Mardi 6 septembre 2011: Réaction au projet d’amendement Carrez sur la taxation des Hôtels 4 et 5 étoiles

J’ai appris hier que Gilles Carrez, Rapporteur général du Budget, prévoyait, dans le cadre du Projet de loi de Finances rectificative pour 2011, un amendement à examiner aujourd’hui, mardi 6 septembre, créant une taxation supplémentaire sur les chambres d’hôtels 4 et 5 étoiles à partir de 150€ (voire 200 € selon les sources).

Voici ci-dessous le communiqué de ma réaction immédiate afin de s’opposer à une telle disposition.

Communiqué :

Amendement Carrez : David Lisnard,  mobilise les communes touristiques et défend l’emploi.

David Lisnard, Premier Adjoint à la ville de Cannes et Président de la SEMEC (Palais des Festivals et des Congrès) a dès hier soir alerté les maires des grandes villes, à la suite d’un projet d’amendement déposé par Gilles Carrez, rapporteur général du budget, dans le cadre du Projet de loi de Finances rectificative pour 2011 qui prévoit d’instaurer une taxe spécifique pour les hôtels 4 et 5 étoiles.

Si elle était adoptée, cette mesure aurait des conséquences très dommageables pour l’activité touristique française et les grandes villes de France, qui sont notamment les principales destinations d’affaires (salons professionnels, congrès, conventions, séminaires etc..), en affaiblissant la compétitivité du parc hôtelier français par rapport à la concurrence européenne et mondiale.

Pour David Lisnard, « la taxation supplémentaire de nos entreprises touristiques est tout le contraire de la rigueur : c’est de la facilité. La rigueur, c’est de réduire les dépenses. La facilité, c’est d’augmenter les prélèvements en jouant sur la démagogie. Les premières victimes d’une telle évolution fiscale ne seront pas  » les riches », mais bien le personnel des hôtels ».

Il poursuit en invitant les parlementaires à se concentrer sur la réduction des dépenses, la lutte contre les doublons et les gaspillages résultant du fonctionnement des administrations et d’insister : « Dans une France championne des charges sociales, cessons de pénaliser ce qui fonctionne et de faire payer ceux qui entreprennent encore en France, créent de la richesse et de l’emploi. Ce n’est pas en plombant notre compétitivité que nous redresserons nos finances publiques ». Le tourisme représente plus de 6% du PIB national, 8% des emplois en France et constitue le premier poste excédentaire de la balance des paiements.

En rappelant que la dépense publique représente 55 % du PIB français, David Lisnard revendique l’absolue urgence d’un programme de rigueur budgétaire sans que cette orientation saine et indispensable ne se traduise en gadget démagogique : « il faut être clair, la rigueur cela doit d’abord être la baisse des dépenses publiques, pas l’augmentation systématique des prélèvements fiscaux et des charges sociales déjà très pénalisantes pour nos entreprises en France ».

Et David Lisnard de citer Voltaire, dans le Sottisier : « On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres » ; il appelle les parlementaires des villes touristiques à faire mentir le philosophe.

En insistant sur le risque de perte de compétitivité au détriment des salariés des établissements 4 et 5 étoiles français, qui offrent le panel le plus vaste en termes d’emplois (femmes de chambre, voituriers, gouvernantes, concierges, etc.), l’élu conclut : « l’amendement sur le point d’être examiné par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale relève d’une logique masochiste, qui sanctionne la performance et pourrait se résumer de la façon suivante : « le tourisme fonctionne encore en France ? Surtaxons-le. Favorisons nos concurrents, donc le chômage » ».

Au sujet de cet article

6 septembre 2011 - 12 h 41 min

Debats


2 Commentaires

  • G.Molter 6 septembre 2011 - 15 h 58 min

    Félicitations pour ce propos. Il est tellement plus simple et démagogique d’accroître les prélèvements que de réduire les déficits. Après avoir tenter de faire payer les enfants, on va faire démagogiquement payer les méchants riches. C’est du moins ce que l’on nous fait croire. Car en fait c’est l’économie dans ce qu’elle est productrice de nécessaire richesse qui en sera ébranlée : l’emploi, déjà fragilisé, en subira le contrecoup par la contraction de l’activité qui en résultera.
    Réduire les dépenses, que nenni ! ce serait trop simple et cela nécessiterait du courage.
    De la même façon ce qui était politique sociale, familiale, environnementale, etc.. devient niche fiscale. Quelle lâcheté !

  • sebastien copin FN 7 septembre 2011 - 16 h 58 min

    Vous avez raison Monsieur Lisnard, il y a bien des manières de faire des économies et alourdir les charges qui pèsent sur certaines entreprises n’est pas forcément la bonne solution. Votre commentaire appelle de nombreuses réflexions mais je m’en tiendrai à la question des 4 et 5 étoiles pour laquelle je ne partage pas votre avis. Même si nous sommes encore dans la gesticulation et les effets d’annonce et si les sommes récoltées seront dérisoires, cette nouvelle taxe n’aura certainement aucun effet sur le tourisme en général et sur le tourisme d’affaire en particulier. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’en cette époque médiocre vous trouviez toujours des gens assez vaniteux ou snobs pour se réjouir de payer cher un luxe pour le moins inutile et choquant au regard de la dignité humaine et de l’état de notre monde.
    Le pouvoir d’achat de cette clientèle n’en sera certainement pas affecté. Ceux qui sont à plaindre en l’occurrence, ce sont plutôt tous ces employés engagés pour un salaire horaire ridicule et à la disposition de ceux que vous désignez maladroitement, en citant Voltaire, comme sur le point de mourir de faim alors qu’ils font travailler les autres. J’ajoute que le droit de travailler et de gagner un salaire digne ne saurait s’exercer sous la pression d’une obligation supposée de protéger à tout prix « ceux qui entreprennent encore en France ». S’agit-il d’ailleurs vraiment d’entrepreneurs français en ce qui concerne les 4 et 5 étoiles ? Et de quelles niches fiscales ou autres exonérations sont-ils bénéficiaires?
    Le véritable scandale de cette nouvelle taxe c’est qu’elle serve à combler des déficits creusés par des gouvernements irresponsables plutôt qu’à la revalorisation des bas salaires de l’hôtellerie. Vous savez d’ailleurs comme moi que si l’argent public était bien géré, les charges sociales seraient moins élevées, les emplois plus nombreux et les salaires meilleurs…
    Mais les élus dont vous dénoncez à juste titre les errements sont-ils encore capables de faire preuve de bon sens?