« Je comprends les questions de M. Sans elle, d’ailleurs, je n’aurai pas lu cet ouvrage. Il en reste une drôle d’impression. Evidemment, le petit bout de la lorgnette ne glorifie jamais l’objet ausculté ; si, comme le faisait chanter Jacques Martin à des millions de téléspectateurs, "on y voit bien mieux que par le grand bout", le problème, c’est que le Président de la République peut, par les fragments choisis, sembler uniquement mû par une énergie certes fulgurante mais désordonnée, déclinant les discours d’un autre, finalement sans grande cohérence. Ce serait ignorer que les boutades, les grossièretés enfantines, les rituels et les fausses certitudes, les raccourcis et les banalités font partie d’une indispensable concentration. D’entrée de jeu, Yasmina Reza montre, avec force et distanciation, son indépendance, sans occulter - avec honnêteté - quelques moments d’affection, voire d’admiration (bien rares il est vrai…). Puis le livre, progressivement, gagne en intérêt, laissant sur le côté les banalités égrenées au rythme d’un bloc note de BHL à des réflexions plus liées et révélatrices de l’esprit comme de la démarche du conquistador politique. Hélas, l’exercice littéraire retenu ne conduit à reprendre que des éléments épars de la personnalité d’un homme dont la réflexion, les convictions, les engagements sont anciens, profonds et travaillés. C’est évidemment cette densité qui manque dans un tel ouvrage et crée un sentiment de malaise. Le candidat victorieux apparaît léger parce que le livre est léger, parfois totalement inconsistant. Quant au reste, Nicolas Sarkozy est-il un cynique ou un tartuffe, comme s’interroge M ? Je n’en sais pas plus après avoir refermé la dernière page de "l’aube, le soir ou la nuit". Avec à mon sens une erreur de conjonction de coordination dans le titre, le "et" aurait été préférable au "ou". C’est bien là, dans la recherche de cet horizon qui s’échappe, que décrit Yasmina Reza et vécue par Nicolas Sarkozy, là, dans le sens de l’absurde, que réside la signification des actes en eux-mêmes, celle de l’existentialisme de la quête du politique. Elle est exprimée lumineusement par Cioran dans ses cahiers, cité par Yasmina Reza : "quand il m’arrive de travailler pendant des heures et d’être pris par ce que je fais, je ne pense pas du tout à la "vie" ni au "sens" de quoi que ce soit." Et toujours ce rapport au temps, consubstantiel au politique. Qu’il ait lieu durant "l’aube, le soir ou la nuit", cet abandon dans le travail est le plus salutaire des rochers. Sisyphe est chaque jour réinventé.» DL, octobre 2007.


« Ce beau roman, publié pour la première fois dans sa traduction française en 1981, n’a pas d’autre actualité que celle d’être entré dans mon intimité littéraire. Le but de ce blog est bien de partager ce type de belles rencontres, n’est-ce pas ? Indéniablement, "tristesse et beauté" en est une. Si une jeune femme vous l’offre, ne la revoyez plus, ou protégez-vous. Dans tous les cas, laissez-vous aspirer par cette œuvre violente, ambigüe, poétique, comme peut l’être la grande littérature japonaise. Yasunari KAWABATA y joue sa partition au pays du soleil levant et des sentiments couchants. Ou plutôt persistants. Comme tout romancier qui se respecte, le prix Nobel de littérature 1968 réinvente l’amour, pourtant perpétuel. C’est triste, c’est beau. Ça tombe bien, c’est marqué dessus. » DL

« Une belle surprise que cette Heure de vérité, livre agréable et instructif (notamment pour ceux qui ne pratiquent pas "de l’intérieur" la politique). Oui, sans être vexatoire, il s'agit d'une surprise pour ceux qui connaissent les auteurs et auraient pu trop facilement les cataloguer comme étant simplement d’excellents techniciens de la chose publique. Eh bien, leur talent ne s’arrête pas là. "L’heure de vérité" livre toutes les réalités d’un monde politique parfois plus petit, souvent plus sain, toujours plus humain, pour le pirte et le meilleur, qu’on ne l’imagine. Si, selon l’avertissement-même des auteurs, "rien n’est vrai, mais tout n’est pas faux" dans cet ouvrage, affirmons clairement que la vérité est à l’heure : de la description de la genèse d’un destin politique à "l’organisation de la spontanéité" des présences de l’élu "sur le terrain", du comportement à l’égard des administrés comme de celles et ceux censés faire l’opinion, jusqu’à cette répulsion-collusion, physique et - il faut le dire - assez fréquemment amoureuse, entre l’homme politique et la journaliste. Le tout dans une écriture claire, coulante, agréable, avec pour seule faiblesse quelques passages sentimentaux manquant de maturité littéraire. Ne vous privez pas de sa lecture. Bravo Gilles, bravo Edouard. C'ést bien la conclusion que vous m'auriez conseillée ?... ». DL

« "Besoin d’air" fait partie de ces nombreux ouvrages rédigés et édités dans la perspective de l’élection présidentielle. Les réflexions regroupées et formulées par le MEDEF restent l’une des meilleures contributions au débat qui a précédé l’élection de Nicolas Sarkozy. Certains chiffres ne peuvent mentir, notamment ceux sur le montant des prélèvements publics de toute sorte qui s’abattent sur les entreprises, au détriment de la compétitivité de notre pays, de surcroit pour un service public souvent défaillant sur ses fonctions régaliennes. Il est toujours bon de relire les vérités. L’oxygène commence à arriver, même si le besoin d’air reste d’une grande actualité ». DL
« En voilà un drôle de pastis, celui de l’Olympique de Marseille. Ray Grassi, pseudonyme collectif de trois auteurs, écrit tout ce que les observateurs du club phocéen connaissent, avec humour et le style propre aux localiers de la PQR et aux journalistes sportifs, que les auteurs concernés sont probablement.
Point besoin de chercher qui se cache derrière les personnages, c’est évident.
Hormis, espérons-le, le cœur de l’intrigue, tout est vrai quant à la putréfaction d’un club de football marqué par les arrangements, les facilités, les malversations.
A lire pour savoir. Et allez les Girondins (qui hélas ne sont pas concurrents des "rouge et blanc" ! ». DL