Intercommunalité : Cannes plaide pour un Grand Ouest azuréen unifié à l’échelle Antibes – Cannes – Grasse


Interview de David Lisnard sur l'intercommunalité par Dlisnard

Tribune de Bernard Brochand, Député-Maire de Cannes, et de David Lisnard, Conseiller général des Alpes Maritimes, pour une grande intercommunalité ouest.

La loi du 16 décembre 2010 dite de réforme des collectivités prévoit l’achèvement de la carte intercommunale. Au 1er juin 2013,  toutes les communes de France devront être membre d’un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) à fiscalité propre, c’est-à-dire selon la classification légale, soit une communauté de communes, soit une communauté d’agglomérations, soit une communauté urbaine, soit une métropole (pour les entités supérieures à 500 000 habitants).

Cette intercommunalité, à renforcer sur certains secteurs, et à constituer pour les communes dites « isolées », ne saurait que répondre à une obligation légale. Elle peut et doit permettre de porter une ambition. Car il vaut mieux choisir que subir.

Dans l’ouest des Alpes-Maritimes, cette future intercommunalité doit non seulement respecter les termes de la loi qui dispose que : « dans chaque département, il est établi, au vu d’une évaluation de la cohérence des périmètres et de l’exercice des compétences des groupements existants, un schéma départemental de coopération intercommunale prévoyant une couverture intégrale du territoire par des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre et la suppression des enclaves et discontinuités territoriales », mais aussi le principe fondamental de liberté d’administration des collectivités, en premier les mairies, qui constituent l’échelon le plus efficace et identifié de la démocratie de proximité, auquel sont légitimement attachés les habitants. Elle doit aussi respecter l’identité de chaque commune, quelle que soit sa taille, et la souveraineté populaire, sans s’imposer comme une « couche bureaucratique supplémentaire et un machin » technocratique, consommateur d’argent public et éloigné des réalités de gestion de terrain, des préoccupations quotidiennes des administrés comme de leurs représentants élus.

Or, élus au suffrage universel direct, et responsables du devenir des territoires sur lesquels nous avons reçu mandat, nous affirmons notre aspiration à un développement territorial équilibré et démocratique. Nous appelons à ce que cette intercommunalité à fiscalité propre, désormais obligatoire, ne se fasse pas par défaut mais soit l’opportunité d’un saut qualitatif, porteur de performances et de qualité de vie, de l’organisation politique et administrative locale.

Dans cet esprit, le périmètre le plus pertinent nous semble indéniablement être celui de la grande agglomération d’Antibes-Cannes-Grasse, qui fait d’ailleurs déjà l’objet d’une réflexion dite « inter SCOT » (Schéma de Cohérence et d’Organisation Territoriale). Ce périmètre est d’ailleurs retenu par l’Etat lui-même (à quelques communes prés), pour l’organisation de ses services déconcentrés à travers l’existence de l’arrondissement de Grasse qui couvre aussi Cannes et Antibes. L’INSEE raisonne aussi à ce niveau.

Une telle échelle d’intercommunalité, par sa dimension, permettrait à la fois de développer une ambition collective sur les plans économiques, des services publics et identitaires, mais aussi de respecter le pouvoir décisionnel des communes qui le composent en empêchant la domination d’une seule ville-centre.

En outre, ainsi organisée, l’intercommunalité de l’ouest des Alpes-Maritimes correspondrait à une vision équilibrée du département, en faisant le pendant de la métropole niçoise. Cannes-Grasse-Antibes constituerait le territoire azuréen le plus prospère, porteur de valeur ajoutée et d’emplois.

L’économie de la zone est marquée par sa cohérence dans la diversité grâce à une complémentarité incarnée par la cohabitation de la zone high-tech de Sophia Antipolis, de l’industrie de la parfumerie et des arômes, de l’industrie satellitaire et de la filière touristique. Ces pôles d’excellence constituent un atout considérable dans la compétition économique que se livrent les territoires. Dans cet esprit, les établissements de ce grand périmètre ouest sont actuellement impliqués dans huit pôles de compétitivité labellisés, au profit d’une réelle mobilisation potentielle autour d’objectifs partagés.

Imaginons ce que pourrait représenter l’expression d’une voix commune pour soutenir et organiser l’espace autour de ces activités. Cette union politique ferait la force de notre territoire.

La réunion des trois bassins Cannes-Grasse-Antibes placerait l’ouest des Alpes-Maritimes comme premier pôle porteur d’emplois sur les technologies de l’information et de la communication, avec 16 500 emplois sur les 20 400 des Alpes-Maritimes, pour un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros sur les 4,2 milliards d’euros de l’ensemble du département. Dans le domaine de la science du vivant, nous représenterions 5 800 emplois sur les 9.500 du département pour un chiffre d’affaire de 1,4 milliards d’euros sur les 2,2 milliards d’euros des Alpes-Maritimes. En matière industrielle aussi, notre territoire, dans une approche équilibrée, dominerait avec 19 000 emplois sur les 36 000 que comptent dans ce secteur les Alpes-Maritimes.

Enfin, en matière de tourisme, les atouts de Cannes, de Mougins, d’Antibes, de Grasse, et de toutes les communes du périmètre, en feraient aussi un territoire modèle par sa prospérité et les emplois générés, en facilitant par la voie intercommunale la cohérence de ses aménagements et la complémentarité des équipements ; tout en protégeant efficacement l’environnement par une politique des transports ambitieuse, à la bonne échelle, et par la sanctuarisation d’espaces naturels, ou peu urbanisés, à protéger.

Equilibre, dynamisme, ambitions raisonnables et partagées, voilà qui nous placerait dans une dynamique de groupe que la mutualisation de certains moyens et service public renforcerait encore.

Surtout, énonçons une évidence : les habitants de nos communes appartiennent en fait non pas à trois bassins mais au même bassin de vie. Les flux de transport, automobiles comme publics, entre le domicile, le lieu de travail et les sites de loisirs et d’achats en sont l’expression manifeste. Nous sommes tous des Antibois, des Cannois et des Grassois.

Cette aire est la plus pertinente au regard notamment de l’objectif de rationalisation administrative voulue par la loi : treize structures intercommunales seraient ainsi supprimées contre seulement huit dans l’hypothèse avancée par la préfecture.

La construction d’une intercommunalité à fiscalité propre de l’ouest des Alpes-Maritimes nous offre une occasion unique d’adapter la réalité administrative et politique à la réalité humaine et économique. Ne ratons pas ce rendez-vous ; évitons d’installer des collectivités alambiquées présentées comme étant «les moins mauvaises » dans les circonstances ou des étapes intermédiaires, qui pourraient durablement plomber la performance de nos territoires, aussi bien en termes de compétitivité économique que de service public et d’optimisation de l’espace.

Plutôt que de la subir, faisons de l’intercommunalité une ambition azuréenne au service de la qualité de vie des habitants et de la dynamique de notre territoire.

Tribune de Bernard Brochand et David Lisnard sur l’intercommunalité dans le bassin cannois

Au sujet de cet article

27 avril 2011 - 14 h 49 min

Debats


10 Commentaires

  • GODIET 27 avril 2011 - 20 h 54 min

    En total accord avec votre analyse et votre prise de position.

    • P TURMEAU 28 avril 2011 - 11 h 28 min

      L’idée de Mr le Préfet de laisser Antibes en enclave entre 2 grandes zones est difficilement compréhensible, que cache cette idée? Alors que , presque totalement en ligne droite, sur sa carte étalée sur la table -photo Nice matin-, sont dessinées naturellement les limites logiques et rationnelles des intercomunalités de notre département. Pourquoi faire petit alors qu’enfin est osé la suppression des cantons et que l’on envisage aussi de faire disparaître les départements!!!! Alors , Monsieur le Préfet, l’idée du grand ouest est une fabuleuse idée que même Monsieur Léonetti, maire d’Anbibes espérait, alors éviter les manoeuvres de certains conseilleUrs nuisibles qui n’ont en tête, par mégalomanie et prétentieuses ambitions permanentes , que de casser du Brochand et son entourage. Combien de projets nécessaires « trainent » à cause des manoeuvres de ces tourmentés calculateurs……..

  • Jacques MARCHE 28 avril 2011 - 6 h 44 min

    Bonjour
    Je suis d’accord avec vous sur votre analyse et vos projets, l’intercommunalité est une opportunité pour les Cannois et les communes limitrophes.
    Bien sûr il y a des limites à tracer, mais comment expliquer Cannes, Mougins…Grasse en oubliant au milieu Le Cannet. C’est un sujet politiquement difficile mais est-il insurmontable? J’envisage mal par exemple un système de transports qui relie Cannes…Mougins…Grasse et oublierait Le Cannet …il en va de même pour les équipements sportifs, sanitaires ….
    Les conflits politiques disparaitront et il nous restera un territoire mal dessiné donc moins efficace.

    • David Lisnard 28 avril 2011 - 8 h 49 min

      Evidemment, lorsque nous parlons d’intercommunalité Cannes-Grasse-Antibes, cela comprend toutes les communes de cette aire, y compris le Cannet ! Il ne faut pas qu’il y ait confusion. Je propose de travailler aussi avec Vallauris, La Roquette, Mandelieu, Theoule, Auribeau, Valbonne, etc.

  • Maurice Desvigne 28 avril 2011 - 13 h 13 min

    Le projet d’une intercommunalité entre les bassins de vie d’Antibes, Cannes et Grasse non retenu par le Préfet des A-Mmes apparaît pourtant résulter de l’observation de leur réelle complémentarité
    A la métropole niçoise quelque peu démesurée,il importe que l’Ouest du département représente une entité démographique et économique de taille respectable

  • Barale Mireille 28 avril 2011 - 15 h 54 min

    Une Intercommunalité Ouest comprenant Cannes, Grasse, Antibes, compte tenu de la situation économique, administrative et touristique de ce territoire semble plus pertinente et plus riche de promesses pour l’avenir que le découpage un tant soit peu arbitraire présenté par Monsieur Francis LAMY préfet des Alpes Maritimes .
    Quels sont les recours possibles pour infléchir le projet concocté par la préfecture?

  • ANTONIN Gilbert 28 avril 2011 - 16 h 30 min

    Ce problème d’intercommunalité est sous-jacent depuis pas mal de temps dans les esprits des uns et des autres. Il semble que pour des raisons politiques, en tout cas dans l’ouest du département, on hésite à franchement l’aborder. Le temps passe et nous arrivons à l’obligation de prise de décision. Il ne faut pas hésiter à prendre celle de Bernard BROCHAND et de David LISNARD, qui s’impose comme la meilleure et la plus équilibrée. Il ne faut pas rater cette occasion, qui risque de ne pas se représenter de si tôt, quand chacun se sera installé dans son ilot territorial. Il faut voir loin et le plus positivement possible, d’autant que d’autres réformes de la représentation politique territoriale vont également arriver, nous obligeant à la pertinence et à la cohérence. C’est ce qu’on compris Bernard BROCHAND et David LISNARD.

  • Gilles Chomel 29 avril 2011 - 7 h 15 min

    Pour ceux qui sont intéressés de voir la « bonne » carte de l’intercommunalité, rendez-vous sur http://www.LecoLomobiLe.fr 😎 Cette carte montre toutes les communes du bassin Cannois qu’on peut rallier à pied.

    • CARTISANO P 1 mai 2011 - 17 h 02 min

      Nota: Le Maire d’Antibes Jean LEONETTI dit niet en l’état actuel à une agglo CANNES-GRASSE-ANTIBES.
      Jean LEONETTI pense certainement, aux positions tenues par les villes de: Mandelieu, Le Cannet, Mougins qui casse du BROCHAND
      Ces trois villes parlent d’intercommunalité mais ne participent à aucun engagement.
      Ex: voir Cannes Soleil n° 108-Mai 2011 page15 texte du Maire Bernard BROCHAND
      CS,: L’hôpital est un établissement d’État en quoi l’intercommunalité est-elle concernée?
      BB , : plus de 50%des patients ………………etc…

    • CARTISANO Pascal 1 mai 2011 - 17 h 55 min

      Nota: Le Maire d’Antibes Jean LEONETTI dit niet en l’état actuel à une agglo CANNES-GRASSE-ANTIBES.
      Jean LEONETTI pense certainement, aux positions tenues par les villes de: Mandelieu, Le Cannet, Mougins qui cassent du BROCHAND
      Ces trois villes parlent d’intercommunalité mais ne participent à aucun engagement.
      Ex: voir Cannes Soleil n° 108-Mai 2011 page15 texte du Maire Bernard BROCHAND >.
      CS,: L’hôpital est un établissement d’État en quoi l’intercommunalité est-elle concernée?
      BB , : plus de 50% des patients ………………etc…