De la « théorie du chaos » en politique à l’engagement militant dans la présidentielle

« Application de la « théorie du chaos » en politique : des événements dans une chambre d’hôtel à New York provoquent à plusieurs milliers de km un tremblement de terre politique… Quelle que soit l’issue judiciaire de cette affaire sordide, l’emballement médiatique (sous forme de feuilleton dramatique quotidien) qui l’accompagne nous éloigne des vrais enjeux des prochaines échéances électorales.

Pourtant, la France a dans quelques mois un rendez-vous des plus sérieux, un rendez-vous majeur, un rendez-vous avec elle-même : celui de l’élection présidentielle puis dans la foulée du scrutin législatif.

Or, dans cette agitation désordonnée, amplifiée par le spectacle des primaires socialistes et de la succession d’annonces de candidatures, Nicolas Sarkozy, tant décrié ces dernières années par les « bien pensants » et souvent « lynché » par de nombreux titres de presse, apparait comme un point de stabilité, de maturité, de compétence ; et cela sans perdre sa grande force, qui fait que la fonction présidentielle ne sera plus jamais comme avant : sa capacité de mouvement, c’est-à-dire de réformes, avec énergie et une bonne dose non seulement de courage mais aussi de franchise (une vraie qualité à souligner).

Certains lui reprochent de ne pas aller assez loin dans le changement, d’autres – beaucoup – lui reprochent d’aller trop loin. La vérité se situe entre les deux. Tout en affrontant la plus violente crise économique de l’après guerre, le Président de la République a engagé la modernisation de notre pays, meilleure façon de le dynamiser dans la mondialisation tout en préservant son identité et son art de vivre.

Alors, évidemment, rien n’est parfait. Mais dressons un rapide bilan.

En seulement quatre ans, Nicolas Sarkozy :

     – a concrètement agi pour réhabiliter le travail (défiscalisation des heures supplémentaires, qui allège le coût du travail pour l’employeur et favorise le pouvoir d’achat du salarié : 150 € de gain mensuel pour un ouvrier qui effectue deux heures supplémentaires par semaine);

– a amorcé la lutte contre l’assistanat tout en défendant le pouvoir d’achat des plus faibles (création du RSA, développement de l’esprit entrepreneurial avec le statut de micro entrepreneur);

     – a engagé l’assainissement des comptes publics (réforme des retraites, développement de la RGPP, non remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique);

     – a renforcé l’attractivité notre territoire, y compris fiscale, et a soutenu la compétitivité de nos entreprises (suppression de la taxe professionnelle, engagement du projet – essentiel – de « Grand Paris » pour faire de la capitale de la France une véritable « cité monde » du 21è siècle, triplement du crédit d’impôt recherche pour les PME, bouclier fiscal puis refonte de l’ISF et de la fiscalité du patrimoine, exonération des droits de succession des classes modestes et moyennes);

     – a engagé la France sur la voie du développement durable et écologique avec les lois dites du Grenelle de l’Environnement;

     -a renforcé l’autorité républicaine (peines plancher pour les récidivistes instaurées en 2007, rétention de sûreté pour les criminels les plus dangereux depuis 2008, renforcement des moyens de la Justice avec 900 millions € depuis 2007 et l’accroissement de 18% du nombre de magistrats, lutte contre les communautarismes avec l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public);

     – a redonné du rayonnement international à la France (succès de la présidence de l’Union Européenne en 2008, adoption du traité simplifié de Lisbonne, gestion volontariste et efficace de la crise géorgienne, incitation à la régulation mondiale en activant le G20, rôle moteur de notre pays en Côte d’Ivoire et en Lybie pour protéger les populations civiles et défendre les intérêts français);

     – a adapté et dynamisé les Universités françaises avec l’instauration de leur autonomie et de leur liberté de partenariats;

     – et, pour conclure, a mené une action, à mes yeux primordiale et pas assez notée, de modernisation des institutions et de défense des libertés publiques et indivuduelles (réduction à deux du nombre maximum de mandats consécutifs du Président de la République, renforcement du pouvoir du Parlement qui désormais maitrise la moitié de l’ordre du jour législatif, renforcement des contre-pouvoirs avec les présidences de la commission des finances de l’Assemblée Nationale et de la Cour des Comptes confiées à un membre de l’opposition, simplification de la carte territoriale avec le remplacement des conseillers généraux et régionaux par les conseillers territoriaux, renforcement des droits des citoyens par la mise en œuvre de la question préalable de constitutionnalité, la saisine du Défenseur des Droits, la réforme de la garde à vue).

Cette liste n’est pas exhaustive, mais que de changements en seulement quatre ans, après tant d’années d’inertie, de tergiversations, de cynisme, parfois d’hypocrisies, trop souvent de renoncements.

Bien-sûr, « on ne gagne pas sur un bilan ». Bien-sûr, l’époque est difficile et les problèmes nombreux. Mais bien sûr aussi, ceux qui agissent et qui ont des résultats doivent plus inspirer confiance aux citoyens que ceux qui commentent, surfent sur les opinions, et dénigrent systématiquement l’action menée. C’est vrai également à l’échelle locale !

Les mois qui viennent doivent permettre de défendre cette action et d’œuvrer à un message d’avenir, porteur d’espérance, de partage, de responsabilités : la responsabilité de lutter contre les déficits publics, la responsabilité de concrétiser les 35 milliards d’euros d’investissements d’avenir prévu par la mission RICOL pour soutenir l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, la responsabilité de proposer à nos enfants et petits enfants un pays apaisé, fier de ses racines et tourné vers le monde, qui ne renie pas son passé mais vit dans son époque, qui récompense l’effort, le travail et le risque, bref le mérite, et veille à donner sa chance à chacun.

Entre ceux qui veulent dissoudre la France dans la mondialisation et font du déni d’identité, et les autres qui opposent la France à la mondialisation et font du déni de réalité, nous avons la possibilité, le devoir, de préserver et faire gagner la France dans la mondialisation.

C’est dans cet esprit que je vous invite à vous engager en faveur de la réélection du Président de la République. » David Lisnard, le 31 mai 2011

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31 mai 2011 - 10 h 35 min

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4 Commentaires

  • sébastien copin. FN 2 juin 2011 - 18 h 13 min

    Rien de nouveau sous le soleil! A l’approche de chaque élection présidentielle, toujours la même ritournelle des bilans et des promesses : demain, nous ferons mieux qu’hier…
    Je ne reviendrai pas sur la liste des faits et méfaits de notre Président de la République, vous vous en êtes chargé ! Le bilan ne pouvait être positif compte tenu des moyens utilisés !
    La France est malade depuis 40 ans et tous les médecins appelés à son chevet par les Français ont échoué. Faudra-t-il attendre l’agonie pour lui appliquer le bon traitement ? Prendrez-vous ce risque ? Nous qui sommes de la même génération, nous avons assisté à ce lent déclin, nous avons entendu les mêmes discours et nous pouvons dresser le même bilan : comment croire alors à ces vieux discours que vous reprenez à votre compte comme une incantation ? Ce que vous promettez a déjà été promis Monsieur Lisnard : cela n’aura pas plus d’efficacité que toutes les réformes engagées depuis la première crise pétrolière. A titre personnel, si vous me permettez, je regrette de voir tant de vos qualités mises au service d’une agitation inutile…

  • Angélique Sunsero 7 juin 2011 - 8 h 32 min

    J’ai lu l’édito de David Lisnard. J’en partage les grandes lignes. J’ai lu les commentaires de Sebastien Copin et je trouve regrettable qu’il assimile l’action à de l’agitation inutile. C’est même une altération assez grave du discernement.
    Et si nous examinions l’agitation d’un côté, l’action de l’autre.
    Et si pour cela nous prenions l’exemple des socialistes, les pères émancipateurs du FN, mais il y a si longtemps… 30 ans. Justement c’est cet anniversaire de l’accession de la gauche au pouvoir que les socialistes célébraient avant que DSK, la suite 2806 du Sofitel New Yorkais et le «not guilty » ne bousculent le cours socialiste des choses.
    Nous assistions donc à la danse du socialisme qui en appelait à un nouveau printemps avec quelque chose de traji-comique dans le déhanchement.
    Comique, parce qu’il est bien connu que l’histoire ne se « copie-colle » pas et les circonstances non plus.Dans ce contexte, la célébration du mai 10 mai 1981 avait même un petit côté énergie du désespoir et force…. inquiète.
    Cette glorification était surtout tragique, parce qu’en grandissant les morts, en réduisant les vivants et en court-circuitant les années, elle offre aux Français l’illusion d’un rêve: c’est un fait, aujourd’hui François Mitterrand se porte mieux que Nicolas Sarkozy.
    Et voilà pourquoi nous devons redonner du volume aux idées et de l’épaisseur aux valeurs, pour finalement en revenir aux actes.

    Sur ce dernier point, vivant ou mort, Nicolas Sarkozy se portera toujours mieux que François Mitterrand.
    L’agitation, c’est le scandale du règne de François Mitterrand qui n’a pas été que « moral », il a été aussi politique et économique. Ces coups de boutoir donnés à la valeur travail pendant des années, ce mépris pour les « petits » quand ils sont artisans, commerçants, entrepreneurs ou retraités et cette arrogance face à l’argent comme si le thermomètre donnait la fièvre, ont fait le lit des retours de bâtons que chaque jour, les Français quel que soit leur statut, encaissent avec une violence toujours plus grande et le sentiment d’une injustice qui n’a rien de théorique.

    L’action c’est ce qu’ont engagé, le Président de la République et le gouvernement, soutenus par la majorité parlementaire. Ils travaillent, avec pragmatisme, volonté et même avec énergie, pour maintenir le cap d’une croissance dont le retour est aussi une réalité. La croissance, la prospérité, l’investissement, la consommation ne sont pas des valeurs de droite, elles sont des valeurs de vie et plus précisément de vie courante.

    Faire précéder d’idéologie les choix politiques est une erreur et peut en effet mener à l’agitation inutile.
    Imprégner de valeurs profondes ces mêmes choix politiques est une richesse pour notre démocratie. Cela évite les sorties de route, corrige les vraies inégalités et réparent les vraies injustices qui tiennent à bien plus que l’image précuite que l’on a du fort et du faible.

    A moins d’un an d’échéances décisives pour notre pays, à l’heure où pour faire simple, certains se diront « stop » ou « encore », je les invite à se poser la question du courage et de l’action en politique.
    Ne mettons pas la France en retard par des compulsions politiques aventureuses et ne la privons pas d’une vraie volonté réformatrice. Ne soyons pas des électeurs de mauvaise humeur. Restons exigeants et vigilants, mais sachons aussi, comme nous le faisons dans beaucoup de situations de la vie quotidienne, mesurer sainement la portée de nos actes pour ne pas faire l’erreur de la double sanction : celle que l’on infligerait à Nicolas Sarkozy et qui se retournerait contre la France.

  • Sébastien Copin, FN 7 juin 2011 - 18 h 19 min

    Le règne du dernier Président socialiste aura en effet accéléré la chute. Socialiste moi-même lors de sa réélection, aveuglé par l’intelligence et la culture du personnage, imprégné des idées de mon entourage, j’ai longtemps cru à un avenir meilleur sans trop réfléchir, sans prêter attention au chemin sur lequel s’engageait notre pays. Et puis il y a eu les « affaires », le chômage de masse qui s’est installé, la dette qui s’est envolée, l’abandon progressif de notre souveraineté etc.
    Quelle différence avec la situation actuelle ? Quelques réformes à la marge ?
    Il ne faut pas s’en étonner. Nos derniers Présidents ayant accepté, au nom d’une certaine idéologie, de se soumettre à un pouvoir supranational et au monde de la finance, toute action efficace nous est désormais impossible. Impossible donc de relancer notre économie avec un euro fort, une concurrence internationale déloyale ou encore l’interdiction de soutenir certains secteurs d’activité sans autorisation européenne ; impossible encore de réduire le chômage, de sortir de la crise du logement ou de rétablir la cohésion nationale avec l’afflux de milliers d’immigrés contraints de fuir des pays écrasés par le système économique mondialisé régi par la rigueur aveugle du FMI et la honteuse organisation mondiale du commerce. La liste de nos impossibilités serait trop longue à exposer ici. Ces quelques considérations suffisent à justifier l’emploi du terme « agitation » pour désigner l’action politique de nos gouvernants.

  • JEAN DU TERROIR 15 juin 2011 - 8 h 33 min

    tout ce que vous dites est vrai, monsieur Lisnard, l’exécutif a fait pas mal de choses positives sur les plans économique et social judiciaire, géopolitique tout en préservant l’identité et l’art de vivre de la France dans la crise économique mondiale.
    Il reste que cet « art de vivre », reposant sur un endettement public incessant, apparait de plus en plus contradictoire avec l’insertion sans contrepartie dans la mondialisation et que cette contradiction s’aggravera d’autant plus que les Français n’y sont pas « préparés ».
    Sans prendre la position de ceux qui croient possible une sortie brutale du processus de mondialisation sans crise majeure (relèvements des OAT par exemple), il devient de plus en plus urgent de faire preuve de pédagogie, à la fois pour que les Français acceptent les efforts nécessaires pour redresser la barre sur le plan des finances publiques (ce qui implique que les dirigerants montrent l’exemple, c’est la leçon de l’affaire « DSK ») et pour que ce redressement s’accompagne des conditions de recouvrement d’une certaine souveraineté (économie durable et locale) et ce, sans « démagogie » mais « padagogie ».