obérer les finances publiques puisqu’il s’agissait de flux de travail supplémentaire (même si bien sûr des effets d’aubaine ont pu s’avérer), le crédit impôt recherche, l’autonomie et le renforcement des moyens des Universités, les investissements d’avenir dans le cadre du grand emprunt sous l’autorité de René Ricol, le lancement du Grand Paris dont on ne parle hélas pas assez et qui correspond à une nécessaire ambition d’attractivité territoriale française, le développement des pôles de compétitivité pour stimuler l’avènement d’une économie créative, la réforme de la taxe professionnelle qui s’est traduite concrètement pas six milliards d’euros de prélèvements en moins sur les entreprises, notamment industrielles, la réforme des retraites qui a permis de sauver pour plusieurs années le régime par répartition en évitant des prélèvements sociaux supplémentaires, la TVA dite anti-délocalisation prévue pour les prochains mois.

Toutes ces dispositions renforcent indéniablement la compétitivité globale de la France. Beaucoup de leurs effets bénéfiques ne sont pas immédiatement perceptibles.

La compétitivité-prix et la compétitivité-qualité, dans le cadre d’une politique de l’offre globale et durable, doivent être renforcées au cours du prochain mandat présidentiel. Or, c’est manifestement Nicolas Sarkozy qui aujourd’hui répond le plus à cette exigence.

Son travail progressif de déplacement de la pesanteur des prélèvements, en transférant les plus pénalisants pour le tissu économique et social vers le budget général, doit continuer. Avec pour objectif à terme aussi de diminuer ce montant global des prélèvements obligatoires ; parce qu’il n’y a pas de liberté sans souveraineté, de souveraineté sans indépendance, d’indépendance sans une économie forte, d’économie forte sans entreprises compétitives, d’entreprises compétitives dans un pays « surfiscalisé » et suradministré.

Les talents entrepreneuriaux et les forces créatives doivent trouver en France un terrain favorable pour se développer, faire face à la concurrence étrangère et conquérir les marchés de demain.

« L’économie verte » s’inscrit parmi les nouveaux horizons économiques porteurs de croissance qui exigent une filière française capable d’affronter la compétition mondiale. Du point de vue de la demande, le choix du consommateur et de l’investisseur intègre de plus en plus le respect des critères environnementaux (souvent labellisés), composantes dés lors de l’attractivité des territoires et de la compétitivité des produits.

Mais la problématique écologique est bien plus vaste et lourde de sens. 

Le défi écologique

Le défi n’est pas simplement économique et social, il est également civilisationnel. Il consiste en effet, à l’échelle du globe, à sortir de la dépendance au pétrole et aux énergies fossiles pour sauver rien de moins que la planète et l’espèce humaine. C’est bien un défi structurel et vital, immédiat et durable dont il s’agit : celui de l’exigence écologique.

Puisque les écologistes ont précisément abandonné le terrain de l’environnement pour un dogmatisme partisan qui les met en concurrence avec Madame Arthaud et Monsieur Poutou, il faut s’occuper de la menace qui pèse sur notre planète et l’humanité, reléguée au second rang de notre attention en raison de la crise économique et des difficultés, parfois des drames humains immédiats, qu’elle engendre.

La grande question qui peut « mettre tout le monde d’accord » est celle de l’énergie, en liant le rapport à l’utilisation de la planète au rapport à l’économie (c’est-à-dire à la création de valeur et à son partage). A titre d’exemple, la facture énergétique de la France a augmentée 32% en 2011 par rapport à 2010, en atteignant 61,4 milliards d’euros en raison de l’augmentation du cours du pétrole, dont le cours a atteint les cent onze dollars le baril (et la hausse s’amplifie en 2012). Cette facture énergétique de l’hexagone a représenté 3,1% du PIB en 2011 contre 2,5% en 2010.

Il y a par conséquent une nécessité économique de remettre en cause le modèle de développement fondé sur les énergies fossiles en général, le pétrole en particulier, dont en outre le tarissement est aujourd’hui une perspective planifiée.

Nécessité écologique aussi, évidement. L’année 2011 aura permis de sortir des polémiques sur les travaux du GIEC et de conclure que, si bien sûr il reste une marge d’erreurs dans lesdits travaux, le réchauffement climatique accéléré constitue une réalité, qui dépend au moins en partie des activités humaines. Le seuil problématique des 2 degrés centigrade de température supplémentaire habituellement évoqué, déjà sources de nombreux bouleversements potentiellement dramatiques, semble difficile à contenir à terme. En effet, la teneur atmosphérique de CO2, qui depuis des milliers d’années garantit un équilibre climatique vertueux pour la vie sur la planète, est passée en moins de cent ans de son taux stable de 270 ppm (partie par million) à 380 ppm.

Le modèle du développement basé sur l’énergie fossile est donc « au bout du bout ». Pourtant, qui aujourd’hui dans le débat public le remet sérieusement en cause auprès du grand public ? Quels seront la politique et le message de la France sur les actions fondamentales à engager dans ce registre ?

Nouvelle conscience, nouvelle énergie, nouvelle société ?

Ne laissons pas ces questions aux écologistes malthusiens, qui d’ailleurs les ont abandonnées en préférant faire de l’épicerie politicienne et en s’enfermant dans un discours gauchiste d’un autre âge.

La dépendance énergétique de la croissance, le tarissement des réserves de pétrole, donc le surenchérissement exponentiel des coûts de revient qui menace toute l’activité économique, le développement en Chine d’autres énergies encore plus polluantes telles le charbon, la précarité énergétique croissante de familles entières dans nos pays dits riches (13% en France des ménages sont dans cette situation de précarité énergétique, en habitant dans des logements mal isolés et donc souvent polluants et ayant du mal à régler les factures de chauffage), le caractère de plus en plus obsolète du développement périurbain pavillonnaire, qui avait placé l’automobile au cœur du « modèle de mode de vie » et concrètement de la vie quotidienne, soulignent l’ardente nécessité démocratique de poser ce débat et d’en faire une préoccupation citoyenne majeure.

Une conscience mondiale s’en empare. Elle émerge et se développe, notamment via Internet et les réseaux sociaux, et instaure une nouvelle démocratie horizontale.

Ce débat doit avoir lieu aussi en France ; il est le préalable sine qua non pour que des décisions à la fois radicales et acceptées, car acceptables et porteuses d’espoir, soient prises.

Là encore, le mandat présidentiel qui s’achève a fourni des avancées considérables, trop tues. Elles se concentrent et s’incarnent dans le Grenelle de l’environnement, à la fois par sa méthode collaborative d’élaboration et par les dispositions législatives qui en ont découlées.

Mais il s’agit d’une goutte d’eau – décisive car initiatrice – dans un océan de politiques publiques à engager à l’échelle planétaire pour sortir de la spirale destructrice dans laquelle nous sommes et assurer la survie de l’espèce humaine, selon un nouveau rapport à la nature.

L’échéance environnementale renvoie à toutes les problématiques, les difficultés, les enjeux de la politique au 21ème siècle :

  • elle est mondiale, car elle nécessite des mesures coordonnées sur tout le globe ;
  • elle contredit nombre de paradigmes économiques et juridiques dans lesquels nous vivons (elle pose par exemple la question du « droit d’ingérence environnementale ») ;
  • elle exige des négociations équilibrées entre grands pôles politiques régionaux et passe par l’avènement d’une nouvelle diplomatie ;
  • elle souligne ainsi la nécessité d’une Europe politique capable de proposer et d’obtenir de la Chine, de l’Inde, des États-Unis, de la Russie, des mesures fortes et partagées, dont des normes environnementales mondiales, contrôlées, avec des sanctions réelles et appliquées.

Cette approche, qui semble aussi utopique que nécessaire, suffirait-elle à sauver la planète et notre espèce ? Le salut de notre espèce ne viendra-t-il pas d’une sorte d’application de la réalité augmentée à l’homme, qui choisirait alors pour sa survie de devenir mutant, en s’adaptant de façon accélérée à la nouvelle donne climatique et écologique qu’il a lui-même provoquée ? La question n’est pas farfelue, l’hypothèse n’est pas fantaisiste. Des scientifiques et penseurs dits « transhumanistes » y travaillent sans relâche, notamment en Californie, dans les domaines des nanotechnologies, de la cybernétique, des neurosciences, des biotechnologies, etc. Avec de nombreuses dérives, de nombreux dangers potentiels.

Attention donc, ces interrogations ne sont ni virtuelles, ni neutres. Elles devraient être abordées au cours du débat de la principale échéance politique française. Car elles sont, par essence, politiques. Elles renvoient à la vision de l’organisation de la société, aux questions de bioéthique, au rapport à la vie, à l’autre, à la conception même de l’homme.

Pour le dire autrement, l’enjeu environnemental est si fort qu’il produira non seulement de nouvelles politiques publiques, mais aussi une nouvelle éthique, une nouvelle morale, bref une nouvelle philosophie et certainement une nouvelle religiosité. Un nouveau paradigme pour et par un nouveau monde. Tentons d’en être les artisans plutôt que les victimes.

Sinon, vous mangez hallal ou pas ?

David Lisnard, mercredi 28 mars 2012

 

posted 28 mars 2012 - 16 h 18 min in Oui ou Non by

Chabadabadabada, c’est la journée de la femme

Je ne suis pas spontanément partisan de la célébration d'une journée de la Femme. Cela pose d'emblée le postulat qu'une moitié de l'humanité se distinguerait en "creux" et en "faiblesse" de sa moitié jumelle.

Ce n'est pas ma vision de l'Homme. Mais enfin, cette journée existe et elle a au moins le mérite de rendre hommage aux femmes, de dénoncer les discriminations dont elles restent victimes dans de nombreux pays et même en France dans trop de domaines.

 

Soyons clairs, si à mon sens les critères de féminité et masculinité relèvent de paramètres qui heureusement ne sont pas du ressort de l’action politique mais de l’analyse scientifique (dont l'anthropologie) et de la considération mutuelle des uns (des unes) à l'égard des autres, en revanche, force est de constater que le critère de parité, qui lui, relève de la sphère publique, est loin d'être établi. Si ce n'est dans les textes, du moins dans les pratiques.

 

Je préfère travailler avec un homme compétent qu'avec une femme incompétente, avec une femme compétente qu'avec un homme incompétent ; et pour tout vous dire, je ne me pose pas la question. En revanche, je suis scandalisé qu'en 2012, à compétence et poste égaux, une femme puisse encore gagner en France jusqu'à 20 % de moins qu'un homme. Je suis outré que certains posent la question de la polygamie, mais que dans un sens !

 

 A  titre personnel, professionnel ou politique, sur le plan des droits et de la considération à porter à autrui, je n'ai jamais considéré qu'il y avait de ligne de démarcation entre les sexes. Je ne vois pas autour de moi des hommes ou des femmes, mais des collègues, des collaborateurs, des clients, des fournisseurs, des militants, des citoyens, etc, bref des relations  sociales, de travail ou d'engagement… indistinctement du sexe, de  l'origine, de la condition, du physique. 

 

Je dois même dire que je n'ai qu'à me féliciter de cette mixité et, contrairement à des clichés encore trop répandus dans certains milieux, certaines femmes sont bien plus volontaires, pugnaces, franches et "en gros" solides que bien des hommes… L’inverse aussi peut être vrai !

 

Mais la parité pose problème car la discrimination purement sexuée, combattue par des textes, notamment la loi du 8 juillet 1999 relative à l'égalité entre les hommes et les femmes, loi constitutionnelle dite de parité, masque d'autres discriminations plus "rampantes" et renvoyant à la même problématique.

 

En effet, qu'en est-il par exemple de la discrimination à l'allure, inavouée mais source de discrimination dans la discrimination ? Qu'en est-il de la confiance en soi, véritable critère de discrimination "intériorisée" et d'élimination des femmes qui, à compétences égales, n'osent pas toujours valoriser leur savoir-faire ou leur expérience.

 

Accompagner la parité c'est aussi donner aux recruteurs les outils et les réflexes pour valoriser ce potentiel et positiver un apport réellement essentiel dans une entreprise ou au sein d'une équipe.

 

Aujourd'hui encore, on compte seulement 12 femmes à la tête des cinq cents plus grandes entreprises du monde. Autant d'arbres qui cachent une immense – et injuste – forêt. En France les femmes occupent 57% des postes de la fonciton publique de l'Etat et 12% des emplois supérieurs au sein de cette administration et de la magistrature.

 

Bien sûr, et c'est sain, des progrès considérables sont enregistrés notamment en politique, car il fallait bien balayer devant sa porte, où en 2011, 76 femmes ont été élues au Sénat et représentent 21,8% de la Haute Assemblée.

Lors des législatives de 2007, la proportion de femmes élues a atteint 18,5%, soit un net progrès par rapport à 2002 (12,5%). Si l'on compte 48% de femmes dans les Conseils régionaux en 2010 contre 47,6% en 2004 et 27,5% en 1998, seules deux femmes sont à la tête d'une Région. Aux élections municipales de 2008, le pourcentage des conseillères municipales est passé à 35%. Mais malgré ces chiffres encourageants, seuls 13,8% des Maires sont des femmes et celles-ci ne dirigent que 6 des 38 communes de plus 100 000 habitants.

Ne parlons pas des tendances lourdes et persistantes qui indiquant que, bien que proportionnellement plus nombreuses que les hommes à accéder aux études supérieures, les femmes demeurent moins présentes dans les filières les plus cotées, subissent davantage de chômage, de temps partiel non choisi, avec un écart de salaire moyen en leur défaveur.

 

La question de la parité renvoie donc bel et bien à des choix ou du moins des approches de société. Il existerait une sorte de "plafond de verre" qui freine la stricte équité entre le traitement des hommes et des femmes.

 

Ces freins sont sociaux et culturels :

 

- la gestion des temps, l'articulation des trois vies : vie de famille-vie professionnelle – vie associative;

 

- les représentations stéréotypées des places et des rôles des hommes et des femmes dans la société (cette division des rôles légitime dans le mauvais sens les inégalités constatées à l'accès aux postes de décisions);

 

- le rapport au pouvoir et aux responsabilités (par construction culturelle les femmes ont plus de mal à se projeter dans des emplois à fortes responsabilités);

 

- la dévalorisation "intériorisée" et la sous-estimation des compétences et des ressources des femmes… y compris par les intéressées elles-mêmes !

 

Ces freins sont aussi organisationnels et structurels :

 

- la gestion des ressources humaines;

 

- l'organisation de la vie associative, professionnelle et politique qui intègre peu les contraintes familiales qui se posent essentiellement aux femmes au sein du foyer; le cumul des mandats et les pratiques de cooptation qui restent défavorables aux femmes.

 

Si la journée de la femme permet de faire un zoom sur ces questions et de faire avancer les choses, alors célébrons-là, mais allons plus  loin et posons la vraie question de la parité en général : si le salaire de la mère est supérieur à celle du père au sein d'une famille, il est probable que les rôles domestiques traditonnels s'inversent. Est-on bien certains alors que la discrimination vise les femmes ?

 

Ne vise-t-elle pas plutôt le maillon faible économique du foyer, qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme ? Si,ayant épuisé toutes le voies de l'embauche, un homme décide de postuler comme assistant maternel, ne se heurte-il pas à une discrimination à l'embauche aussi injuste que celle faite aux femmes dans d'autres métiers, mais en vertus des même a priori ?

 

Oui, profitons de cette journée dédiée pour dépasser la question de la Femme et poser celle de la parité, avec franchise, réalisme et pragmatisme.

 

Quelques pistes se dégagent :

 

 - sensibiliser l'ensemble des partenaires à la nécessaire articulation entre parentalité et emploi;

 

- mobiliser les employeurs à de nouveaux modes d'organisation du travail (qui bénéficierait autant aux mères de familles qu'à cette fameuse génération Y sans enfants, mais en demande d'espace personnel pour être plus productive et créative);

 

- développer des moyens y compris fiscalement attractifs pour faciliter cette conciliation (comme le chèque emploi service universel).

 

Voilà les pistes les plus immédiates pour encourager une vraie parité parce qu'elle encourage avant tout la liberté des familles de disposer d'elles mêmes et stimule la libre reconnaissance des femmes de leur propre potentiel.

 

En ce 8 mars 2012, l'homme est plus que jamais le meilleur allié de la femme.

 

J'espère que ces quelques données bien sommaires et ces pistes de réflexion, tracées à grands traits, auront apporté un peu d'eau au moulin d'une République qui ne "stigmatise pas", puisque ce verbe est passé maître dans la défense de nos idéaux.

 

Ne pas stigmatiser les femmes, ce n'est pas diminuer, bien au contraire, l'homme, avec un grand H et un petit h.

 

posted 8 mars 2012 - 12 h 12 min in Debats by

Dimanche 19 février 2012: Au côté de la délégation de militants UMP de la 8ème circonscription 06 à Marseille pour le discours d’entrée en campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy

 

 

posted 23 février 2012 - 11 h 20 min in Debats, Sur le terrain by

Mardi 7 février 2012: Dîner de travail et de mobilisation organisé par Nathalie Kosciusko-Morizet

Le but de cette rencontre : réfléchir aux moyens de soutenir le Président de la République, Nicolas Sarkozy, autour de la définition d’un projet qui mette en avant le besoin d’un renouveau de l’offre politique axée notamment sur l’économie créative et tournée vers l’environnement.

 

 

posted 15 février 2012 - 17 h 17 min in Debats by

Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc

 

Nom d’usage : Jeanne d’Arc

Lieu de naissance : Vosges (88)

Sexe : féminin au départ, celui des anges à l'arrivée

Age : 600 ans

Situation : pucelle, martyr, canonisée

Carrière : figure de proue

 

Avec son état civil hors du commun, Jeanne d’Arc a traversé le temps, figée dans l’éclat de son innocence, de son courage et de son martyr qui ont tour à tour ciselé sa légende, la fable de son épopée, et aujourd’hui aussi -hélas-, le fond d’un commerce politicien qui fait son miel de sa « pureté » en croyant se refaire annuellement une virginité.

 

Ce type de récupération politique est malheureusement un basculement classique. Il menace les grands visages de notre mythologie nationale toutes les fois que notre système éducatif abandonne son canal de transmission légitime. La polémique sur le génocide arménien et, au-delà, sur la condamnation des révisionnismes, en est la plus récente illustration.

 

Ainsi donc, ces vingt dernières années, l’histoire de Jeanne d’Arc s’est écrite sous la dictée du Front National qui n’a pas hésité à tremper sa plume dans une encre peu sympathique ; au point de dénier aujourd’hui au Président de la République lui-même la légitimité d’une simple commémoration !

 

Tout le débat est là : qui doit écrire l’histoire et que doit-on en retenir pour que les futures générations aient à la fois la « tête bien faite et bien pleine » de discernement qui, en affûtant l’esprit, la connaissance et la curiosité, fera les citoyens responsables de demain ?

 

L’histoire ne s’apprend plus parce qu’elle ne se fait plus. Ou si peu (on « chronique » désormais). Nos enfants savent-ils tous par exemple qu’Henry IV n’avait pas qu’un panache blanc et une poule au pot ? Son plus grand mérite et son talent le plus durable ont été l’exemple de sa gestion stratégique des guerres de religions que se livraient déjà des « factions » ennemies au nom de la fraternité entre les hommes ; cette fameuse messe à laquelle il a consenti, parce que Paris le « vaut bien », a modelé la France jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV.

 

Le Panthéon patriotique a de l’avenir

Quoi qu’il en soit, soyons lucides, les personnages de l’histoire restent une glaise malléable dans l’atelier des sculpteurs politiques. Certains n’hésiteront pas à retoucher les visages pour s’approprier les légendes.

Alors, que cela soit fait à tout le moins dans un esprit républicain et présenté sans hypocrisie comme une action – nécessaire – de construction de l’identité nationale, dans une dynamique fédératrice, pour rassembler les Français d’aujourd’hui autour d’une figure du passé, dont les vertus exaltées ont valeur d’exemple au présent. C’est le sens des gloires nationales.

 

C’est le sens, la pertinence et la légitimité de l’hommage rendu ce jour par le Président de la République, qui a tellement raison de ne pas abandonner Jeanne d’Arc à un parti politique.

 

Que reste-t-il de l’héroïne un tiers pucelle, un tiers soldat, un tiers sorcière et… un tiers martyr (ce qui fait beaucoup pour une seule personne, auraient pu écrire Vialatte ou Desproges) ?

 

Cette plénitude héroïque de Jeanne d'Arc connaîtra son aboutissement abolu dans la sainteté, une sainteté populaire. Puisque, pour couronner en quelque sorte son martyr sacrificiel et sa virginité, c'est sa canonisation qui lui a attribué a posteriori sa dimension bien au-delà de l'agitation de son temps.

 

Une dimension qui en fait une icône populaire jusqu'à considérer comme Michelet que "Jeanne d'Arc est un ange qui est le peuple, il est faible, il est nous, il est tout le monde." L'épopée de Jeanne annonce selon lui le rôle du peuple pendant la Révolution. Elle préfigure la prise de la Bastille.

 

Ne la condamnons donc pas à être la figure de proue d’un parti politique, en l’occurrence le Front national, ce qui de surcroît serait à la fois anachronique et antithétique.

 

Anachronique car à l’époque, la nation n’avait encore ni nom ni conscience. Nous parlions de royaume et les fidélités se portaient sur la personne du roi. Nous étions encore bien loin de la Révolution Française qui devait substituer progressivement le concept fort de la nation à réalité charnelle du roi de France puis des Français pour incarner notre pays.

 

La récupération est également antithétique, car s’il est un fil trompeur que le Front national tisse aujourd’hui jusqu’à l’excès, c’est bien celui d’un patriotisme dévoyé. Or, la figure républicaine de Jeanne d’Arc est patriote, pas nationaliste. Le patriotisme – terme lui aussi à ne pas laisser préempter par le Front national – est l’amour de sa patrie, quand le nationalisme devient le rejet des autres. Ce n’est pas qu’un détail, c’est un clivage éthique et moral majeur qui révèle l’enjeu des mots derrière celui de l’histoire. 

 

Fort heureusement, des historiens, des écrivains, des enseignants et des politiques responsables n’abandonnent pas Jeanne d’Arc à un tête à tête avec l’extrême droite. Elle constitue ainsi un emblème, entre légende et récit historique, devenu le creuset de notre conscience nationale. A nous d’en donner un éclairage lumineux en choisissant le « grand angle ». Celui d’une destinée collective à toujours réinventer de façon positive : la destinée de la France.

 

posted 6 janvier 2012 - 13 h 30 min in Debats by