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Plages électroniques de Cannes : chronique d’un succès dans le Monde

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Le_Monde_19_juillet_2010.pdf

 

posted 19 juillet 2010 - 16 h 45 min in Oui ou Non by

Le général de Gaulle aurait-il utilisé Twitter ?

« Aujourd’hui, Charles de Gaulle utiliserait-il Twitter ? Aurait-il son profil Facebook ?

Se poser ces questions, c’est bien évidemment s’interroger sur le rapport du Général à la modernité, à son temps, surtout à la communication.

Personne ne peut faire parler les morts. Ni ceux qui, se portant gardiens d’un temple gaulliste, voudraient instaurer une doctrine qui fossiliserait la France dans les Trente Glorieuses, ni ceux qui, sous couvert – voire prétexte – du pragmatisme gaulliste, le feraient adhérer à tous les lieux communs, les clichés, les facilités bien pensantes de la world culture contemporaine.

Alors, que pouvons-nous dire ?

D’abord, que le Général de Gaulle, comme théoricien de l’art de la guerre, notamment dans Vers l’Armée de Métier et le Fil de l’Epée, puis comme dirigeant politique, a toujours fait le choix de l’efficacité, du mouvement, du recours aux outils de la modernité : condamnation de la ligne Maginot et exhortation à adopter des divisions blindées mobiles, instauration d’une administration et d’institutions rationnalisées, création du nouveau franc, lancement d’une politique d’industrialisation du pays, décolonisation, mise en place de la force de dissuasion atomique, engagement du programme d’énergie nucléaire, etc.…

Ensuite, que le Général de Gaulle a toujours entretenu une ambivalence positive et productive entre d’une part sa fidélité aux racines de la culture nationale et de la civilisation européenne, au passé, à l’histoire, d’autre part sa volonté de faire de la France une grande puissance de son époque, tournée vers l’avenir.

Dès lors, pour revenir à la question initiale sans rester dans une approche de normand, répondons clairement par l’affirmative : Oui, le Général de Gaulle aurait utilisé Twitter. Et les autres réseaux dits sociaux et virtuels.

Comment l’affirmer ?

Simplement parce qu’il a toujours choisi de frapper tous azimuts en matière de communication, en utilisant la télévision avant tout le monde et comme personne, en se lançant dans le bain du combat politique et suprême par un appel radiophonique.

Ses tweets à lui ? Des messages codés à la Résistance et ce sens de formules qui, parallèlement à de magnifiques et grands discours, comportaient moins de cent quarante signes (mais tellement de caractère…) :  » La France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! » ;  » Croit-on qu’à 67 ans je vais commencer une carrière de dictateur ?  » ;  » je vous ai compris…  » ;  » Vive le Québec libre !  » ; « Que vienne la paix des braves et je suis sûr que les haines s’effaceront » ; « Je suis un homme qui n’appartient à personne et qui appartient à tout le monde » ; « Il n’y a de réussite qu’à partir de la vérité » ; « Ne croyez-vous pas qu’à la guerre la plus grande franchise soit la plus grande habileté ?  » ; « La véritable école du commandement est la culture générale » ; « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ?  » ; « La guerre, c’est comme la chasse, sauf qu’à la guerre les lapins tirent. » ; « La difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même. » ; « La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » La liste serait longue.

Ses flyers à lui ? L’envoi de tracts lachés par avion. Et les affiches placardées dans la nuit.

Son boîtage à lui ? Les informations transportées sous le manteau.

Alors oui, Charles de Gaulle « twitterait » de nos jours. Oui, il ferait des effets d’annonce. Oui, il créerait le buzz. Oui, il aurait des proches qui tiendraient son profil Facebook. Oui, il utiliserait tous les moyens de notre époque pour combattre, convaincre et rassembler. Et donc atteindre le plus grand nombre de Français possible.

Ce n’est pas tomber dans l’illusion de l’information sans fond, fondée sur la seule émotion, instantanée, éphémère, parfois abrutissante, révélatrice d’une faiblesse intellectuelle et destructrice de citoyenneté responsable, que gager que le Chef de la France libre ne se priverait pas des techniques de communication de 2010.

A nous d’avoir la même modernité que ce grand combattant et d’utiliser toutes les armes de communication qui nous permettront de remporter la victoire. Pour ceux qui font le choix de la Res publica, la victoire des idées, la victoire des valeurs, la victoire de l’action, qui nécessite la victoire dans les urnes.

Quels que soient nos champs de bataille, nos combats, notre don de nous-mêmes : la victoire. Car au final, c’est bien pour cela que l’on s’engage non ? » David Lisnard, le 16 juin 2010

 

posted 18 juin 2010 - 8 h 13 min in Oui ou Non by

Le mystère de l’Appel du 18 juin, ou la transgression légitime

« 70 ans près qu’il fut prononcé – et alors peu entendu – sur les ondes de la BBC par le Général de Gaulle, l’Appel du 18 juin 1940 résonne plus que jamais dans le meilleur de l’âme collective française.

Plus que jamais aussi, il fascine par le mystère qu’il incarne, celui d’un acte illégal et insurrectionnel devenu légitime, d’un appel isolé devenu épopée, d’une transgression devenue l’honneur de la France.

Plus que jamais enfin, il constitue un texte à la fois fondateur et moderne.

Fondateur, l’Appel du 18 juin le fut pour la formation des Forces Françaises Libres. Elles s’illustreront notamment à Bir Hakeim. Surtout, par la constitution de forces armées, rattachées à un nouveau pouvoir politique en l’occurrence basé à Londres, qui combattront du côté des Alliés, la France se retrouvera, malgré la collaboration de l’Etat Français vichyste, dans le camp des vainqueurs en 1945.

L’impact de l’Appel durant l’été 1940 se situe également du côté de l’Empire, avec le ralliement de Félix Eboué et de toute l’Afrique équatoriale, des possessions du Pacifique, des Comptoirs de l’Inde.

L’Appel du 18 juin constitue enfin l’acte marquant le début de la constitution d’une résistance organisée. Elle aussi contribuera de façon décisive, par la montée en puissance et l’unification progressive d’une « Armée de l’Ombre » sur le territoire national, à asseoir la France à la table des vainqueurs à la libération, comme l’une des cinq grandes puissances du monde, avec un siège permanent au conseil de sécurité de l’O.N.U.

Si le souvenir de ce discours radiophonique revêt 70 ans après une telle importance, c’est précisément parce qu’il incarne avant tout l’honneur sauvé de la France, d’un peuple, de son Histoire.

L’Appel du 18 juin a acquis au gré des années la force du symbole, celui de la résistance, du refus de la défaite, puis de la lutte contre l’occupation nazie et la collaboration.

Il doit être lu de façon symétrique à l’Appel aux Français du Maréchal Pétain du 17 juin 1940. Et chacun de se poser l’éternelle question : « qu’aurais-je fait durant cet été 40 qui suit la débâcle ?  »

« Aurais-je suivi la voie alors légale du Gouvernement de Vichy, pas encore tombé dans le déshonneur de la collaboration ? Aurais-je fait le choix de la désobéissante et flamboyante aventure gaulliste ? Ou n’aurais-je fait, comme la majorité des Français, aucun choix ? » Tout est clair et limpide, après. Chacun d’entre nous se voit évidemment en résistant.

J’aimerais tellement pouvoir répondre avec certitude que j’aurais suivi le même chemin que l’immense Romain Gary, dont la lecture a contribuer à forger mon identité.

Aujourd’hui, et c’est ce qui rend autant fascinante la figure du Général de Gaulle, l’Appel du 18 juin signifie un acte suprême, mystérieux, génial et quasi magique : à la fois absolument transgressif et légitime.

La légitimité de la morale au-dessus de celle du droit. La légitimité de la grandeur d’un visionnaire, soldat et politique, loyal envers ses convictions et libre à l’endroit de sa hiérarchie. La légitimité sans laquelle il n’est de réelle et durable autorité.

Là réside le génie de l’aventure : cette légitimité suprême part de l’appel d’un Général considéré comme déserteur.

Son texte du 18 juin 1940 répond à trois critères essentiels d’un grand discours :

– il est visionnaire – ce que l’histoire révèlera, forcément a posteriori – en soulignant le rôle de « l’immense industrie des Etats-Unis », en décrivant « à chaud », au moment de la surpuissance germanique, les conditions de la future victoire « par une force mécanique supérieure », en affirmant, alors que l’Amérique du Nord reste dans sa neutralité et que la Russie communiste est liée à Hitler par le pacte germano soviétique : « cette guerre est une guerre mondiale » ;

– il en appelle à la raison, d’abord en établissant le constat clinique de la supériorité de la « force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi ». Puis les conditions de la future victoire sont posées de façon rationnelle : « les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire », la France « a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis ». L’Appel du 18 juin n’est ni un appel du désespoir, ni un appel incantatoire ou plus simplement fondé sur l’émotion comme beaucoup trop de discours politiques contemporains, mais bien le discours crédible d’un « sachant » (« croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause ») ;

– la rhétorique de Charles de Gaulle, avec ce style tertiaire (qui s’avèrera typiquement gaullien) à la vibration majestueuse, comporte toujours une dimension transcendantale, fondée sur la vérité a priori d’une grandeur qui nous dépasse. La transcendance, dans l’Appel du 18 juin, elle rime avec Résistance, espérance, France. Car par-dessus tout, toujours et partout, pour de Gaulle, il y a la France. En l’occurrence, la France éternelle, celle de l’honneur, celle qui ne capitule pas, car « quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

L’Appel du 18 juin 1940 est un texte référence, à faire lire et relire, notamment à nos enfants. L’essentiel est là.

Aujourd’hui, en 2010, puissent cette vision, cette combativité positive, ce sens de l’histoire et ce choix systématique de la modernité, ce dépassement de soi et cet exhortation à l’unité nationale, cette force de caractère et ce recours à la raison, cet amour de la France et ce culte de la liberté, puissent ces valeurs et ces vertus que recèle l’Appel habiter l’âme, la conscience et les actes de chacun d’entre nous.

Face aux défis d’une époque où les renoncements sont pléthores, où les adversaires de la communauté nationale et républicaine ne sont pas si identifiables que l’occupant nazi mais sont simplement une somme de renoncements et de replis, l’Appel du 18 juin constitue un credo d’une éblouissante actualité. » David Lisnard, le 12 juin 2010

 

posted 16 juin 2010 - 10 h 30 min in Oui ou Non by

La polémique « Hors la loi » au Festival de Cannes : Certains cinéastes devraient faire moins de politique et certains politiques moins de cinéma, ou l’absurde camusien

« Alors que nous rendions tous hommage en janvier dernier à « Albert Camus l’Algérien », disparu il y a cinquante ans, nous voici confrontés en ce début de Festival de Cannes à ce cycle de l’absurde qui donne du sens à l’existence… Jusqu’à un certain point !

Je n’évoquerai pas le film Hors la Loi en lui-même, que je n’ai pas vu (et pas voulu voir avant sa projection officielle) mais focaliserai mon propos sur la polémique, suscitée par sa sélection au Festival de Cannes, au regard des éléments connus à ce jour.

Cette polémique, que révèle-t-elle ?

– d’abord que la plaie algérienne est encore béante, en France, quarante huit ans après les accords d’Evian. Les protagonistes sont toujours meurtris, hyper réactifs. Paradoxalement, chaque « camp » – car il s’agit hélas bien de cela – se sent marginalisé et incompris. De cet absurde naissent deux révoltes, pour rester dans la ligne de la pensée du grand Camus, qui s’entrechoquent à l’occasion de la sortie de Hors la Loi.

– ensuite qu’une projection en sélection au Festival de Cannes n’est jamais anodine. Il appartient à l’histoire, et même à l’essence de cet évènement d’ampleur mondiale, de susciter depuis des décennies polémiques et controverses, proportionnelles à sa médiatisation planétaire.

– que l’on doit cependant remettre l’œuvre à sa juste place : celle d’un film parmi tant d’autres.

– que ceux qui condamnent, avec violence voire outrance et tapage, ce long métrage sans l’avoir vu, lui offrent une publicité que sa qualité cinématographique ne justifie peut-être pas (le pire serait d’ailleurs que le film soit médiocre… ce qui poserait la question de sa sélection).

– que la liberté d’expression est bien vivante d’un côté comme de l’autre des protagonistes. Elle doit rester la règle, plus forte que les invectives, les menaces, mais aussi le politiquement correct, qui paradoxalement s’exprime pour « censurer » ceux qui sont heurtés par le scénario du film.

– que Monsieur Bouchareb a – heureusement ! – le droit de réaliser et de faire la promotion de Hors la Loi. Parallèlement, personne ne doit s’étonner qu’une œuvre dont le point de départ est le massacre d’Algériens par l’Armée Française, en occultant complètement les massacres de pieds noirs, dont l’assassinat du maire de Sétif, suscite l’émotion et la réaction de ceux qui ont payé de leur sang une réalité historique ainsi violentée. Que n’aurait-on dit d’une œuvre qui évoquerait le destin romancé et forcément esthétique de terroristes de l’OAS après avoir simplement montré le massacre de « petits blancs » ?

– que le film Hors la Loi n’échappe pas à un contexte global, un mal identitaire qui touche toute la société française. Ce mal être sociétal voit entre autre des Français dits de souche se sentir « menacés » dans leurs valeurs et leur mode de vie, et même stigmatisés par une sorte de « bien-pensance » (comme se sentent aussi stigmatisés beaucoup de nos compatriotes issus de l’immigration plus récente). Même si l’amalgame entre une œuvre de fiction et des questions de société extérieures est dangereux, on ne peut ignorer ce phénomène, qui se traduit par une forme de lassitude, d’exaspération, à l’égard d’un discours perçu – et je souligne perçu – par certains comme d’une part étant quasi officiel, à tout le moins « parisianiste », d’autre part condamnant systématiquement la France, son drapeau, son peuple, en tout ou partie.

– que, décidément, l’auteur du Mythe de Sisyphe écrivait juste, beau et bien lorsqu’il assénait : « l’absurde naît de la confrontation de l’appel humain avec le silence déraisonnable du monde ». Il s’agit bien de cela : l’appel sans réponse de l’être « écorché vif dans son identité » (et je le répète : des rapatriés comme des fils de l’immigration).

– que quoiqu’il en soit Monsieur Bouchareb est libre de ses pensées et de ses œuvres, que le Festival de Cannes est libre de le sélectionner et que des associations patriotiques et de rapatriés sont libres de manifester.

– que dans une société démocratique mâture, la liberté a toujours pour corollaire la responsabilité.

– que la nôtre, de responsabilité, celle de la Municipalité, du Palais des Festivals et des Congrès, et des services de l’Etat (voire des organisateurs du Festival de Cannes), est de veiller au respect de l’ordre public et au bon déroulement d’une manifestation aussi vitale pour la prospérité de Cannes que déterminante pour l’image de la France. C’est ce qui m’occupe en ce moment chaque jour (et parfois chaque nuit) ; un éternel rocher à remonter.

– que l’indignation ne justifie pas toutes les outrances et n’exclut surtout pas la dignité. Ceux qui tentent, notamment sur l’extrême droite, de créer des incidents, ne font qu’instrumentaliser de façon cynique les douleurs à des fins politiciennes. En cela, il sont insultants pour les rapatriés. Heureusement, l’immense majorité des manifestants potentiels ne tombe pas dans ce piège et tient à un hommage patriotique digne.

– que la guerre d’Algérie est finie. Il est plus que jamais temps d’en assumer sa réalité dans toutes ses dimensions et de passer à autre chose.

– que le mieux pour y parvenir est de n’insulter aucune mémoire. A ce titre, certains cinéastes devraient faire moins de politique et certains politiques moins de cinéma. » David Lisnard, samedi 15 mai 2010

 

posted 12 juin 2010 - 12 h 00 min in Oui ou Non by

Communiqué

63ème Festival de Cannes

Communiqué de David Lisnard
Président du palais des festivals et des congrès
Premier adjoint au maire de Cannes,
Conseiller général des Alpes Maritimes

Cannes, lundi 24 mai 2010.

Alors que vient de s’achever le 63ème Festival de Cannes, chacun a constaté durant l’évènement la qualité de l’organisation logistique de la commune et de l’accueil.

Pourtant, de nombreuses difficultés et menaces étaient avérées ou annoncées, dont les conséquences supposées du nuage volcanique islandais, du coup de mer du 4 mai, des effets différés de la crise des scénaristes, des soubresauts économiques internationaux, de la sélection de films potentiellement polémiques, de mouvements sociaux, et même d’un hypothétique mauvais temps…

Or, la bonne tenue du Festival de Cannes, indépendamment de toute considération sur le contenu artistique, est primordiale pour l’emploi à Cannes, le pouvoir d’achat de nombreuses familles de l’agglomération, la prospérité de la Côte d’Azur, l’image de la France.

L’enjeu était d’autant plus important qu’il s’agissait avec le Festival d’apporter de l’oxygène économique au secteur essentiel du tourisme, principal employeur du département, dans un contexte global jusqu’alors de morosité ou à tout le moins d’incertitudes.

Grâce à la mobilisation et au professionnalisme de tous, le défi a été relevé avec succès.

Aussi, je tiens à féliciter pour leur efficacité l’ensemble des professionnels cannois du tourisme, les équipes du Palais des Festivals et les agents de la commune comme de l’Etat et de tous les services publics.

J’ai pu constater chaque jour sur le terrain, à leur côté, leur implication efficace.

La bataille de la compétitivité économique peut et doit être gagnée. Nous allons continuer à nous mobiliser avec la même énergie pour soutenir le tourisme cannois, c’est à dire nos emplois et nos savoir-faire locaux, et donner une image positive de notre ville, de ceux qui y travaillent, de ses habitants.

David Lisnard

 

posted 24 mai 2010 - 15 h 53 min in Oui ou Non by

à toi, abstentionniste de droite.

« A toi, abstentionniste de droite et du centre.

Tu as décidé de ne pas aller voter au premier tour des élections régionales. Parce que « de toutes les façons, cela ne change rien », « nous, contribuables, sommes toujours sacrifiés par les politiques », « le gouvernement ne va pas assez loin », « il y a beaucoup de discours mais pas beaucoup d’actions », etc.

Tes humeurs sont compréhensibles, dans un pays aussi sclérosé que la France, où les uns qui vivent de la contribution des autres sont les plus revendicatifs et entendus, où l’inertie des pouvoirs publics a longtemps prévalu au détriment de ceux qui entreprennent et travaillent, où pendant trente ans les impôts et les taxes ont augmenté en même temps que la dette publique et l’assistanat ; où la bien pensance médiatique impose à longueurs d’ondes son langage, ses codes, son politiquement correct. Oui, tu sais, ces professionnels du talk show qui nous assènent qu’être français ne signifierait plus rien, que le fait même de s’interroger sur ce qui peut et doit nous rassembler aujourd’hui nous classerait au ban de l’humanité, comme résurgences de la « bête immonde », que l’insécurité dans nos collèges et lycées serait une fatalité, qu’il faudrait toujours plus taxer ceux qui investissent, innovent, prennent des risques, les entrepreneurs, les commerçants, les artisans, les professions libérales, qu’il faudrait régulariser tous les sans-papiers et arrêter de reconduire aux frontières les clandestins, que la seule chose qui mériterait d’être défendue serait les droits acquis de groupes protégés, autant bruyants que minoritaires, dont la réalité de la situation ne correspond pas – plus – à une réelle pénibilité, et qui plombent les comptes sociaux.

Electeur de droite ou/et du centre, tu trouves que le service minimum dans le service public en cas de grève ne va pas assez loin ? Tu as raison.

Tu trouves qu’il faut que le gouvernement parvienne en même temps à affronter la crise mondiale, à baisser les impôts et les charges tout en diminuant la dette publique ? Tu as aussi raison.

Tu estimes qu’il y a deux France : d’un côté la France, que l’on n’entend pas beaucoup, du risque économique et social, qui se bat dans la vie réelle, crée la richesse, vit les affres de la perte de revenus et parfois du chômage, et, d’un autre côté, la France protégée, qui exige, assène, assomme (de slogans), défile, crie et revendique. Tu as encore raison !

Tu es exaspéré par les commentaires mondains et convenus sur l’identité nationale, par cette culpabilité permanente que devrait ressentir celui qui a décidé que son origine, quelle qu’elle soit, ne doit pas être un passeport ni pour la réussite, ni pour l’échec ? Tu as toujours raison.

Tu trouves qu’il y a trop de compassion pour les sans papiers et pas assez d’efforts en faveur des immigrés légaux, pas suffisamment d’intégration pour nos compatriotes les plus récemment installés sur le territoire hexagonal ? Tu as mille fois raison.

Tu en as assez, n’y crois plus, as manifesté un signe de lassitude et de mécontentement, parfois d’indifférence blasée, en n’allant pas voter ? Eh bien c’est là que tu n’as pas raison.

Et persister dimanche prochain serait un tort.

D’abord parce que reconduire des présidents socialistes à la tête des Régions ne peut que rendre plus difficile la nécessaire modernisation de la France.

Ensuite parce que tu es quelque peu injuste envers le gouvernement. Citons en moins de trois ans des actions aussi positives, même si beaucoup sont à achever, à évaluer et à compléter, comme l’a dit le président de la République, que les réformes institutionnelle, pénale, des universités, des collectivités territoriales, des régimes spéciaux des retraites, la création du statut de l’auto-entrepreneur, la défiscalisation des droits de succession, des heures supplémentaires, le bouclier fiscal, l’instauration de rémunérations au mérite dans la fonction publique, la séparation du capital de l’entrepreneur indépendant de son patrimoine personnel, la suppression de la taxe professionnelle, la politique d’immigration choisie, l’instauration d’un début de service public minimum, le lancement du Grand Paris, le grand emprunt à taux de prélèvements constants pour aider l’investissement porteur d’avenir en réduisant parallèlement le train de vie de l’Etat, l’annonce de la réforme des retraites, la fusion Anpe / Assedic pour créer Pôle Emploi. La liste n’est pas exhaustive. Sans oublier la remarquable présidence de l’union européenne par Nicolas Sarkozy et la gestion pertinente de la crise internationale financière puis économique et sociale.

Tu aurais tort enfin parce que le seul signal retenu d’un résultat électoral identique au premier tour serait celui d’un pays qui aspire à plus de… socialisme. Tout le contraire de ce que tu veux.

Electeur abstentionniste de droite et du centre, tu vas non pas punir ces gouvernants qui selon toi ne vont pas assez vite et pas assez loin (comme si un pays contaminé par des décennies d’assistanat et d’archaïsme pouvait changer en deux ans et demi), mais bien te punir toi-même et punir la France.

Je t’invite, citoyen dubitatif de droite (est-ce un pléonasme ?) et du centre à penser au « troisième tour » de ces élections régionales, le troisième tour social dont parle déjà Laurent Fabius. Même provisoire, même artificielle car due à la forte abstention des habituels soutiens de l’Ump et de la majorité présidentielle, une carte du pays tout en rose ne manquerait pas d’ajouter ardeur et postures péremptoires aux éternels donneurs de leçon de la gauche médiatique.

Alors, parce que malgré tout, tu aimes la France, que malgré tout tu es convaincu que Martine Aubry et Nicolas Sarkozy, ce n’est pas la même chose, que malgré tout tu y crois encore, tu vas finalement, dimanche prochain, 21 mars, ressortir du tiroir ta carte d’électeur. Si tu ne la retrouves pas, ta carte d’identité fera l’affaire. »

David Lisnard, le 16 mars 2010.

 

posted 16 mai 2010 - 8 h 54 min in Oui ou Non by

Sur la rumeur.

Aujourd’hui, ce n’est pas moi qui rédige pour alimenter le débat, mais ma collaboratrice Angélique Sunsero. A savourer (et commenter) :

« Y a quelqu’un qui m’a dit…. »

Ainsi en va t-il des rumeurs comme des météorites: elles vous tombent littéralement sur la tête. Origine douteuse, dommages garantis.

Une loi du genre qui n’échappe pas à la récente rumeur, entêtante malgré les démentis, de trahison intime au plus haut sommet de l’Etat. Victime de la trahison et victime de la rumeur; un crime de lèse majesté au carré, en quelque sorte !

A cet effet météorite s’ajoute une autre constance de la rumeur qui renvoie, elle, à l’épicerie la moins ragoûtante mêlant des ingrédients savamment dosés. En gros, le pouvoir et la transgression du socialement admissible sont l’eau et la farine de ce fumet prêt à cuire.

A partir de ce fond de sauce, la rumeur d’Etat comme la raison du même nom, fait balancer entre « le dire » et « le taire ».

Le dire, c’est le parti qu’avait pris Dominique Baudis, aux prises à une rumeur infâme qui en faisait la pièce centrale d’un scandale sur fond d’orgies indicibles que les magistrats ont, eux, bel et bien entendu en leur donnant crédit. On se souvient de l’ancien maire de Toulouse, obligé de venir plaider sa cause à la grand messe du 20 heures, ce tribunal entre tous et de s’amender médiatiquement d’un crime qu’il n’avait pas commis. Cela l’a sauvé. Sans compter sur son innocence car n’oublions pas l’essentiel tout de même.

Se taire, c’est l’option prise par Valéry Giscard d’Estaing, Président en exercice et candidat en campagne lorsqu’éclate l’affaire Bokassa. Sa ligne n’a jamais varié: rester au-dessus de cette agitation diamantaire qui a empoisonné sa fin de mandat et lui a coûté plus que sa magistrature… son magistère.

Enfin, autre variante, se taire puis le dire. C’est le choix de François Mitterrand qui, ne pouvant plus cacher l’existence cachée de sa fille cachée, a décidé de montrer et de contrôler cette annonce, de distiller une à une toutes les scènes de cette comédie d’Etat elle aussi, quand on sait les moyens déployés pour que ce secret connu de chacun, reste officiellement ignoré de tous.

Mais, outre ces différentes approches, la rumeur d’aujourd’hui me rappelle surtout l’affaire Markovic ou l’affaire Pompidou, selon la conviction que l’on s’est forgée de la vérité faite autour de ce « normalien entré en politique ».
A l’époque -1969- Georges Pompidou est le premier ministre du général de Gaulle et son dauphin désigné. A ce titre, il bénéficiait d’une « visibilité » incontournable. Il avait habillement agi (sous le normalien le politique), pour ne pas trop pâtir des effets secondaires de mai 68. Et puis, il donnait bien le change. Son solide bon sens et son esprit terrien directement puisé aux sources de son cantal natal, s’accommodaient parfaitement d’une vie mondaine au cœur du tout-Paris. il n’était pas le dernier des « germanopratins », ami des artistes, des peintres et des poètes qu’il fréquentait avec plaisir, curiosité et même talent.
Il… ou plutôt « ils », car autre trait commun avec la situation actuelle, le couple était indissociable de l’homme. Le couple c’était le style, à commencer par le style de commandement et par déclinaison, le style « d’apparition » aux autres. Mais à ce niveau de responsabilité la frontière est poreuse et floue entre la façon dont on dirige et la façon dont on apparaît. Plus l’on donne à voir, plus l’on donne de prise, y compris à la rumeur…. et c’est par l’épouse qu’elle enfla ; ce point fort devenu maillon faible.

Aucune excuse bien sûr n’est à donner à la calomnie, encore moins à la calomnie qui au-delà de l’homme qu’elle vise, fragilise la fonction suprême, donc la plus digne de l’Etat. Il est bien clair que les victimes et les coupables ne sont pas du même côté de la barre. Aucune ambiguïté sur ce point ; l’honneur d’un homme est ce qui est le plus intimement attaché à sa vérité.

Encore que, aujourd’hui, des voix s’élèvent pour dire que l’outrance du style a préparé le terrain à cette propagation de mauvais goût dont le plus gros dégât -en dehors de savoir si Monsieur et Madame Sarkozy vieilliront ensemble- est, chaque jour, de faire descendre d’une marche la majesté du pouvoir. Or, elle est essentielle, non pour créer de la suffisance, contrairement à ce que peuvent prétendre les démagogues ou les empressés, mais pour créer la distance qui s’impose afin de forger des figures d’autorité capables d’entraîner la confiance nécessaire à l’exercice d’une aussi exigeante responsabilité.

Quelles leçons donc tirer de ces deux affaires à quarante ans d’intervalle? N’ont-elles en commun que les principaux ingrédients – le pouvoir, la transgression -, les mêmes influences – la femme- ? Tout cela pour le constat final que la rumeur passe, l’Etat survit ?

Eh bien à quarante ans d’intervalle, ce qui fait aujourd’hui vraiment révolution tient dans le rôle essentiel joué par le « net » dans cette affaire. C’est vraiment à partir de la toile que la mèche s’est enflammée. A quarante ans de distance, l’éthique journalistique a finalement peu évolué et s’est très peu libérée face à ce type de rumeurs. La presse nationale a joué la discrétion autant qu’elle a pu, jusqu’à ce que la pression vienne de l’extérieur, sous le fameux effet de cette toile qui, comme le nuage de Tchernobyl, ne s’arrête pas aux frontières du pays. Il devenait difficile voire burlesque de feindre l’ignorance quand ce n’est plus le tout paris de Pompidou qui en parle, mais ce village qu’est le monde.

Voilà la grande différence qui en cache bien d’autres sur les « styles de pouvoir » assumés ou subis, qui attendent les futurs dirigeants et dont on pouvait déjà repérer les prémices à travers les derniers « buzz » politiques, qu’il s’agisse de Brice Hortefeux ou de Manuel Valls, car dans ce domaine, gauche et droite sont logées à la même enseigne du débutant qui doit apprendre à nettoyer 7 fois sa langue avant de parler !

Mais c’est une autre histoire…gageons que dans ce basculement, notre Président se souvienne que si l’on ne fait pas de politique sans rupture, on n’en fait pas non plus sans réconciliation … dans un cas comme dans l’autre il faut s’entendre avec ses arrière-pensées.

Et moi, y a quelqu’un qui m’a dit…. ».

 

posted 12 avril 2010 - 16 h 03 min in Oui ou Non by

Quelques réflexions sur 3 sujets d’actualité

Opinion en vidéo sur 3 sujets de société :
– le débat sur l’IDENTITE NATIONALE

– la réforme du régime de la GARDE A VUE

– le NECESSAIRE SOUTIEN A CEUX QUI ENTREPRENNENT(ou la solitude de l’entrepreneur)

A débattre !

Cliquez sur le lien suivant:

On en parle avec David Lisnard – 1 mars 2010

 

posted 16 mars 2010 - 7 h 38 min in Oui ou Non by

Tweet again

« Mission sur l’état des prisons, prise de position de Manuel VALLS sur les retraites, l’amour des Français pour ceux qui ne sont pas en mesure de décider, has been ou décédés, débats et affrontements télévisés, voici quelques uns des sujets qui m’ont inspirés des « tweets » cette semaine.

Ou comment s’exprimer, y compris sur des thèmes complexes, en moins de 140 signes ! Forcément par des prises de positions réductrices si on est négatif, condensées si on est positif.

J’évoquerai un jour ici en quoi l’exercice démocratique est en train de changer par les techonologies de l’information et de la communication et ce dialogue horizontal et constant, à la fois tronqué et spontané, planétaire et communautaire.

Des plus et des moins.

En tout cas, il faut être présent sur tous les terrains, y compris sur celui des réseaux virtuels sociaux, car ceux qui s’y expriment sont bien réels (comme moi !). S’engager en politique, c’est aller vers les autres. » David Lisnard, samedi 23 janvier 2010

Retour sur quelques « tweets » de la semaine:

Débat en ce moment sur France 2 entre Ramadan et Minc. Et Minc est très bon !

Le bonheur des eleves de la classe de 6è 4 du collège des Vallergues : Milow en show case dans leur classe ! C’est Cannes, le midem et Nrj.

Tirage au sort ce matin des invités par la mairie aux concerts Midem. 2056 places pour les Cannois ! Tous égaux devant le tirage au sort.

« Quels sont les facteurs d’attractivité d’un territoire en 2010 ? » Thème sur lequel je dois intervenir cet après-midi devant France Congrès.

Aujourd’hui, déjeuner de voeux à Cannes avec la presse. Un vrai bon moment (pour moi en tout cas) : du bonheur de parler d’engagement.

Prise de position responsable et intelligente de Manuel Valls aujourd’hui sur les retraites dans les Échos. Est décidément le meilleur au PS.

Bravo à MAM pour la mission confiée à P Botton afin d’humaniser les conditions de détention. Un combat digne et courageux, anti démagogie.

Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Eric Ciotti aujourd’hui à Cannes aux côtés de Bernard Brochand et de toute notre équipe. Forville 12h30

On n’est pas couchés. L Jospin encensé. Comme J Chirac et P Séguin. Ingrate politique. Etre has been ou mort pour etre populaire.

Hier soir sur Fce 2 chez Y Calvi : JF Copé et F Hollande. Ouf : un vrai débat ! Cela nous change des « éditocrates » impressionnistes.

 

posted 4 mars 2010 - 16 h 48 min in Oui ou Non by

Eau potable dans l’aglomération cannoise. 2010, l’imagination rigoureuse

COMMUNIQUE
VOEUX DU PRESIDENT DU SICASIL

2010, l’imagination rigoureuse

Plus de 110 élus et représentants des pouvoirs publics étaient
présents, ce jeudi 22 janvier 2010 au SICASIL, à l’occasion des voeux
donnés par David Lisnard, Président du syndicat intercommunal de
l’eau potable de l’agglomération cannoise.

« 2010 , l’imagination rigoureuse :
imagination et rigueur contractuelles
avec de nouveaux accords
plus ambitieux et novateurs ;
imagination et rigueur institutionnelles
pour une coopération intercommunale étendue,
solide, solidaire et plus fonctionnelle ;
imagination et rigueur techniques
pour accroître nos performances tout en
soutenant l’économie locale. »
En 2010, le SICASIL reste plus que jamais fidèle à ses valeurs et son
engagement pour un service public de l’eau qualitatif, économique et
écologique.

BILAN 2009 :

· une année sous le signe de l’investissement ;
· 20,5 millions d’euros de travaux pour soutenir notre
économie et développer l’infrastructure d’eau ;
· Un prix strictement maîtrisé au profit du pouvoir
d’achat des usagers.

C’était annoncé et le SICASIL n’a pas failli à ses engagements.
Géré en bon père de famille, le SICASIL est désendetté, possède des ressources
financières et a obtenu un prix de l’eau potable inférieur aux moyennes régionales et nationales depuis 2005. Ce qui lui a permis d’affronter avec solidité et stabilité le défi de la crise pour défendre toujours mieux les usagers, et préparer efficacement
l’ave

nir.

2009 a véritablement été marquée par un investissement public sur le réseau
d’eau potable record. « Un véritable remède anti-crise pour soutenir l’activité
locale dans notre département et donc de ses emplois » souligne David Lisnard,
Président du syndicat d’alimentation en eau potable.

1- Infrastructures du réseau d’eau potable

Le SICASIL a ainsi réalisé en 2009 un programme d’opérations de 9 millions
d’euros TTC de travaux pour fiabiliser et renforcer les infrastructures d’adduction
et des réseaux de distribution d’eau potable, montant auquel il convient de rajouter les 545 000 euros TTC de travaux sur les équipements d’énergie renouvelable.

Jamais le syndicat n’avait autant investi sur un même exercice comptable.

A titre d’illustration, voici quelques exemples de réalisation sur le réseau d’eau :
– le renouvellement des canaux de la Siagne et du Loup pour un montant de
1,3 million d’euros ;
– la pose de 1100 mètres de canalisation en diamètre 400 mm pour un montant
de 1 million d’euros ;
– les travaux d’extension et de renforcement à l’échelle du territoire syndical
avec la pose de plus de 4 km de réseaux d’eau potable dont les travaux
prescrits par les PPRIF (plans de prévention des risques d’incendies de
forêt) des communes de Mougins, La Roquette et Vallauris.

2- Développement innovant des énergies renouvelables

En ce qui concerne l’énergie renouvelable, la pose de la première turbine de
production hydroélectrique, installée à Vallauris sur le réservoir des Ames pour
un montant de 187 000 euros TTC ainsi que l’attribution d’un marché de 358 000
euros TTC pour l’équipement de 1200 m² de panneaux photovoltaïques.

Le syndicat a également engagé les études préalables pour l’installation de deux
autres microcentrales. Le montant des travaux de cette première tranche
d’équipement hydroélectrique s’élève à 1,4 million d’euros TTC pour une puissance
cumulée de près de 350 KW.
Grâce à son approche innovante et volontariste, voulue et relayée auprès des
instances de financement par David Lisnard, le SICASIL a bénéficié pour cet
investissement d’un soutien financier record de la Région PACA, de l’ADEME,
du FEDER et du Conseil Général des Alpes Maritimes avec une aide cumulée de
près de 45%.

L’effort économique du service de l’eau ne se limite pas au SICASIL. Il comprend
également les investissements réalisés par l’exploitant du service, Lyonnaise des
Eaux.
En 2009, le délégataire, dans le cadre de ses obligations contractuelles vis-à-vis du SICASIL, a consacré 5,5 millions d’euros de travaux de renouvellement sur les réseaux et sur les usines d’eau potable.
En outre, Lyonnaise des Eaux a construit et mis en service la nouvelle filière de
traitement de l’usine de Nartassier pour un montant investi de 5 millions d’euros
en 2009.

Fruit des résultats des négociations de l’avenant n°5, cette opération comprend :
– l’équipement de six filtres à charbon en grain pour maîtriser tout risque de
pollution dissoute et améliorer le goût de l’eau ;
– la mise en place d’une régulation du pH pour supprimer tout risque de
dissolution de l’aluminium
– l’épuration des eaux de lavage des filtres avant restitution au milieu naturel
pour une préservation de la qualité de l’eau du vallon de la Nartassière
affluent de la Frayère.
Ces travaux ont permis de sécuriser la production d’eau potable à partir des
ressources en eau du canal de la Siagne et d’offrir un produit dont les qualités
gustatives sont améliorées.
2009 a donc été marquée par un effort financier sans précédent avec près de
20,5 millions d’euros investis sur nos infrastructures eau et énergie renouvelable.
C’est une bonne nouvelle pour le service public dont la qualité s’en trouve
accrue, mais c’est également une bonne nouvelle pour notre environnement
économique qui a bénéficié de ce soutien exceptionnel à l’activité en totale
synergie avec les plans de relance gouvernemental et départemental.

Perspective 2010 : « l’imagination rigoureuse »

Les exigences et opportunités de la crise, les échéances
contractuelles, les besoins d’évolution du service,
l’évolution du paysage institutionnel et des attentes des
communes comme des usagers citoyens, la solidité du
Sicasil et sa capacité d’anticipation, font de cette année
2010 celle de l’imagination et de la rigueur au pouvoir !

1. L’imagination contractuelle novatrice
2010 sera l’année d’une réforme contractuelle fondamentale qui
marquera une nouvelle façon de penser la délégation de service
public.

En effet, le Sicasil va mener en 2010 des négociations avec son délégataire,
Lyonnaise des Eaux, sur la base des conclusions de l’audit des contrats de
délégation en cours de finalisation.
Cette expertise va permettre de faire un nouveau bilan de la gestion du service
public de l’eau potable sur les cinq dernières années et de poser les bases de
nouveaux objectifs contractuels en termes techniques, économiques et
écologiques :

– repenser le modèle contractuel pour un service public de l’eau potable
durable, économique et écologique ;
– définir les investissements nécessaires pour fiabiliser la qualité du service
tant sur le plan qualitatif que quantitatif tout en répondant aux enjeux de
demain (évolutions réglementaires, besoins en eau futurs, extension du
périmètre) ;
– définir le juste prix de l’eau résultant des objectifs contractuels et
financiers retenus.
Le résultat de ce travail, au service des usagers et de l’environnement, sera
concrétisé par l’avenant n°6 qui interviendra dans le courant de l’année 2010.

L’innovation contractuelle

Sans dévoiler l’ensemble des objectifs qui seront poursuivis dans le cadre des
négociations, le président du SICASIL a, d’ores et déjà, exprimé les grandes
orientations de cette nouvelle phase de négociations au premier rang desquels sa
volonté de « repenser le système contractuel et du mode de rémunération du
délégataire ».

Ainsi, à l’instar de la politique de maîtrise des consommations énergétiques, David Lisnard, qui travaille par ailleurs au plan national sur ces problématiques en tant que président de SP 2000*, veut instaurer une politique de maîtrise des consommations en eau. Selon ses mots, il explique: « si l’on se penche sur la réalité contractuelle des délégations de service public de l’eau potable, la rémunération du délégataire est fonction depuis des décennies des volumes d’eau consommés, elle est donc le reflet et une source de gaspillages ! C’est pourquoi nous devons changer ce modèle qui constitue un non sens écologique et parvenir à rémunérer les économies d’eau. »

Le principe consiste donc à contractualiser un objectif de baisse des
consommations en eau et à constituer un fonds de développement durable
alimenté chaque année par un pourcentage de recettes des ventes d’eau.
Dès lors, si l’objectif de baisse n’est pas atteint, le délégataire est pénalisé par un malus qui vient abonder le fonds développement durable constitué, à l’inverse le délégataire perçoit un bonus si l’objectif est atteint. Le fonds serait quant à lui utilisé pour financer des actions en faveur du développement durable telles que le financement de compteurs intelligents chez l’abonné, de systèmes de réduction des consommations (mitigeurs, double chasse …) ; ou bien encore des équipements dédiés à la production d’énergies renouvelables (panneaux
photovoltaïques, turbines hydroélectriques, éoliennes), des aides dans le cadre de la coopération décentralisée.

Le maintien d’objectifs techniques ambitieux
Le président du SICASIL est dans l’attente d’un engagement fort du délégataire
pour l’amélioration du rendement des réseaux d’eau potable. Dans le cadre de
l’avenant n°5, un objectif de 80% avait été fixé a u délégataire, soit une économie
d’eau de 3 millions de mètres cubes par an, l’équivalent de la consommation d’eau
annuelle d’une ville de 80 000 à 100 000 habitants.
Pour l’avenant n°6, cet objectif sera maintenu et même renforcé. La chasse aux
fuites constitue en effet à l’instar de la maîtrise des consommations des usagers
un levier indiscutable de maîtrise des consommations en eau et donc des
prélèvements au milieu naturel.
Au même titre que la détection des fuites, le taux de renouvellement des
réseaux d’eau potable revêt un enjeu déterminant pour la maîtrise des
consommations d’eau et la durabilité du service public. Le taux moyen de
renouvellement des réseaux du SICASIL constituera ainsi un nouvel objectif
contractuel.

Un prix de l’eau maîtrisé et en baisse durable

Enfin, David Lisnard a évoqué sa volonté de garantir aux usagers du bassin
cannois une stricte maîtrise du prix de l’eau à l’instar du dispositif contractualisé
dans le cadre du précédent avenant qui avait permis de contenir l’évolution
annuelle du prix de l’eau à l’indice du coût de la vie.
Cette approche, novatrice et innovante en 2005, est à souligner dans un contexte
de hausse globale sensible du prix de l’eau partout ailleurs en France et en
Europe, compte-tenu notamment des évolutions de la réglementation liée à l’eau
potable.

Après les 18 % de baisse moyenne du prix de l’eau résultant des négociations
contractuelles conclues par l’avenant n°5, la limitation de l’évolution du prix de l’eau au coût de la vie a permis une économie supplémentaire de plus de 5 %
sur quatre ans.
Dans un contexte de crise économique et sociale, David Lisnard veillera à
maintenir cette clause contractuelle. En outre, il souhaite que le système tarifaire soit révisé pour garantir à l’ensemble des usagers l’accès à un service public de haute qualité sans grever le pouvoir d’achat des familles.

2. L’imagination institutionnelle pour une coopération intercommunale étendue, solide, solidaire et plus fonctionnelle

La mutualisation des services eau et assainissement

Le SICASIL et le SIAUBC (syndicat compétent sur l’assainissement) vont sceller la première pierre à l’édifice de la coopération intercommunale en mutualisant les moyens techniques et humains des deux structures tout en conservant leur
indépendance institutionnelle.

Dans le coura

nt de l’année, une convention de mise à disposition croisée du
personnel et des moyens sera proposée aux deux comités syndicaux. C’est un
premier pas vers la simplification intercommunale débattue actuellement au
Sénat et prochainement à l’Assemblée Nationale.

Cette réorganisation constitue une garantie supplémentaire pour les usagers du
bassin de vie cannois en faveur de l’optimisation économique et technique de la
gestion des services publics de l’eau et de l’assainissement.

La compétence de protection contre les incendies enfin transférée au
syndicat
Le SICASIL va également réaliser en matière de service une évolution statutaire
de ses compétences pour apporter une réponse toujours plus efficace aux
communes membres du syndicat s’agissant de la compétence incendie.
Le syndicat accompagne déjà les communes sur l’exercice d’une partie de cette
compétence sous la forme de conventions de délégation de maîtrise d’ouvrage des
travaux passées avec les communes.
Cette évolution « naturelle » du syndicat répond aux besoins exprimés par bon
nombre de communes membres du SICASIL.

Le canal de la Siagne, lien intercommunal indéfectible

Parallèlement à sa démarche de sécurisation de la ressource en eau, le SICASIL
va travailler avec l’ensemble des communes traversées, la DIREN, l’Association de sauvegarde et le Conseil Général pour faire du canal de la Siagne la véritable
colonne vertébrale d’un parc naturel intercommunal, et pourquoi pas
départemental, contribuant ainsi à sa valorisation patrimoniale et sa protection
durable.

L’extension du périmètre syndical avec la compétence production d’eau

Le SICASIL a proposé en 2009, une alternative à la réhabilitation du canal du
Foulon envisagée par les communes du Foulon (Mouans-Sartoux, Valbonne, Mougins, Grasse, Le Rouret, Châteauneuf, Gourdon, Opio, Bar sur Loup, Roquefort les Pins) pour la production d’eau potable.

Il s’agirait de mutualiser l’ensemble de la production de l’eau potable pour le
périmètre ouest de notre département. Cette idée assure tout à la fois la sécurité d’approvisionnement, la gestion optimisée des débits réservés des cours d’eau, un coût de production unique et économiquement très performant.
Cette alternative constitue une solution collective ambitieuse au service de
toutes les communes et de nos usagers.

3- L’imagination et la rigueur techniques, pour accroître
les performances du service tout en soutenant
l’économie locale

En 2010, le SICASIL va poursuivre sa politique d’investissement pour soutenir
l’activité locale et ce, conformément au programme pluriannuel de travaux défini
dans son schéma directeur d’alimentation en eau potable pour l’amélioration et la fiabilisation des conditions de desserte.

L’année 2010 verra ainsi la réalisation d’importants travaux avec notamment :
Pour l’eau potable, la fiabilité et la sécurisation du réseau :
· la construction d’une nouvelle cuve au réservoir de la cote 206 d’une
capacité de 1 000 m3 sur la commune de Théoule-sur-Mer ;
· le renouvellement patrimonial des canaux avec la réhabilitation de 400
mètres du canal de la Siagne et 400 mètres du canal du Loup ;
· la continuité de la sécurisation de l’ouest du bassin cannois avec le
prolongement des travaux en cours jusqu’en limite des communes
Mandelieu et Théoule par la pose de 1700 ml de conduite en diamètre 400
mm ;
· les chantiers d’extension et de renforcement du réseau de distribution des
communes du SICASIL avec la fourniture et la pose de 4 000 mètres de
réseau de distribution ;
· la pose de 45 hydrants en application des prescriptions des PPRIF des
communes de Mougins, Vallauris et la Roquette-sur-Siagne.
En matière de développement des énergies renouvelables,
poursuite du déploiement des équipement de production :
Le SICASIL poursuivra en 2010 les travaux d’équipements de ses sites de
production d’eau potable de panneaux photovoltaïques avec l’équipement des
réservoirs de l’Olivet, de l’Aubarède, et des stations d’eau potable d’Auribeau et de la Roquette, conformément au marché de travaux attribué en fin d’année 2009 par la commission d’appel d’offre du syndicat.

En ce qui concerne son programme hydroélectrique, le syndicat engagera les
marchés de construction de deux microcentrales hydroélectriques d’une
puissance cumulée de 310 KW situées respectivement sur :
– l’adduction d’eau brute du canal de la Siagne ;
– les réducteurs de pression de Bastidasse permettant d’alimenter par
gravité les réservoirs de l’Aubarède et du Perrier à partir de l’usine de
production d’eau de St Jacques à Grasse.

A concurrence d’un programme prévisionnel de travaux de près de 8 millions
d’euros en 2010, le SICASIL contribue cette année encore à soutenir l’activité
économique de notre département et donc ses emplois, tout en défendant le
pouvoir d’achat des usagers.

En 2010, l’imagination sera créative d’idées, de concepts, d’actions
et de services.
La rigueur sera garante de leur adéquation réelle avec les besoins
de nos usagers, de nos communes, de notre territoire.
2010, l’imagination rigoureuse.
Bonne et heureuse année
2010 à toutes et à tous ! » Cannes, le 22 janvier 2010

*Service public 2000 est une association de conseils aux collectivités dans la gestion des services publics (émanation de
l’AMF et de la FNCCR)

 

posted 23 janvier 2010 - 18 h 08 min in Oui ou Non by