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Concernant la problématique du traitement des déchets ménagers dans l’Ouest des Alpes Maritimes.

 

Lettre ouverte de David Lisnard,
Conseiller Général des Alpes Maritimes,
Président de la commission du développement local et de l’économie, 1er adjoint au Maire de Cannes,

Concernant la problématique du traitement des déchets ménagers dans l’Ouest des Alpes Maritimes.
 

La lecture dans les colonnes de Nice Matin, daté du 27 décembre 2012, toutes éditions, de l’article intitulé « Déchets : et si l’incinérateur de Grasse ne se réalisait pas… » ainsi que des articles en réponse, en date du 28 et 29 décembre, appelle des compléments d’informations et souligne la nécessité de poser une fois pour toutes le débat sur la problématique des déchets ménagers dans l’ouest des Alpes-Maritimes. Comme tout grand service public, celui des déchets exige la recherche permanente du meilleur processus au juste prix, dans l’intérêt des usagers et des contribuables. Dans cet esprit, je plaide depuis longtemps en faveur de la mise en commun à l’échelle des Alpes- Maritimes, des équipements pour le traitement des déchets ménagers. Cette approche me semble être la plus conforme aux dispositions des lois de 1975 et 1992 relatives à l’élimination des déchets, comme aux mesures du Grenelle de l’Environnement. Cannes accueille d’ailleurs un équipement départemental depuis 10 ans : le centre de tri des emballages ménagers. Une telle démarche vise à optimiser les équipements existants dans l’intérêt de toutes les parties et de dimensionner au juste besoin, donc au juste prix, ceux à venir.

De nouveaux équipements dans la chaine de traitement des ordures ménagères sont en effet nécessaires à l’ouest des Alpes-Maritimes, afin d’éviter les exportations de déchets hors du département. La question du portage administratif de ces infrastructures est importante mais le débat est aussi pertinent autour du dimensionnement des ouvrages.

Le projet du SIVADES comprend deux unités complémentaires de traitement des déchets : un centre de valorisation organique (CVO) et une unité thermique (UT), dimensionnées pour accueillir la totalité de la production d’ordures ménagères du SIVADES soit 90 000 t/an.

Or, depuis deux ans, grâce à la mise en service du CVO du syndicat mixte d’élimination des déchets (SMED) et grâce à la solidarité des syndicats et collectivités compétents, de nouvelles capacités de traitement des ordures ménagères à l’échelle du département ont émergé et ont constitué de véritables opportunités techniques et économiques pour le SIVADES. Cumulées aux capacités déjà mises à disposition, près de 60 000 tonnes d’ordures ménagères peuvent désormais être prises en charge par les « vides de capacité » des opérateurs publics locaux du département. A cela viendra s’ajouter, dans le courant de l’année 2013, l’ouverture du centre de traitement privé du PAL à Lingostière, pour la valorisation des encombrants qui peut potentiellement libérer des capacités dans les centres de traitement des ordures ménagères actuels.

Si ces disponibilités sont confirmées et stabilisées dans la durée, c’est finalement l’organisation et le dimensionnement de la filière complète du projet qui sont bouleversés.

Le nouveau dispositif doit correspondre aux besoins (sans surdimensionnement) et ne pas fragiliser les autres autorités organisatrices du service de traitement des déchets, partenaires du SIVADES.

Une telle démarche nécessite que le SIVADES change son approche et sorte d’une vision limitée à ses propres besoins, voire coûteuse par les doublons d’équipements qu’elle pourrait générer à l’échelle du département, sans pour autant se désengager de sa responsabilité en tant que producteur de déchets. Le projet doit s’inscrire dans une réflexion plus large et plus générale qui privilégie la complémentarité des modes de traitement a minima à l’échelle de l’ouest du département, voire de l’ensemble du département. Il en va de la pertinence technique et économique de l’opération.

En toute hypothèse, le projet du SIVADES en l’état ne peut être mené à son terme.

Il me parait dès lors essentiel pour le syndicat et ses communes membres de travailler avec les différents opérateurs publics du département au premier rang desquels le Conseil Général, dans l’intérêt de toutes les parties, donc du contribuable et des usagers. Il s’agit pour le SIVADES de parvenir à mettre en place une nouvelle filière de traitement qui vienne compléter et renforcer le dispositif départemental existant.

La réflexion sur l’intercommunalité dans le département a modifié l’approche de la question des déchets. Certes, la carte intercommunale arrêtée récemment par la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) va induire des conséquences sur l’organisation juridique du portage des projets. Mais bien en amont déjà, grâce au travail sur l’intercommunalité de l’Ouest, le dialogue a été ouvert entre la Ville de Cannes et celle de Mandelieu-la Napoule, pour éviter des doublons d’équipements distants seulement de quelques centaines de mètres, prévus par leur syndicat respectif de traitement des déchets, SIVADES et UNIVALOM. Les services techniques de ces deux syndicats ont alors pu se mettre autour d’une table et des pistes de collaboration ont émergé. Il n’a jamais été question d’envoyer tous nos déchets dans l’incinérateur d’Antibes, il n’a jamais non plus été évoqué de vides de capacité supplémentaires autres que ceux dont le SIVADES dispose déjà.

Josette Balden, présidente d’UNIVALOM, et Jean Leonetti, président de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis et Député-maire d’Antibes, ont toujours été constants sur ces questions, et Jean Leonetti l’a d’ailleurs très clairement rappelé lors des précédentes CDCI tant en 2011 qu’en 2012.

Les pistes évoquées concernaient les tarifs d’accueil des déchets dans les installations respectives existantes des syndicats, ainsi que la possibilité d’organiser des filières de valorisation spécifiques en commun (déchets verts et encombrants)

La future agglomération des Pays de Lérins a retenu en effet la compétence du traitement des déchets. Les communes de Mougins, Le Cannet, Mandelieu et Théoule, membres actuellement d’UNIVALOM, souhaitent réintégrer ce syndicat via la nouvelle agglomération tant pour les avantages financiers que techniques qu’il propose. Nous les soutenons dans cette approche et le traitement des déchets produits à Cannes sera débattu avec ces communes dans le cadre de la nouvelle agglomération, ainsi qu’avec les syndicats d’UNIVALOM et du SIVADES.

Le règlement du dossier du traitement des déchets est une problématique partagée par tous. Elle doit s’envisager a minima à l’échelle de l’arrondissement de Grasse et mieux encore à l’échelle du département des Alpes-Maritimes. C’est la façon la plus efficace et constructive de travailler entre les différents opérateurs publics, le Conseil Général et les services de l’Etat.

Depuis l’origine du projet de construction par le SIVADES d’une filière de traitement des déchets ménagers, la Ville de Cannes que mon collègue Christophe Santelli-Estrany et moi-même représentons au SIVADES, porte une attention toute particulière à ce que ce projet soit élaboré dans le respect de la réglementation, du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers (PEDMA06), tout en répondant à l’optimisation des modes de traitement présents et fonctionnels sur le territoire. Le SIVADES devra, bien sûr, s’engager sur la réalisation d’équipements de traitement des déchets mais définis autrement, dans une réflexion plus large et en collaboration avec les opérateurs actuels.

Nous appelons de nos vœux une solution technique cohérente, pragmatique et efficace sur les plans environnemental et économique, pour le traitement des 90000 tonnes d’ordures ménagères produites dans le périmètre du SIVADES. Une approche pragmatique, économe des deniers publics et rapide semble aujourd’hui possible. Ne laissons pas passer cette opportunité et réunissons toutes les parties concernées dans le département pour élaborer une solution partagée, de bon sens, qui échappe à toute autre considération.

David LISNARD

 

posted 4 janvier 2013 - 9 h 37 min in Oui ou Non by

Macro déchets mer, qu’en est-il ?

La problématique des macro-déchets en mer est bien réelle et aucune cité balnéaire de France ou d’ailleurs n’est épargnée. Ces déchets polluent et menacent la survie d'une partie de la flore et de la faune marines.
Les chiffres sont éloquents : selon l’ONU, chaque kilomètre carré de mer et d’océan contiendrait 120.000 morceaux de plastique flottants.
 
Evidemment, la Méditerranée n’est pas épargnée par ce fléau ; la baie de Cannes non plus. Mais il convient d'être précis sur le constat de la situation comme des actions menées et de remettre les choses dans leur exactitude.
D'abord, la qualité de l'eau de mer à Cannes est très bonne. Tous les contrôles vétérinaires, publics et affichés, en témoignent. Le pavillon bleu a été attribué aussi sur ce critère, et, à moins de plonger dans les émergences des valons puis, comme le font hélas les agitateurs toujours prompts à dénigrer la côte d'azur, de filmer les grilles qui retiennent les bouteilles usagées et autres plastiques chariés dans les eaux de pluie, tout baigneur constate dans l'immense majorité des situations une eau et des fonds préservés.
 
Ensuite, l'amoncellement de macro-déchets provient en majeure partie des vallons pluviaux – y compris ceux situés dans les communes environnantes – et qui se déversent en mer, et non "des festivaliers qui profitent de la Croisette".
 
Le parcours des eaux pluviales, drainant ces macro-déchets en baie de Cannes, est constitué de 8 700 grilles/avaloirs, 162 kilomètres de réseaux d’eaux pluviales et environ 40 kilomètres de vallons dont 60 à 70% sont sur le domaine privé.
 
Tous ces déchets proviennent principalement de l’incivisme de trop nombreuses personnes qui les jettent hors des process de collecte et se retrouvent dans les eaux pluviales.
 
La Ville de Cannes n’a pas attendu que les medias s’emparent de ce sujet pour prendre en compte la nécessité d’intervenir de façon concrète et efficace. On est très loin de l’inertie des pouvoirs publics que certains souhaitent dénoncer.
 
Si la récupération des déchets directement à la sortie des vallons par la mise en place de grilles n’est pas envisageable pour des raisons évidentes de sécurité en cas de fortes pluies (de même qu’une récupération dès l’avaloir dans le caniveau pour les mêmes raisons), un système de rétention dans des bacs de décantation a été mis en place dans la totalité des avaloirs ce qui permet de récupérer plus de 200 tonnes par an de déchets en amont.
 
Cela ne suffit pas à traiter l’ensemble de la problématique des macro-déchets. La municipalité a donc initié des opérations de nettoiement de la surface du plan d’eau et des fonds marins :
- Plus de 50 tonnes de déchets sont ainsi récupérées chaque année par deux navires du SIPLOP (Syndicat Intercommunal pour la Protection du Littoral Ouest contre la Pollution équipés de filets pour récupérer les déchets en surface ;
- Aussi, cet hiver (octobre et février), la bande de O à 200 mètres devant La Croisette a été entièrement nettoyée par des plongeurs mandatés par la Ville sur marché public.Cette opération sera renouvelée après le Festival et de nouveau après la période estivale.
 
Bien d’autres actions concrètes sont menées par la Ville de Cannes notamment à travers le Contrat de Baie qu’elle a initié en 2004 pour protéger et valoriser le milieu marin et le bassin versant.
 
Depuis 2006, des contrôles sont effectués par la Ville pour surveiller la qualité de ses eaux de baignade en plus des contrôles effectués par les services de l’Etat. Cette surveillance accrue a permis à Cannes d’être titulaire depuis 2010 du fameux Pavillon Bleu.
 
Enfin, l’investissement de 77 millions d’Euros à travers le SIAUBC pour la construction de la station d’épuration Aquaviva dont Cannes est à l’origine permet dobtenir à présent un traitement des eaux usées et des eaux pluviales dans des conditions optimales et au-delà de toutes les normes environnementales édictées par l’Union Européenne en la matière.
 
Enfin, de nombreuses actions de sensibilisation au respect de l’environnement sont menées toute l’année par les services de la Ville auprès des particuliers, hôteliers, plaisanciers…
 
Toutes ces actions réelles, concrètes, positives, montrent bien que non seulement la municipalité de Cannes est consciente de cette problématique de macro-déchets en mer mais qu’elle n’a pas attendu pour agir afin de protéger du mieux possiblece qui fait aussi sa richesse : son milieu marin.
Le mieux est que chacun vienne à Cannes, se baigne depuis les plages du midi, de la Croisette, au Mouré rouge, entre les îles de Lérins et se fasse son opinion.
Filmer dans un conteneur à poubelles ne permet pas de démontrer qu'une rue est salle. Il en est de même pour les vidéos qui circulent sur le net, tournées à l'émergence d'un vallon.
 

 

posted 16 mai 2012 - 16 h 45 min in Debats, Oui ou Non by

Annonce des résultats de l’Election Présidentielle 2012

Cannes, le 6 mai 2012
Réaction de David Lisnard,
Conseiller Général des Alpes-Maritimes
Premier-Adjoint au Maire de Cannes
Chargé de Mission National de l’UMP
 
 
« Les urnes ont parlé. François Hollande est le nouveau Président de la République. Ce choix est celui d’une majorité de Français. Parce que l'intérêt général passe à mes yeux avant les considérations partisanes, il faut non seulement en respecter le résultat mais souhaiter que     le nouveau Président de la République réussisse son mandat au service du Pays.

J’en doute cependant profondément. En allant voter ce matin, je ne croyais pas à la pertinence du programme de François Hollande comme à ses capacités d'homme d'État ; je n'ai aucune raison de plus y croire ce soir. Le socialisme est un archaïsme, il ne peut mener qu’à de graves désillusions.

Je regrette donc pour mon pays ce résultat et suis certain que le temps et l'objectivité rendront grâce à Nicolas Sarkozy d'avoir mené courageusement une action nécessaire, ingrate et décisive pour la France. Il a affronté avec solidité, compétence, dignité, la plus grande crise des cinquante dernières années, en plaçant toujours l’intérêt national avant son intérêt électoral.

La nouvelle opposition présidentielle devra faire preuve d’une grande vigilance et d’une combativité intacte au service des valeurs de la liberté, de l’autorité républicaine et du mérite.

Une nouvelle période politique commence, une nouvelle campagne électorale débute

Le temps n’est pas aux états d’âme, mais au combat électoral des 10 et 17 juin.

Il faut tout de suite préparer les prochaines échéances, celles des législatives. Dans le nouveau contexte national, cette autre campagne qui débute ce soir revêt une importance particulière et nécessite la plus grande mobilisation, dans l'unité.

Dans cet esprit, militant depuis toujours des valeurs de la droite et du centre, je mènerai cette campagne en militant, avec fidélité et conviction au côté de Bernard Brochand, candidat investi par l'UMP dans notre circonscription qui regroupe, outre Cannes, Théoule sur mer, Mandelieu la Napoule et Vallauris.

Député sortant, ayant fait la preuve de ses compétences sur les questions économiques plus que jamais au coeur des enjeux de notre société, très actif pour développer notre bassin de vie, Bernard Brochand doit bénéficier d'une mobilisation sans faille de tous ceux qui pensent que la politique est une chose sérieuse et non un jeu de personnes.

La division au sein de l'Ump serait particulièrement grave dans ce moment national si difficile qu'elle affronte, de surcroit lors d'élections législatives à aussi fort enjeu.

A la place qui sera la mienne, quelle qu’elle soit, j’agirai en première ligne pour la victoire de Bernard Brochand, la victoire des valeurs et des couleurs que nous partageons. »
 
David Lisnard, le 6 mai 2012
20h45

 

posted 6 mai 2012 - 19 h 36 min in Oui ou Non by

Présidentielle : les deux défis capitaux

Après les effroyables tueries de Montauban et Toulouse qui laissent une meurtrissure morale, la campagne électorale a repris. Il y a évidemment un avant et un après. Faisons en sorte que celui-ci porte aussi sur les enjeux les plus structurants, les plus importants des prochaines années. Or, ces enjeux ne sont pas forcément ceux qui prévalaient jusqu’alors dans le champ médiatique électoral.

Dans une éthique de responsabilité, le débat doit permettre une prise de conscience collective sur le défi économique et écologique qu’il nous faut affronter.

Le choix par les électeurs du Chef de l’État constitue le rendez-vous majeur de notre vie démocratique. C’est encore plus vrai depuis l’adoption du quinquennat et du calendrier électoral qui fait succéder les législatives à la présidentielle. En cette année 2012, au regard de la violence des chocs économiques et sociaux qu’affronte notre continent et du changement d’équilibre international que nous vivons avec l’installation d’un monde multipolaire, le désignation de« la bonne personne au bon poste », au sommet de nos institutions, en l’occurrence d’un individu de caractère, susceptible d’adapter notre pays à son époque et d’incarner la France, revêt un enjeu particulier et s’inscrit dans une dramatique exacerbée.

De façon liminaire, pour que les choses soient claires et le lecteur averti, la comparaison des candidats me confirme dans mon choix en faveur de l’actuel Président de la République, dont j’ai la conviction forte est qu’il est le plus réformiste, le plus compétent et le plus courageux de ceux qui se présentent le 22 avril au suffrage des Français.

Le choc des personnalités a bien lieu, il ne manque ni de piquant, ni d’intérêt.

Des propositions sont avancées, elles méritent attention et, pour certaines adhésion.

Des valeurs sont exposées, elles sont indispensables à la vitalité républicaine.

Pourtant, cela ne saurait suffire, loin de là, à construire le choix démocratique le plus pertinent possible.

Les dernières semaines de cette campagne cruciale constitueront aussi, d’aucuns diraient avant tout, l’opportunité d’affirmer une prise de conscience collective à l’égard des défis qu’il nous faut affronter dans l’intérêt de la nation, de notre société, de nos enfants.

Le Président de la République et sa majorité auront à relever comme rarement dans notre histoire de grands défis structurels. Ils nécessitent des mesures qui à la fois sont simples et renvoient à une pensée complexe. C’est bien le cas pour les deux défis capitaux que nous posons ici : le défi économique et social d’une part, le défi environnemental d’autre part.

Ils ne couvrent pas évidemment tout le champ du débat électoral nécessaire. Les questions d’éducation, d’immigration, de citoyenneté, de sécurité, de santé, entre autres, ont toute leur place. Mais d’une part celles-ci sont régulièrement évoquées, d’autre part elles arrivent après les fondamentaux économiques, qui conditionnent les ressources dont disposent l’Etat et les ménages (pouvoir d’achat),  et écologiques, qui remettent en cause l’organisation même à terme de notre contrat économique et social.

Si les citoyens n’ont pas à l’esprit l’acuité des risques encourus, ou s’endorment dans le conformisme, voire se contentent de revendiquer pour défendre des avantages acquis devenus insoutenables et illégitimes, notre pays ne s’en relèvera pas.

Si, en revanche, dans le cadre d’un débat démocratique apaisé, rationnel, partagé, chacun s’empare de ces problématiques pour orienter en responsabilité son vote, la France peut être la nation de la vieille Europe à rebondir avec le plus de force, grâce à ses atouts que constituent notamment sa démographie, sa créativité, la qualité de ses infrastructures, la richesse de son histoire comme de son patrimoine et la beauté de ses paysages, l’énergie de sa jeunesse, la modernité de son universalisme, la solidité de ses valeurs héritées de sa culture gréco-romaine, judéo-chrétienne, libérale, l’audace de ses chefs d’entreprises, son ouverture à la diversité, ses savoir-faire et l’esprit entrepreneurial qui en fait une grande puissance internationale.

Le défi économique

Le défi économique et social, tout d’abord, se décompose lui-même en deux ardentes obligations concomitantes et urgentes :

  • désendetter la puissance publique
  • rétablir le commerce extérieur.

La difficulté est mesurable en milliards d’euros avec une dette publique d’environ mille sept cents milliards d’euros, qui représente 81% du PIB, c’est-à-dire de la richesse produite annuellement sur le territoire (contre 21% en 1980). Circonstance aggravante, le surendettement de la puissance publique s’est fait parallèlement à l’augmentation des prélèvements obligatoires (impôts et charges), ce qui constitue un pervers paradoxe. Ils atteignent aujourd’hui un taux record de 47% du PIB.

Cette réalité, cruelle, incontournable, signifie simplement que le modèle de l’État providence qui nous fait vivre à crédit sur le plan public est à bout de souffle, qu’il faut réduire la dépense publique de façon intelligente c’est-à-dire en limitant le périmètre d’intervention de la sphère administrative. Cette vérité n’est hélas pas entendue par les contempteurs de la mondialisation qui, souvent par facilité, par flatterie électorale, refusent d’affirmer que les problèmes viennent plus de nous que des autres.

Dès lors, chaque candidat doit proposer aux Français des mesures concrètes sur ce point (tout le contraire de ce que fait François Hollande avec une surcharge de quarante-cinq milliards d’euros de prélèvements et de dépenses supplémentaires). Les exemples canadiens, scandinaves, bientôt italiens, peuvent fournir une heureuse source d’inspiration, de même que les rapports de la Cour des Comptes.

Une telle approche aurait comme conséquence vertueuse non seulement de rétablir les comptes publics, mais aussi de stimuler la vitalité de la société civile et de permettre de futures baisses des prélèvements obligatoires, donc de renforcer la compétitivité de la France, au profit de la création de richesses et d’emplois.

C’est en cela que le deuxième objectif économique vital, celui du redressement du commerce extérieur, n’est pas incompatible, bien au contraire, avec celui de l’assainissement des finances publiques. Le commerce extérieur de la France, en raison il est vrai du surenchérissement structurel du coût des énergies fossiles et en particulier du pétrole, a atteint un déficit record de soixante-dix milliards d’euros en 2011, malgré les bonnes mesures engagées ces dernières années pour soutenir nos entreprises.

Pour régler cette contradiction du surendettement de la puissance publique et du taux, également record, des prélèvements obligatoires qui plombe la compétitivité des entreprises et donc porte atteinte au solde du commerce extérieur, il est là aussi nécessaire d’insister sur la baisse plus que souhaitable de la dépense publique non productive et d’engager une politique durable de l’offre. C’est pour cela qu’il serait catastrophique d’interrompre le processus de réorientation du système des prélèvements fiscaux et sociaux engagé par Nicolas Sarkozy, avec un allègement des charges qui pèsent sur le travail et un transfert du coût vers la fiscalité générale.

L’objectif est en effet de renforcer les trois facteurs de production que sont l’emploi – ou travail  -, l’investissement – ou capital -, l’environnement au sens large dans lequel évolue l’entreprise – ou externalités. Il est vital ainsi d’améliorer la compétitivité du travail, celle du capital (ce qui incite à se méfier de la démagogie sur la taxation du capital ; il faut surtout que l’épargne des Français, traditionnellement orientée vers la pierre et l’État, se destine beaucoup plus à l’appareil productif) et toutes les externalités positives (formation, transports, logement pour actifs, animation des territoires, etc) qui rendent un pays plus tonique, innovant et attractif sur le plan économique.

Pour une politique durable de l’offre

Des mesures positives et importantes ont été prises ces dernières années, telles la défiscalisation des heures supplémentaires qui a profité à la fois à la compétitivité-travail des entreprises et au pouvoir d’achat des salariés, sans obérer les finances publiques puisqu’il s’agissait de flux de travail supplémentaire (même si bien sûr des effets d’aubaine ont pu s’avérer), le crédit impôt recherche, l’autonomie et le renforcement des moyens des Universités, les investissements d’avenir dans le cadre du grand emprunt sous l’autorité de René Ricol, le lancement du Grand Paris dont on ne parle hélas pas assez et qui correspond à une nécessaire ambition d’attractivité territoriale française, le développement des pôles de compétitivité pour stimuler l’avènement d’une économie créative, la réforme de la taxe professionnelle qui s’est traduite concrètement pas six milliards d’euros de prélèvements en moins sur les entreprises, notamment industrielles, la réforme des retraites qui a permis de sauver pour plusieurs années le régime par répartition en évitant des prélèvements sociaux supplémentaires, la TVA dite anti-délocalisation prévue pour les prochains mois.

Toutes ces dispositions renforcent indéniablement la compétitivité globale de la France. Beaucoup de leurs effets bénéfiques ne sont pas immédiatement perceptibles.

La compétitivité-prix et la compétitivité-qualité, dans le cadre d’une politique de l’offre globale et durable, doivent être renforcées au cours du prochain mandat présidentiel. Or, c’est manifestement Nicolas Sarkozy qui aujourd’hui répond le plus à cette exigence.

Son travail progressif de déplacement de la pesanteur des prélèvements, en transférant les plus pénalisants pour le tissu économique et social vers le budget général, doit continuer. Avec pour objectif à terme aussi de diminuer ce montant global des prélèvements obligatoires ; parce qu’il n’y a pas de liberté sans souveraineté, de souveraineté sans indépendance, d’indépendance sans une économie forte, d’économie forte sans entreprises compétitives, d’entreprises compétitives dans un pays « surfiscalisé » et suradministré.

Les talents entrepreneuriaux et les forces créatives doivent trouver en France un terrain favorable pour se développer, faire face à la concurrence étrangère et conquérir les marchés de demain.

« L’économie verte » s’inscrit parmi les nouveaux horizons économiques porteurs de croissance qui exigent une filière française capable d’affronter la compétition mondiale. Du point de vue de la demande, le choix du consommateur et de l’investisseur intègre de plus en plus le respect des critères environnementaux (souvent labellisés), composantes dés lors de l’attractivité des territoires et de la compétitivité des produits.

Mais la problématique écologique est bien plus vaste et lourde de sens. 

Le défi écologique

Le défi n’est pas simplement économique et social, il est également civilisationnel. Il consiste en effet, à l’échelle du globe, à sortir de la dépendance au pétrole et aux énergies fossiles pour sauver rien de moins que la planète et l’espèce humaine. C’est bien un défi structurel et vital, immédiat et durable dont il s’agit : celui de l’exigence écologique.

Puisque les écologistes ont précisément abandonné le terrain de l’environnement pour un dogmatisme partisan qui les met en concurrence avec Madame Arthaud et Monsieur Poutou, il faut s’occuper de la menace qui pèse sur notre planète et l’humanité, reléguée au second rang de notre attention en raison de la crise économique et des difficultés, parfois des drames humains immédiats, qu’elle engendre.

La grande question qui peut « mettre tout le monde d’accord » est celle de l’énergie, en liant le rapport à l’utilisation de la planète au rapport à l’économie (c’est-à-dire à la création de valeur et à son partage). A titre d’exemple, la facture énergétique de la France a augmentée 32% en 2011 par rapport à 2010, en atteignant 61,4 milliards d’euros en raison de l’augmentation du cours du pétrole, dont le cours a atteint les cent onze dollars le baril (et la hausse s’amplifie en 2012). Cette facture énergétique de l’hexagone a représenté 3,1% du PIB en 2011 contre 2,5% en 2010.

Il y a par conséquent une nécessité économique de remettre en cause le modèle de développement fondé sur les énergies fossiles en général, le pétrole en particulier, dont en outre le tarissement est aujourd’hui une perspective planifiée.

Nécessité écologique aussi, évidement. L’année 2011 aura permis de sortir des polémiques sur les travaux du GIEC et de conclure que, si bien sûr il reste une marge d’erreurs dans lesdits travaux, le réchauffement climatique accéléré constitue une réalité, qui dépend au moins en partie des activités humaines. Le seuil problématique des 2 degrés centigrade de température supplémentaire habituellement évoqué, déjà sources de nombreux bouleversements potentiellement dramatiques, semble difficile à contenir à terme. En effet, la teneur atmosphérique de CO2, qui depuis des milliers d’années garantit un équilibre climatique vertueux pour la vie sur la planète, est passée en moins de cent ans de son taux stable de 270 ppm (partie par million) à 380 ppm.

Le modèle du développement basé sur l’énergie fossile est donc « au bout du bout ». Pourtant, qui aujourd’hui dans le débat public le remet sérieusement en cause auprès du grand public ? Quels seront la politique et le message de la France sur les actions fondamentales à engager dans ce registre ?

Nouvelle conscience, nouvelle énergie, nouvelle société ?

Ne laissons pas ces questions aux écologistes malthusiens, qui d’ailleurs les ont abandonnées en préférant faire de l’épicerie politicienne et en s’enfermant dans un discours gauchiste d’un autre âge.

La dépendance énergétique de la croissance, le tarissement des réserves de pétrole, donc le surenchérissement exponentiel des coûts de revient qui menace toute l’activité économique, le développement en Chine d’autres énergies encore plus polluantes telles le charbon, la précarité énergétique croissante de familles entières dans nos pays dits riches (13% en France des ménages sont dans cette situation de précarité énergétique, en habitant dans des logements mal isolés et donc souvent polluants et ayant du mal à régler les factures de chauffage), le caractère de plus en plus obsolète du développement périurbain pavillonnaire, qui avait placé l’automobile au cœur du « modèle de mode de vie » et concrètement de la vie quotidienne, soulignent l’ardente nécessité démocratique de poser ce débat et d’en faire une préoccupation citoyenne majeure.

Une conscience mondiale s’en empare. Elle émerge et se développe, notamment via Internet et les réseaux sociaux, et instaure une nouvelle démocratie horizontale.

Ce débat doit avoir lieu aussi en France ; il est le préalable sine qua non pour que des décisions à la fois radicales et acceptées, car acceptables et porteuses d’espoir, soient prises.

Là encore, le mandat présidentiel qui s’achève a fourni des avancées considérables, trop tues. Elles se concentrent et s’incarnent dans le Grenelle de l’environnement, à la fois par sa méthode collaborative d’élaboration et par les dispositions législatives qui en ont découlées.

Mais il s’agit d’une goutte d’eau – décisive car initiatrice – dans un océan de politiques publiques à engager à l’échelle planétaire pour sortir de la spirale destructrice dans laquelle nous sommes et assurer la survie de l’espèce humaine, selon un nouveau rapport à la nature.

L’échéance environnementale renvoie à toutes les problématiques, les difficultés, les enjeux de la politique au 21ème siècle :

  • elle est mondiale, car elle nécessite des mesures coordonnées sur tout le globe ;
  • elle contredit nombre de paradigmes économiques et juridiques dans lesquels nous vivons (elle pose par exemple la question du « droit d’ingérence environnementale ») ;
  • elle exige des négociations équilibrées entre grands pôles politiques régionaux et passe par l’avènement d’une nouvelle diplomatie ;
  • elle souligne ainsi la nécessité d’une Europe politique capable de proposer et d’obtenir de la Chine, de l’Inde, des États-Unis, de la Russie, des mesures fortes et partagées, dont des normes environnementales mondiales, contrôlées, avec des sanctions réelles et appliquées.

Cette approche, qui semble aussi utopique que nécessaire, suffirait-elle à sauver la planète et notre espèce ? Le salut de notre espèce ne viendra-t-il pas d’une sorte d’application de la réalité augmentée à l’homme, qui choisirait alors pour sa survie de devenir mutant, en s’adaptant de façon accélérée à la nouvelle donne climatique et écologique qu’il a lui-même provoquée ? La question n’est pas farfelue, l’hypothèse n’est pas fantaisiste. Des scientifiques et penseurs dits « transhumanistes » y travaillent sans relâche, notamment en Californie, dans les domaines des nanotechnologies, de la cybernétique, des neurosciences, des biotechnologies, etc. Avec de nombreuses dérives, de nombreux dangers potentiels.

Attention donc, ces interrogations ne sont ni virtuelles, ni neutres. Elles devraient être abordées au cours du débat de la principale échéance politique française. Car elles sont, par essence, politiques. Elles renvoient à la vision de l’organisation de la société, aux questions de bioéthique, au rapport à la vie, à l’autre, à la conception même de l’homme.

Pour le dire autrement, l’enjeu environnemental est si fort qu’il produira non seulement de nouvelles politiques publiques, mais aussi une nouvelle éthique, une nouvelle morale, bref une nouvelle philosophie et certainement une nouvelle religiosité. Un nouveau paradigme pour et par un nouveau monde. Tentons d’en être les artisans plutôt que les victimes.

Sinon, vous mangez hallal ou pas ?

David Lisnard, mercredi 28 mars 2012

 

posted 28 mars 2012 - 16 h 18 min in Oui ou Non by

NI INSUPPORTABLE, NI IMMANQUABLE, MAIS TRES RECOMMANDABLE « INTOUCHABLES »

« Depuis que le mièvre et blafard Bienvenue chez les ch't's a fait plus d’entrées en salles que la mythique et truculente Grande vadrouille, j’évite de me jeter sur les derniers succès populaires imprévus. Il fallait bien un jour vaincre ce blocage. Je le dois à ma fille aînée, qui a insisté pour que nous allions voir Intouchables.

 

Elle a bien fait.

 

Bien sûr, il serait aisé – et il sera de bon ton pour certains – de souligner telle ou telle faiblesse dans le film, telle ou telle scène "cliché", téléphonée, voire surjouée. Pourtant, l’immense succès, dû au bouche à oreille, me semble en l’occurrence totalement mérité pour cette œuvre dont l’impact peut en faire l’un de ces longs métrages qui marquent une époque.

 

Tout d’abord, Intouchables est un bon film, bien réalisé, intelligemment scénarisé, monté avec rythme et maîtrise. Pour le dire autrement, ce n’est pas un nanar.

 

Ensuite, il y a le bonheur des gentilles transgressions du politiquement correct sur le handicap, jamais méchantes et rafraîchissantes.

 

Ce qui plait aussi, me semble-t-il, c’est qu’Intouchables montre une France à la fois dans son époque et plutôt belle. Il en est ainsi des (quelques) paysages ruraux filmés comme urbains, avec une banlieue montrée sans complaisance mais de façon esthétique. La France est belle, pas simplement selon une certaine idée que l’on s’en fait ; la France peut être belle aussi dans sa réalité, son actualité, ses difficultés. L’art a cette faculté de révélateur.

 

Enfin, l’essentiel du succès du film, de son attrait, et – comme dans toute œuvre culturelle réussie – de son utilité, est évidemment à chercher dans les barrières qu’il brise.

 

L’homme blanc, très riche, habitant dans le centre de Paris et le jeune homme noir, pauvre, de la banlieue, assument ce qu’ils sont, sans se laisser enfermer dans des tiroirs.

 

Ils ont chacun leurs souffrances et leurs espérances. Ils sont tous les deux habités d’une spontanéité positive, rieuse et contagieuse. Ils ont entre eux les liens de la curiosité, de l’intelligence, de l’humour et de la vitalité. Le meilleur de l’humanité.

 

La gageure, l’exploit, d’Intouchables est de parvenir, sans les niaiseries habituelles, à montrer ce qui rassemble et non ce qui divise.

 

Cette œuvre est généreuse. Son immense et croissant succès témoigne dans une certaine mesure d’un profond besoin d’apaisement social, d’un profond besoin d’échapper à l’enfermement du déterminisme, d’un profond besoin de compréhension mutuelle et de liberté individuelle.

 

Une belle leçon. Elle vient d’un film, populaire, partagé et commenté dans les familles. Elle peut influencer utilement les politiques. J’ai envie d’y croire.» David Lisnard, le 25 novembre 2011

 

posted 25 novembre 2011 - 6 h 39 min in Oui ou Non by

Savoir regarder ses enfants partir. Notes sur la « parentalité »

J’ai eu à ouvrir la conférence de la « journée de la parentalité » organisée samedi 26 mars par la Ville de Cannes. Conformément à la teneur d’échanges sur Twitter, je vous livre les quelques notes personnelles que j’avais rédigées le matin pour préparer ma prise de parole, avant de laisser les experts s’exprimer :

« J’ai l’impression que l’on passe sa vie à être enfant de quelqu’un puis parent de quelqu’un d’autre.

S’interroger sur le fait d’ »être parent » renvoie à la relation entre les adultes et leurs enfants. Poser cette relation en termes de parentalité, c’est aussi en faire une question collective, sociale, et même sociétale. C’est ce qui distingue d’ailleurs le néologisme de « parentalité » du terme de « parenté », qui couvre la fonction biologique des géniteurs et le lien génétique de filiation.

Car la parentalité est bien au cœur d’enjeux sociétaux majeurs : non simplement perpétuation de l’espèce, mais transmission de valeurs, de codes, éducation, rapport à l’autre, construction d’une identité, tout simplement d’une société dont la solidité – c’est-à-dire la maturité (et inversement) – dépendra des individus qui la composent.

C’est pourquoi une telle réflexion est essentielle et la municipalité a décidé d’organiser cette journée, placée sous la présidence de Jean-François Mattei, philosophe dont chaque intervention nous aide à être meilleurs.

La parentalité, la Ville de Cannes l’aborde déjà, directement et indirectement, par des actions aussi concrètes et innovantes que l’instauration depuis cinq ans des contrats de famille (196 contrats de familles ont été signés pour 315 enfants, accompagnés sur le plan scolaire, sportif, culturel, ludique, etc, sur la base de contrats de responsabilité), d’un espace d’expression nommé la Ruche pour la « Parole des parents », d’un lieu d’écoute et d’accueil des adolescents – la Chrysalide -, de jardins potagers partagés, de sorties familiales, d’ateliers parents/enfants, etc. Avec bien sûr comme fil rouge la lutte contre l’absentéisme scolaire, les échanges d’expériences entre parents, la mise en relations de parents qui peuvent se sentir perdus avec des adultes d’expérience, professionnels et bénévoles du tissu associatif. Cette liste n’est pas exhaustive.

Elle révèle notre approche volontariste mais aussi un mal être social dont l’étrange vocable « école de parents » est à mon sens le révélateur sémantique un peu par l’absurde.

Vous l’avez compris, je m’exprime à la fois comme père et gestionnaire de la cité.

Poser la question de la parentalité, c’est forcément poser la question de la famille, de l’évolution de sa structure, de son éclatement, de ses incidences sociales.

En tant que père, j’ai évidemment la préoccupation majeure de la bonne éducation de mes enfants, et en tant qu’élu je dois assumer la mission prioritaire d’œuvrer à un bon vivre ensemble, à une société moins violente, à la réalisation d’une communauté homogène, à tout le moins sereine et prospère, d’une identité collective régénérée basée sur des individus partageant un socle commun de valeurs et d’espoirs.

Devenir adulte, c’est aussi devenir citoyen, car c’est s’inscrire dans un champ de sociabilité responsable. En tout cas il le faudrait. En cela, la question de la parentalité est bien centrale.

Même si le suffixe « ité » tue la magie de ce qui en est une : donner de l’amour et des valeurs à des enfants dont nous sommes les parents . Or, le mot « parentalité » me fait penser à « productivité », « rentabilité », etc. ; il donne une scientificité, l’impression d’une exigence froide de résultats à ce qui renvoie avant tout à une relation intime, faite d’amour et de responsabilité, d’une liberté partagée.

Nous sommes libres d’avoir des enfants. Mais symétriquement à une liberté il y a toujours une responsabilité. Nous sommes libres d’avoir des enfants et responsables de leur construction, donc de leur éducation, de leur sociabilité, j’ai envie d’ajouter comme élu, de leur future citoyenneté.

Ma grand mère maternelle, prolétaire – au sens non pas politique mais éthymologique du terme, désignant celui qui « ne possède que ses enfants » – et mère de 9 enfants, ignorait tout de la parentalité. Mais elle en savait beaucoup sur l’éducation de ses enfants, dont les conditions de vie matérielle que nous qualifierions aujourd’hui de précaires ne les ont pas empêché de se réaliser en adultes responsables, assumant des principes et sachant se construire un bonheur non aliéné par la folie consommatrice.

La notion de « parentalité » traduit un malaise social. Son apprentissage doit permettre de retrouver les repères et les fondamentaux de la responsabilité parentale, à commencer par la joie authentique qu’elle procure.

Exercer sa parentalité, savoir être parents, pour moi, c’est dire non à ses enfants.

C’est leur apprendre progressivement à gérer la frustration libératrice du désir immédiat non satisfait.

Leur apprendre à être les enfants de leurs parents et non des enfants de leurs caprices, ces insupportables enfants roi que l’on croise trop souvent, nourris mais non élevés, futurs adultes compulsifs, dépressifs et citoyens non achevés, à l’impatience clientéliste, consommateurs de services publics, à l’humeur insatisfaite.

Enfin, savoir être parent, c’est savoir couper le cordon. C’est en effet apprendre à ses enfants à s’émanciper, à vivre leur apprentissage de l’existence en construisant un projet de vie fait de rêves et de difficultés transcendées, leur transmettre la confiance en la société et en eux-mêmes, leur apprendre à partir, si possible avec beaucoup d’espérances et sans trop d’illusions.

Oui, être parent, c’est savoir regarder ses enfants partir et être heureux de leur liberté.»

David Lisnard, Cannes, le 26 mars 2011

 

posted 13 avril 2011 - 17 h 02 min in Oui ou Non by

A la surenchère populiste, les démagogues seront toujours les plus offrants

« Des récents sondages ont placé Madame Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Dans l’agitation politico-médiatique qui s’en est suivie, les leaders du Parti Socialiste ont cru bon d’accuser le Président de la République d’être la cause d’une montée de l’extrême droite.

Cette accusation, comme toujours reprise en boucle par certains « commentateurs » très engagés de l’actualité, s’assimile à une de ces supercheries dont se nourrit le Parti Socialiste français, décidément bien archaïque et incapable d’offrir un discours moderne, certes d’opposition mais constructif, et préférant se complaire dans la critique systématique et primaire de Nicolas Sarkozy.

En effet, d’une part n’oublions jamais qu’historiquement, le meilleur allié du Front National fut… François Mitterrand, qui fit tout pour permettre au mouvement d’extrême droite d’émerger et de gêner le Centre et la Droite Parlementaire, en particulier par l’adoption du scrutin proportionnel en 1986.

N’oublions pas non plus que le Front National s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle, non pas de façon virtuelle dans un sondage, mais par les urnes, en 2002, et non pas après cinq ans de politique de Nicolas Sarkozy mais bien cinq ans de gestion socialiste, sous la houlette du Premier Ministre Lionel Jospin.

N’oublions pas enfin que Madame Le Pen se renforce aujourd’hui sur le terrain du social, sur lequel les socialistes s’avèrent incapables de formuler des propositions audibles et crédibles.

Plus grave, les attaques répétées, violentes et systématiques contre le Président de la République – contre sa personnalité même – et le Gouvernement créent un climat de populisme qui alimente aujourd’hui pleinement le « Lepénisme ».

L’utilisation répétitive comme épouvantails des mots « mondialisation », « délocalisations », « ultralibéralisme », « stock options », etc., réunit ceux qui à gauche comme à droite refusent de voir que l’essentiel de nos problèmes vient non pas des « autres », mais bien des rigidités de la société française, qui fait la part belle à toutes les revendications et décourage les classes moyennes, les salariés et patrons de PME, de commerces, les artisans, les professions libérales, les jeunes porteurs de projets, etc. La France protégée sclérose la France de la vie réelle… Les avantages acquis des uns font la précarité et le chômage des autres. Et enferment notre pays dans la dépense et le surendettement publics.

Face à ces problèmes lourds de notre société, qui renvoient à la question du pouvoir d’achat mais surtout à la capacité d’espérer des classes d’âge qui vont devoir assumer la France d’aujourd’hui et de demain, les socialistes auraient pu faire valoir leur différence sur le fond en apportant leurs arguments. Mais ils préfèrent les postures, les procès d’intention, en sorcellerie, la diabolisation a priori à la comparaison a posteriori des idées, des valeurs et des propositions des uns et des autres. Et ils tirent l’offre politique vers le bas.

C’est cette facilité de l’humeur, de la flatterie, de la « bien-pensance » vêtue des oripeaux de l’indignation, qui porte un grave discrédit à l’action politique en général, et profite finalement aux extrémistes.

Cette conclusion s’adresse à tout l’éventail du champ politique, y compris au mouvement auquel j’appartiens, car chacun a sa part de responsabilité : ne cédons pas à la facilité de la simple compassion et de la recherche des suffrages par la peur, l’émotion, l’effet d’annonce. Car à la surenchère populiste, les démagogues seront toujours les plus offrants. Et donc les gagnants.

Notre chemin et notre responsabilité sont de déployer avec sérénité, fermeté et sens des réalités nos projets, nos actions concrètes, nos explications. Il faut avoir le courage, la pédagogie et la constance de rétablir une vie politique basée sur la raison dans la durée et non l’émotion dans l’instant.

Et affirmons dans les actes notre vocation – c’est ma conviction – d’agir au service des classes moyennes, c’est-à-dire de la majorité silencieuse des Français, trop riches pour bénéficier d’un système social à bout de souffle et qui conduit à l’assistanat, et trop pauvres pour échapper (notamment par les niches fiscales) à un système d’impôts et de charges confiscatoire, qui pénalise le travail et l’initiative.

L’enjeu dépasse de loin les simples échéances électorales : il concerne l’avenir de notre pays et la vitalité de notre démocratie. Il concerne une certaine idée de la France.»

David Lisnard, le 11 mars 2011

 

posted 14 mars 2011 - 14 h 44 min in Oui ou Non by

« Le rappel à l’ordre d’Eric Ciotti aux élus du bassin » : réaction de Bernard Brochand et David Lisnard

Communiqué de presse

Cannes, le 7 janvier 2011

A la suite de l’article paru ce jour dans Nice Matin sous le titre « Le rappel à l’ordre d’Eric Ciotti aux élus du bassin », relatant les propos du président du Conseil Général lors de ses vœux à la presse, Bernard Brochand, député-maire de Cannes, et David Lisnard, conseiller général des Alpes-Maritimes et premier adjoint au maire, tiennent à remercier Eric Ciotti de son soutien à travers ce sévère rappel à l’ordre aux dissidents et opposants à la municipalité cannoise, investie à chaque élection et incarnant la légitimité de la majorité présidentielle, donc départementale.

Soulignant qu’ « il y a dans ce secteur trop de combats politiques, trop d’inimitiés entre les élus » et qu’ « on ne peut pas se permettre de tels combats au sein d’un même camp, et notamment à Cannes », le président du Conseil Général rejoint là la conviction des élus de la municipalité cannoise qui, à maintes reprises, ont manifesté leur volonté d’apaisement et donné, en ce sens, des signes forts, notamment dans le cadre de la coopération intercommunale et à chaque échéance électorale.

Bernard Brochand et David Lisnard espèrent donc que le message sera reçu et entendu par les intéressés et qu’ainsi cesseront les agressions systématiques à l’égard de leur majorité attachée aux valeurs de l’union et de l’intérêt général. Ils s’engagent d’ailleurs à continuer à ne pas présenter de candidats dans les deux communes en question.

Dans ce même esprit de concorde, la Ville de Cannes, comme elle le fait depuis 2001, soutient la mise en place d’une intercommunalité de projets à l’échelle Cannes-Grasse-Antibes, incluant toutes les communes.

 

posted 14 mars 2011 - 14 h 22 min in Oui ou Non by

2 mars 2011: Actualité Bastide Rouge

Pour lire en pleine page l’article publié par Nice Matin dans son édition du 2 mars 2011, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant: Launch PDF file.

 

posted 4 mars 2011 - 17 h 32 min in Oui ou Non by

24 février 2011 – Le Nouvel Economiste : Cannes et l’intercommunalité

Pour lire en pleine page l’article publié par le Nouvel Economiste dans son numéro du 24 février 2011, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant:

Launch PDF file.

 

posted 28 février 2011 - 11 h 01 min in Oui ou Non by